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Edito de Mars 2018 : Et surtout, ne le répétez pas…

Edito de Mars 2018 : Et surtout, ne le répétez pas…

La prochaine édition de la Semaine de la presse à l’école se tiendra du 19 au 24 mars. Une semaine pour découvrir ce monde des médias tant décrié en ce moment. Une semaine également pour apprendre à décoder l’information, donner aux étudiants des outils et les faire réfléchir à leur façon de se tenir informés de l’actualité. Lors de ses vœux à la presse, Emmanuel Macron en avait même profité pour annoncer une future loi, en discussion au printemps, qui luttera contre les fausses nouvelles, les fameuses «fake news», véhiculées entre autres en période électorale, popularisées lors des élections américaines par Donald Trump. Le candidat Emmanuel Macron en avait d’ailleurs été victime lui-même lors de la dernière présidentielle.

 

Ces fausses informations, aujourd’hui amplifiées par les réseaux sociaux, ont toujours existé. En temps de guerre, elles étaient même légion. L’article 27 qui figure dans la loi de la liberté de la presse, détaille bien, dès 1881, que «la publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de mauvaises nouvelles (…) lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler, sera punie d’une amende…» qui se monte à 45 000 euros aujourd’hui ! L’utilisation des réseaux sociaux n’est donc pas un frein pour engager des poursuites judiciaires, notamment pour diffamation.

 

Mais, pour combattre ces fake news qui, disons-le, pourrissent la démocratie par des informations infondées et qui se révèlent souvent être des attaques personnelles ou de fumeuses théories conspirationnistes, les citoyens seraient bien plus efficaces que la législation. C’est à la société tout entière, éduquée pour percevoir le vrai du faux, de faire en sorte que ces rumeurs, ces discours de haine parfois, ces mensonges sciemment diffusés, demeurent dans la sphère privée. En cultivant les usages professionnels, la déontologie, la vérification des infos, le recoupage des sources, la confrontation des points de vue et le respect des opinions, cela permettrait de délivrer une information plus sûre et plus fiable surtout.

 

Alors, quid de la liberté d’expression et du danger de la censure qui pèse sur des lois qui restreindraient le droit d’opinion et le libre-arbitre que chacun peut et doit avoir ? En France, certains journaux, comme Le Monde il y a un an, ont livré un début de solution. Le quotidien du soir a mis en place un programme, disponible gratuitement sur son site, le Décodex. Un outil pour s’assurer des informations qui circulent sur Internet et les réseaux sociaux en traquant la rumeur, la propagande ou la désinformation. Car, avec la multiplication des canaux de diffusion à disposition, à son insu et sensible au sujet de l’information reçue, il peut arriver à chacun de relayer et de diffuser de bonne foi une fake news. Nous devenons alors responsable de ce que nous partageons à une échelle bien plus rapide que la rumeur qui se diffusait autrefois de bouche-à-oreille dans un village. Aujourd’hui, en un clic, des milliers d’internautes reçoivent le message qui sera à nouveau renvoyé à des milliers de contacts… Et même si Facebook semble être désormais sensibilisé à ce fléau des temps modernes, il n’empêche : elle court, elle court la rumeur. Et ne s’arrête jamais !

 

Certains pourtant montent le ton. Affirmant que ces rééditions vont réactiver l’antisémitisme. C’est oublier que les racistes ont leurs propres sources et n’attendent pas les éditions critiques pour se repaître d’antisémitisme. Ne pas connaître ses écrits ou les censurer, c’est se priver de comprendre et de percevoir les événements de cette époque honnie, une connaissance historique indispensable, même si elle est à la limite du supportable. Fermer les yeux, cacher ces textes, c’est les voir ressurgir à un moment ou un autre dans un contexte non contrôlé. La censure ou l’autocensure, le retour à l’ordre moral, c’est ne pas accorder de confiance aux individus, aux citoyens, à leur lucidité. Editer Céline avec les documents nécessaires pour décrypter ces infâmes écrits, cela donne le temps de la réflexion. Se souvenir de Maurras ou de Louis-Ferdinand, oui, assurément. Les commémorer ? Evidemment non. Même si étymologiquement commémorer c’est se souvenir. Mais ce verbe apporte une connotation de célébration quand il est associé à une personne. Cette année, nous commémorons la fin de la Première Guerre mondiale. A l’évidence, personne ne se réjouit de cette boucherie, juste la volonté de fédérer autour des marqueurs forts de notre identité collective. En l’occurrence, commémorer Maurras pour l’histoire de la nation, c’est raté.


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