Cet article vous est proposé par Le Petit Vendomois
Article écrit par / Publié le 26 septembre 2021
Source:https://lepetitvendomois.fr/2017/11/

Catherine Lhéritier, nouvelle présidente des maires du département

Catherine Lhéritier ; Association des maires ; Damien Hénault ; Jean-Marie Janssens

Frappé par le non-cumul des mandats, Jean-Marie Janssens, tout nouveau sénateur de Loir-et-Cher, a dû «abandonner» son siège de maire de Montrichard-Val de Cher à Damien Hénault. Par conséquence, il quitte ses fonctions de président de l’Association des maires de Loir-et-Cher.

 

Catherine Lhéritier ; Association des maires ; Damien Hénault ; Jean-Marie Janssens

Conseillère départementale du canton d’Onzain, actuelle 5ème vice-présidente chargée du personnel, de l’enseignement supérieur, des transports et de l’aérodrome du Breuil, au sein du Conseil départemental, Catherine Lhéritier (Union pour le Loir-et-Cher), 66 ans, maire de Chouzy-sur-Cisse lui succède.

 

Elle présidera le vendredi 10 novembre prochain, au Carroir de La Chaussée-Saint-Victor, son premier congrès des maires de Loir-et-Cher, en pensant qu’en plus de Jean-Marie Janssens, une précédente autre présidente, Jacqueline Gourault, est actuellement ministre (bis) de l’Intérieur…De quoi lui donner quelques espoirs de carrière nationale, à partir de ce tremplin local. Qui sait ?


Une doyenne si bien chez elle

Suzanne Gobillot

En juillet prochain, Suzanne Gobillot sera notre doyenne du département, elle fêtera ses 107 ans.

 

Née en 1911, à la Ville-aux-Clercs, elle y a vécu son enfance, travaillant au magasin d’alimentation et de vêtement de ses parents jusqu’à son mariage avec Charles, en 1945. Les époux se sont installés à Mondoubleau, qu’ils n’ont plus quitté. Charles allait de ferme en ferme, pour collecter les produits fermiers, qu’il revendait ensuite dans les restaurants huppés de Paris. Suzanne l’aidait en plumant les poulets et en préparant les commandes des restaurateurs, tout en élevant ses deux enfants.

 

Aujourd’hui, elle est en bonne santé, jamais malade, et son médecin ne passe que pour une visite… de courtoisie. Elle se lève tous les matins, fait sa toilette et prend son petit-déjeuner assise à sa table, dans sa cuisine, face à la fenêtre. Elle observe son jardin fleuri où pousse un grand sapin qu’elle avait planté elle-même en s’installant ici.

 

Si elle semble indifférente au temps qui passe, Suzanne n’en pratique pas moins l’humour, affichant un large sourire. «Le ciel m’a oublié ! dit-elle, soit il ne veut pas de moi ou alors peut-être qu’il n’y a plus de place là-haut ! Et puis, que faire d’une vieille comme moi». La doyenne semble n’avoir que des bons souvenirs. C’est sans doute là son secret de longévité. «Le jour de mon mariage fut la plus belle journée de ma vie. J’aimais beaucoup mon mari. Il est parti trop tôt. Chaque matin, je pense à lui, j’ai hâte de le retrouver». Et puis elle se souvient avec bonheur de la naissance de ses deux enfants qui habitent trop loin mais qui viennent la voir.

 

La journée s’écoule doucement, avec Dominique Trotereau, qui prépare ses repas et s’occupe d’elle quotidiennement avec l’amitié et la tendresse qui rendent sa vie plus agréable. Lorsqu’elle s’assoupit légèrement, elle s’évade, comme pour dire à son visiteur, « laissez-moi maintenant. Je retourne dans mes souvenirs de jeunesse où je dansais la valse et jouais de la mandoline avec mon mari».

 

Gabriel Turpin


Nos lecteurs en France et dans le Monde

Le Petit Vendômois remercie les lecteurs d’avoir pensé à emporter dans leurs bagages l’une des éditions du Petit Vendômois. Nous recevons de nombreuses photos, que leurs expéditeurs en soient remerciés mais qu’ils ne s’impatientent pas, nous les publierons TOUTES !

Le principe : Quand vous voyagez, emportez une édition du Petit Vendômois et photographiez-la avec, ou sans vous, de telle sorte que l’on puisse reconnaître du premier coup d’oeil (ou presque…) où vous étiez. N’hésitez pas à nous envoyer vos photos par courrier ou par e-mail (lepetitvendomois@wanadoo.fr)

 

 

1. Îlet du Gosier en Guadeloupe. Vue sur la soufrière dans les nuages. (M. et Mme Fauquier).

 

 

 

 

2. L’équipe de l’association Horizons Sahel sur le fleuve Sénégal.

 

 

 

3. «Lectrice du Petit Vendômois, j’avais pensé à le mettre dans mes bagages pour mon séjour à Toronto, en Ontario. C’est au zoo de Toronto que la photo a été prise.» (Sylvie Chereau)
 


Recette de Granny de novembre 2017

granny

Une lectrice nous a concocté une recette de saison à manger selon vos goûts en entrée ou en plat principal pour le soir :

 

Velouté de champignons, œufs mollets et rillons

 

Pour 4 personnes

 

1 oignon jaune, 20g d’huile d’olive, 30g de farine, 300g de champignons de Paris, 400 ml d’eau, 1 cube de bouillon de volaille, 150 ml de lait, sel, poivre, 150g de crème fraîche, 10 feuilles de persil.4 oeufs, petits rillons (environ 200-300g).

 

1/ Emincer l’oignon et le faire revenir dans une casserole dans l’huile d’olive jusqu’à ce qu’ils deviennent translucides.

 

2/ Ajouter la farine et mélanger, puis ajouter les champignons préalablement nettoyés (ne pas hésiter pas à mettre également les pieds de champignons !), puis remuer. Garder quelques champignons pour la présentation.

 

3/ Ajouter l’eau, le cube de bouillon de volaille et le lait. Saler et poivrer à votre convenance. Puis laisser mijoter à feu moyen une dizaine de minutes.

 

4/Incorporer la crème fraîche et le persil. Puis mixer le tout avec un mixeur classique ou plongeant pour obtenir un beau velouté. Le garder au chaud.

 

5/ Faire cuire vos oeufs mollets : dans une casserole d’eau bouillante plonger vos oeufs et laisser cuire 5 min à la reprise de l’ébullition. Les écailler et les placer au milieu d’une assiette creuse.

 

6/ Réchauffer brièvement vos rillons au four micro-ondes. Verser le velouté autour de l’oeuf, incorporer quelques rillons, poser des copeaux de champignons crus sur le tout et quelques brins de persil s’il vous en reste.

 

Vous aimez cuisiner, vous possédez des recettes qui viennent de votre grand-mère, de votre mère ou vous avez vous-même inventé un plat, Granny vous propose de les publier !
Il suffit d’envoyer vos meilleures recettes de saison avec photo(s) par courrier (Le Petit Vendômois, 53 rue Poterie – 41100 Vendôme) ou par mail (lepetitvendomois@wanadoo.fr).


Un centre équestre à Clairefontaine

Clairefontaine ; Jean-Jacques Avrain ; centre équestre

A Saint-Hilaire-la-Gravelle, plus précisément à Clairefontaine, hommes et engins s’affairent sur un chantier d’envergure, d’une superficie de quelque trois hectares, et qui sera désormais consacrée à la passion équine.

 

« J’ai commencé à maturer le projet il y a un an et demi », explique Jean-Jacques Avrain, cuisinier émérite mais aussi entrepreneur dans l’âme et amoureux des chevaux.

 

Re-situons l’ensemble dans son contexte. Il y a trente ans, les parents de Jean-Jacques innovaient en lançant, sur l’exploitation agricole familiale, une ferme-auberge avec des produits du potager et de la basse-cour. Une initiative qui leur a valu la médaille d’or du tourisme il y a peu de temps.

 

Aujourd’hui, Jean-Jacques, cuisinier au parcours prestigieux, a choisi de revenir sur ses terres natales et de reprendre le flambeau. Un retour aux sources (évidemment) pour l’activité des lieux.

 

Loin d’une orientation nostalgique ou rêveuse, le jeune chef d’entreprise s’est attaqué au potentiel de pérennité de son activité. «Avec la restauration et quelques chambres, la fréquentation n’est pas suffisante pour être réellement durable. Il fallait véritablement créer une dynamique. Alors, autant associer travail et plaisir avec les chevaux.»

 

De fait, Jean-Jacques Avrain s’est métamorphosé en promoteur immobilier du monde équin et a conçu trois entités indépendantes mais complémentaires permettant l’installation de trois entreprises partenaires.

 

La première est un centre équestre. L’écurie de dix-huit box, aux toutes dernières normes d’accueil pour les représentants de la plus noble conquête de l’homme, en est au stade des finitions. Une carrière, en sable de Fontainebleau de 60 m par 40, est aussi opérationnelle pour le démarrage de l’activité le 1er décembre. L’ensemble sera complété par un manège de 40 m par 20 début 2018. Le partenariat professionnel est déjà acté avec un champion de renom international.

 

La seconde est un pôle d’hydrothérapie qui utilisera les eaux bienfaisantes de la source de Clairefontaine pour les soins. Marcheur aquatique, box de soins, ostéopathie… seront au menu de ce centre de remise en forme du cheval qui entrera en activité au printemps.

 

La troisième est un cabinet vétérinaire qui attend de trouver le praticien idoine.

 

Ainsi, à l’été prochain, le projet, qui a bénéficié de l’aide d’acteurs économiques de référence comme Gilles Deshayes, Francis Minier ou Didier Lemoult, aura pris sa pleine mesure.

 

 


Arte Cubano 3, pari tenu, pari gagné !

COOPàCUBA ; Arte cubano 3

L’aventure, initiée en décembre 2015 aux Greniers de l’Abbaye, était un pari audacieux ! Présenter à Vendôme une sélection d’œuvres originales de plasticiens cubains, alors que l’intérêt pour Cuba était encore bien timide. Espérer ainsi retirer des ventes quelques bénéfices pour avancer dans les démarches de coopération entreprises dans les secteurs de l’enfance et de la santé et prétendre être capable de proposer un panorama éclectique et de haut niveau de la création artistique contemporaine à l’œuvre sur la «Grande Île». Il fallait pour cela une bonne dose de culot, de prétention ou d’inconscience.

 

COOPàCUBA ; Arte cubano 3Fort du succès rencontré lors des deux premières éditions, l’association COOPàCUBA renouvelle l’opération du 7 au 10 décembre en proposant à l’exposition-vente plus de 200 oeuvres d’une cinquantaine d’artistes de disciples très diverses, qui seront au coeur de l’exposition Arte cubano 3, installée dans le cadre somptueux de la Chapelle Saint-Jacques à Vendôme et ouverte au public pendant quatre jours contre trois lors des précédentes éditions.

 

Peinture, gravure, dessin, sérigraphie sur toile, carton, toile de jute…, sculpture sur bois, métal…, céramique et poterie…, compositions à partir d’objets et de matériaux recyclés…, masques…, oeuvres abstraites et figuratives d’inspirations très variées de l’art primitif au graph, du naïf au religieux.

 

Des animations ponctueront également les temps d’ouverture au public.

 

«Si la courbe nettement ascendante du nombre de visiteurs se confirme, nous pourrons alors affirmer que nous sommes en bonne voie pour atteindre le but que j’évoquais en 2015 en présentant «cette première édition d’une initiative dont nous espérons qu’elle s’installera durablement dans le panorama culturel du Vendômois, voire au-delà» et peut-être aurons-nous alors jeté les bases d’un évènement culturel original majeur au plan national», explique Jacques Burlaud, président de l’Association COOPàCUBA .

 

Du jeudi 7 au dimanche 10 décembre, Vendôme, chapelle St Jacques, 15h à 19h.
Entrée libre et gratuite.

Contact : COOPàCUBA , 02 54 73 25 73,
cubacoop41@orange.fr

 

 


Lycéens du LEGTA : de Vendôme à la Pologne

LEGTA ; sciences et technologies de l’agronomie et du vivant

C’est en grande partie grâce au dispositif Trans’Europe, porté par la Région Centre- Val de Loire, qu’une classe de terminale technologique sciences et technologies de l’agronomie et du vivant du lycée agricole de Vendôme a eu l’opportunité de partir en Pologne du 25 septembre au 2 octobre.

 

Ce voyage était l’aboutissement d’un travail initié par A. Rousselet enseignante en histoire-géographie dès la première année de formation dans le cadre du Concours national de la Résistance et de la déportation.

 

Hébergé sur Cracovie, le groupe a pu profiter de visites culturelles: découverte de la ville et de son passé mais aussi historiques avec les visites d’Auschwitz, du musée Schindler et du quartier juif.

 

Une partie de la semaine a également été consacrée à des aspects techniques en lien avec les spécialités étudiées par les jeunes:
Groupe technologies de la production agricole : visites d’exploitations céréalières et d’élevage
Groupe aménagement et valorisation des espaces : découverte du jardin botanique, de la gestion de la forêt et des espaces verts de la ville

 

Cette semaine, riche en souvenirs et en émotions, a été marquée par la découverte d’une autre culture, la création de liens entre jeunes Vendômois et Polonais notamment suite à la visite d’établissements scolaires.

 

Quelques imprévus, le soleil, de bons moments de partage ont fait de cette semaine une réussite.


Du gazon pour le tennis de Droué

tennis de Droué ; Droué

Le club de Tennis de Droué, présidé par Jean-Claude Angot, vient de se voir doté d’un équipement particulièrement apprécié des joueurs, un court extérieur en gazon synthétique.

 

A proximité de la Halle des sports où se tiennent les entraînements pendant la saison hivernale, ce sont désormais deux terrains qui encadrent les lieux. Le premier, en dur, et désormais, le second, en gazon.

 

Pour les trente-cinq licenciés du club, ce choix de surface de jeu est un atout particulièrement apprécié. Tout au long de l’année, des rencontres amicales et de club vont s’y tenir à l’instar du tournoi interne de juin mais, chaque année, la seconde quinzaine de septembre, s’y déroule le tournoi homologué.

 

Le court a été inauguré en présence de Florence Doucet, conseillère départementale, d’Alain Bourgeois, président de la communauté de communes Perche et Haut Vendômois, et d’Yves Bertouy, vice-président et maire de Droué. Une intervention de l’entreprise Tennis Chem Industries sera nécessaire début décembre pour reprendre la pose de la bâche périphérique et résoudre ainsi les problèmes d’écoulement des eaux de pluie.

 

L’investissement de 30.000 € a fait l’objet d’un partenariat financier à hauteur de 50 % entre le commune et le club.


Mille lectures d’hiver, c’est reparti !

Mille lectures d’hiver ; Centre-Val de Loire ; cécile coulon ; pierre senges

12e édition des Mille lectures d’hiver ! Du 1er janvier au 31 mars, la littérature s’invite en Centre-Val de Loire .

 

Mille lectures d’hiver ; Centre-Val de Loire ; cécile coulon ; pierre sengesAvec Mille lectures d’hiver , Ciclic invite les habitants de la région Centre-Val de Loire à découvrir la littérature française et étrangère d’aujourd’hui. Cet événement artistique unique permet à chacun de devenir l’artisan de rendez-vous littéraires placés sous le signe de la curiosité et du partage.

 

Chaque hiver, plusieurs milliers de personnes, familières ou non du livre et de la lecture, sont ainsi invités à se réunir en petits groupes, à écouter, à ressentir, à discuter, à échanger autour de la littérature et dans une ambiance conviviale. Avec Mille lectures d’hiver, l’œuvre littéraire irrigue les esprits et les territoires, ceux des villes et des campagnes, elle voyage du lieu de travail à l’espace de loisirs, du domicile à l’espace social, en toute simplicité.

 

Vous pouvez dès maintenant vous inscrire sur www.ciclic.fr

Pour recevoir l’une des mille lectures d’hiver entre le 1er janvier et le 31 mars 2018, vous pouvez d’ores et déjà vous inscrire en ligne. Certaines lectures seront proposées dans des lieux publics. Les dates de ces rendez-vous seront indiquées sur le site.

 

Rencontrez les deux écrivains associés : Cécile Coulon et Pierre Senges

Au printemps 2018, un cycle de six rencontres avec Cécile Coulon et Pierre Senges permettra aux curieux de découvrir le jardin secret littéraire et l’œuvre de chacun des deux écrivains associés.

 

Ciclic – Agence régionale du Centre-Val de Loire
pour le livre, l’image et la culture numérique.
www.ciclic.fr


Les impressionnantes obsèques de César , duc de Vendôme

César ; duc de Vendôme

Le 22 octobre 1665 mourait le duc de Vendôme , César . Son acte de décès, retranscrit le 17 novembre suivant dans le registre de la collégiale du château de Vendôme, est des plus sommaires. Nom du défunt : César ; sexe : masculin ; mention particulière : son altesse César duc de Vendôme décédé à Paris le 22 octobre ; signé : J. Gillet, doyen de Saint-Georges.

 

Son corps, moins les viscères, fut ainsi ramené en grande pompe dans son duché de Vendôme et déposé dans la collégiale, nécropole des Bourbon-Vendôme tandis que son cœur fut placé dans la chapelle Saint-Jacques du collège des Oratoriens qu’il avait fondé en 1623. Pas moins de 26 jours s’écouleront entre son décès et sa mise au caveau. Un événement encore peu connu dans le détail.

 

Paris, hôtel de Vendôme

César de Vendôme décéda, après neuf mois de maladie et après avoir reçu les sacrements, en son hôtel (dit également de Mercœur), rue du faubourg Saint-Honoré, dans sa 72e année, L’hôtel sera d’ailleurs, soit dit en passant, détruit vers 1685 pour établir la future place Vendôme (1).

 

Le 23 octobre, le corps du défunt était éviscéré et son cœur séparé du tronc fera lui aussi l’objet d’une cérémonie particulière, une fois arrivé à Vendôme. Quant à ses entrailles, comme prévu, elles furent déposées dans l’église des Capucines avoisinant l’hôtel. C’est également dans cette église qu’avait été inhumée Laure Mancini, une des nièces de Mazarin, belle-fille de César, (épouse de son fils Louis), en 1657 et que le sera sa femme, la duchesse Françoise de Lorraine, en 1669. L’église sera à son tour déplacée quelques années plus tard vers le nord pour les mêmes raisons que l’hôtel de Mercœur avait été arasé.

 

Le corps du défunt placé dans un cercueil en plomb fut exposé en son hôtel avec tout le cérémonial (2) et le décorum dû à son rang de prince de sang. Puis vint le temps des condoléances. Louis XIV et la reine, Marie-Thérèse d’Autriche, envoyèrent les leurs, dès le 24. Ce jour même et le lendemain, Mademoiselle rendait également visite à Françoise de Lorraine retirée au couvent des Capucines.

 

Le 25 octobre, le cercueil transporté à l’église paroissiale Saint-Roch dont dépendait l’hôtel de Vendôme, suivi par un grand nombre de hautes personnalités, faisait l’objet d’une pieuse cérémonie. Après quoi, le corps fut de nouveau transféré en l’église des Capucines, où il fut déposé jusqu’au 10 novembre, date du départ pour Vendôme.

 

Le 26 octobre, Henriette de France (fille d’Henri IV et par conséquent demi-sœur de César), épouse de Charles 1er, roi d’Angleterre, en exil en France après la mort tragique de ce dernier, accompagnée de Madame, sa fille, vint également visiter la duchesse. Le lendemain 27, ce fut au tour de Philippe de France, frère du roi, de témoigner de sa tristesse.

 

À Vendôme, à peine la nouvelle du décès fut-elle connue, qu’une assemblée des habitants de la ville et des faubourgs fut convoquée au son de la trompe dans les rues et aux prônes dans les églises. Cette assemblée se tint le 28 octobre et l’on procéda de suite à l’élection des députés chargés de témoigner à la famille de son Altesse les sentiments de douleurs que les Vendômois ont de la perte de leur prince, l’assurer de leur obéissance et fidélité, et la supplier de leur continuer sa protection. C’est ainsi que MM de Romilly, maire perpétuel, Laboureau, procureur général fiscal, Jehan Lenoir et Robert Souriau, échevins, furent nommés et se rendirent immédiatement à Paris.

 

Le convoi funèbre

Digne d’un cortège royal, le convoi était composé, tout d’abord, de deux cents Capucins, marchant deux par deux, chacun tenant un cierge, eux-mêmes devancés par six archers du Prévôt de robe courte, revêtus de leurs casaques brodées et à la suite desquels se trouvaient deux Suisses, à pied, vêtus de deuil.

 

Puis venaient deux Trompettes à cheval, avec leurs instruments voilés d’un crêpe, sonnant d’une manière lugubre ainsi qu’il se pratiquait en pareille cérémonie.

 

Un Officier des Gardes de la Marine suivait à cheval à la tête de dix autres Gardes vêtus de deuil, avec leurs casaques, tous élégamment montés sur leurs chevaux.

 

Le Maître d’hôtel du Prince défunt venait ensuite, seul, sur un cheval recouvert d’une housse noire, le bâton de sa fonction en main, à la tête des principaux Officiers de la Maison de César et du nouveau duc de Vendôme (son fils Louis) ; les Officiers du Défunt à la droite, au nombre de plus de soixante, portant de longs manteaux, étaient devancés par deux Cavaliers suisses.

 

Puis, deux Écuyers à la tête de soixante Pages vêtus de deuil, portant des flambeaux de cire blanche allumés, caracolaient sur de magnifiques chevaux,

 

À la suite, paraissaient encore trois chevaux de main couverts de housse de velours noir, traînantes, aux armes de la Maison de César, en broderie d’or ; chaque cheval conduit par deux palefreniers en deuil, à pied, était précédé par un troisième palefrenier, à cheval.

 

Le Premier Écuyer suivait sur un cheval houssé de noir, en manteau long, portant l’épée haute et recouverte d’un crêpe ; il était suivi par quatre-vingt valets de pied marchant deux par deux et tenant aussi, chacun, un flambeau allumé.

 

Tous, jusqu’alors, précédaient le chariot sur lequel reposait le cercueil recouvert d’un poêle de velours noir, d’une extraordinaire grandeur, croisé de brocard d’argent et enrichi de quatre armoiries en broderie d’or, de quatre pieds de hauteur (environ 1,30 m) et bordé d’hermine. Ce chariot était attelé de huit chevaux blancs, des plus beaux, houssés et carapaçonnés de velours noir orné d’une croix de brocard d’argent sur chacun de ces attributs ; les coins du poêle étaient tenus par quatre gentilshommes du Défunt dont les chevaux étaient, eux aussi, habillés de même. Il y avait, également, à chaque angle du chariot un Aumônier à cheval, coiffé d’un bonnet carré et vêtus d’un rochet (surplis à manches étroites) sous un grand manteau de deuil.

 

Six Frères Capucins marchaient proche du chariot, portant d’une main un flambeau et soutenant de l’autre les coins du drap placé sous le poêle.

 

Il y avait encore six Valets de pied du Roi de chaque côté du chariot (insigne honneur signifiant que le souverain considérait César comme un parent qu’il appelait d’ailleurs, parfois, son très cher et bien amé oncle), qui tenaient aussi des flambeaux allumés, lesquels étaient accompagnés par des Officiers des Gardes de la Marine, à cheval, vêtus de longs manteaux.

 

Des Gentilshommes, en grand nombre, envoyés par la Maison royale, la Maison des Princes et du Défunt, venaient ensuite, fièrement montés sur leurs chevaux.

 

Enfin, l’imposant cortège se terminait par une infinité de carrosses.

 

Outre le chariot sur lequel reposait le corps du Prince défunt, accompagné de son confesseur et du curé de Saint-Roch, sa paroisse, nous trouvions encore les carrosses (vides, représentant et symbolisant ici la présence fictives des divers personnages de haut rang du royaume) comme ceux du roi, des reines (Marie-Thérèse d’Autriche et sa mère Anne d’Autriche), de la Reine d’Angleterre (Henriette de France), de Monsieur (Philippe d’Orléans), de Madame (fille d’Henriette, épouse du duc d’Orléans), de la duchesse douairière d’Orléans, de Mademoiselle, du prince de Condé et du duc d’Enghien. Puis venait le carrosse du duc de Vendôme sur lequel se tenaient les Intendants des trois Maisons (Royale, Vendôme, Mercœur) et le Secrétaire de la Marine, lui-même suivi des carrosses des autres princes et parents, tous attelés de six chevaux drapés de deuil.

 

Le départ pour Vendôme

César ; duc de VendômeContrairement à la route la plus directe passant, à cette époque, par Rambouillet, Chartres, Châteaudun et Vendôme, soit quatre jours de voyage, l’itinéraire choisi cette fois-ci faisait un crochet par Anet, soit six jours de trajet. Après une dernière messe en l’église des Capucines, le 10 novembre (1665), le corps de César (et son cœur) allaient donc prendre le chemin du Vendômois.

 

Lorsque le convoi funèbre fut arrivé à l’extrémité de la rue du Palais d’Orléans, les deux cents Capucins défilant en tête s’arrêtèrent et firent alors, de part et d’autre de la route, la haie d’honneur. Puis, après avoir salué l’important cortège, tout en continuant leurs prières, ils s’en revinrent en leur couvent.

 

Ce même soir, le convoi arriva à Villepreux où le curé accompagné de Religieux de la Charité vint recevoir, par un fort beau discours, le corps de César qui lui fut présenté par l’aumônier personnel du prince défunt, avant de le conduire à l’église. Là, le cercueil fut placé dans le chœur recouvert du poêle portant ses armes ainsi que la couronne ducale, elle-même posée sur un carreau de velours noir couvert d’un crêpe noir. Le catafalque était entouré de dix-huit chandeliers aux armes de César, garnis de cierges ; d’autres chandeliers armoriés se distinguaient alentour. Dans le même temps, on chanta Mâtines des Morts ; puis quatre prêtres demeurèrent auprès du corps, psalmodiant toute la nuit, jusqu’au lendemain matin où une messe fut solennellement chantée. Villepreux (Yvelines), à une trentaine de kilomètres environ de Paris, plein ouest, marquait ainsi la première étape.

 

Le 11 novembre (2e jour), le convoi continua sa marche vers Anet. À deux lieues avant d’arriver, la Noblesse et la Justice suivis de cent Religieux de la Charité adressèrent leurs condoléances. Puis, tous les curés présents conduisirent le Défunt à l’église du village. Ce soir-là, on fit un service très célèbre, où toute la Noblesse assista et donna l’eau bénite ; plus de cent prêtres participèrent à la messe.

 

Ce détour par Anet (Eure-et-Loir) était tout-à-fait justifié. Il faut dire que César avait été prince de cette seigneurie et que dans sa jeunesse, il se partageait volontiers, avec sa jeune épouse, entre le château d’Anet (qu’ils semblaient tous deux préférer) et celui de Vendôme. Cette deuxième étape fut de toute évidence plus longue que la veille, proche sans doute d’une cinquantaine de kilomètres.

 

Le 12 (3e jour), le cortège atteignit Châteauneuf (en-Thimerais, Eure-et-Loir) où se déroula un service semblable aux jours précédents. Avec cette halte située au sud de Dreux, après un parcours d’une quarantaine de kilomètres, le convoi reprenait la direction de Vendôme.

 

Le 13 (4e jour), le convoi, après une nouvelle étape de quelque trente-cinq kilomètres, arriva à Illiers-en-Beauce (Illiers-Combray, Eure-et-Loir). Là, le peuple rendit tous les témoignages possibles de reconnaissance à la mémoire de ce Prince dont la Maison lui était venue en aide. Ainsi, Illiers aurait été redevable envers César ?

 

Puis, les mêmes cérémonies ayant été scrupuleusement suivies, la marche se poursuivit jusqu’à la Ville-aux-Clercs, le 14 (5e jour), où plus de cinquante Gentilshommes en grand deuil, avec une partie de la Justice, étaient venus accueillir le Corps. Ici, on rentrait véritablement dans le Vendômois.

 

Enfin, le 15 (6e jour), après un plus court trajet, le convoi funèbre arrivait à proximité de la Maladrerie de Vendôme, à l’extrémité nord du chemin de Chartres (ici la rue du Faubourg Chartrain). Des deux chemins possibles, l’un par Danzé, la forêt de Vendôme et la Garde, ce fut, semble-t-il, le second, par Haie de Champs, aboutissant directement au couvent des Capucins, qui fut choisi.

 

De la Maladrerie à la collégiale Saint-Georges

Après avoir été accueilli à l’entrée nord du grand chemin de Chartres, proche de l’ancienne Maladrerie (au-delà du couvent des Capucins construit de 1606 à 1611), par le Clergé, la Noblesse et la Justice de Vendôme, accompagnés, entre autres, des Capucins et des Cordeliers de la ville et de tous ceux de la Maison de César, le nouveau convoi funèbre devait poursuivre par le dit chemin de Chartres. Puis, empruntant les Arrières Fossés (le Mail Leclerc), il pénétra dans la ville intra muros par la porte Saint-Michel où l’attendait la milice bourgeoise, rangée en haie, les armes traînantes et couvertes de deuil. Un itinéraire qui peut surprendre, mais qui peut aussi s’expliquer par la vétusté du pont Chartrain alors en bois. En effet, emporté par les crues de 1651 et 1654, nous savons qu’il fût longtemps laissé à l’abandon et que seuls les piétons pouvaient alors passer. Était-ce encore le cas en 1665 ? C’est plus que probable.

 

Quant au pont Saint-Michel, lui aussi en bois, bien qu’également emporté par les mêmes inondations, il devait être, de toute évidence, praticable aux carrosses. Pourtant, détruit à son tour par la terrible crue de 1665 (un mètre d’eau dans la vieille ville), on peut penser que cette dernière catastrophe (jamais datée au jour près) n’a donc pu se produire qu’après la mi-novembre (date de l’inhumation de César), voire en décembre.

 

Par cet itinéraire, le convoi put suivre l’actuelle rue Poterie, franchir la porte Saint-Georges, monter la rue du faubourg Saint-Lubin, le chemin de Blois (rue du Roi Henri), traverser le hameau du Temple et accéder au château par la porte du Temple (aujourd’hui, porte de Beauce) ; un grand détour certes, mais qui évitait la montée de la rampe (bien que sans escaliers à cette époque) difficilement accessible aux nombreux chariots hippomobiles.

 

Arrivé à la collégiale, le corps fut déposé dans le chœur, sur le caveau de ses prédécesseurs, entouré de nombreux luminaires.

 

Le lendemain 16 novembre, l’oraison funèbre fut prononcée par le Père Gabriel Chapuis de l’Oratoire et le service fut célébré avec la plus grande solennité ; après quoi, le corps fut descendu dans le caveau selon les cérémonies et prières d’usage.

 

Plus tard, ayant ainsi rejoint ses ancêtres dans le caveau des Bourbon-Vendôme, situé au milieu du sanctuaire en avant du maître autel, son épitaphe indiquera : Icy gist et repose le corps de tres hault et tres puissant, tres magnanime Prince Cesar filz naturel de Henry IV dit le Grand, duc de Vendosme, de Mercoeur, de Beaufort, de Penthievre et d’Etampes, Prince d’Anet et de Martigue, Pair de France, grand maistre, chef et surintendant general de la navigation et commerce de France qui deceda en son hostel à Paris le vingt deuxième du mois d’octobre 1665.

 

Notes (1) : Le Petit Vendômois, Une place dénommée Vendôme, 2 parties, n° 214, mars 2006 et n° 215, avril 2006.

 

Référence bibliographiques :
Bulletin de la Société archéologique du Vendômois, année 1886, Lemercier, Vendôme, article Charles Bouchet, Convoi funèbre de César de Vendôme.

 

Note (2) : Pour en savoir plus, Jean-Jacques Renault, César de Vendôme, éditions du Cherche-Lune, Vendôme, 2015.

 

Recherches et étude personnelles : (Bibliothèque de la Société archéologique du Vendômois ; registres communaux, Fonds ancien de la bibliothèque).

 

Iconographie : Portrait de César de Vendôme vieillissant ; collection particulière (19 août 1623 – 20 mai 1973, 350e anniversaire de la fondation du collège César de Vendôme, grand ancêtre du lycée Ronsard).

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