Cet article vous est proposé par Le Petit Vendomois
Article écrit par / Publié le 25 septembre 2021
Source:https://lepetitvendomois.fr/2020/08/

Saint-Hilaire et ses fresques cachées

L’Atelier Moulinier qui existe depuis plus de 40 ans, et qui a intégré à l’entité Minier, a travaillé en juin dans l’église Saint Hilaire de Villiers.

 

Spécialisés dans la restauration et la conservation des peintures murales et autres sculptures patrimoniales, Ronan et Juliette s’occupaient à analyser les fresques par une étude générale de l’église au cœur du village. «Nous faisons des sondages pour compléter les informations sur certains murs» expliquait Ronan L’Hommelet, titulaire d’un diplôme d’histoire de l’art et d’archéologie. Sans rien retirer de l’enduit qui recouvre l’œuvre, surement du XVIe siècle, le travail effectué est de sonder par petites touches ce qui se cache sous le revêtement datant du début du XXe siècle. «Nous faisons ainsi un diagnostic des peintures, nous recherchons les bordures car les fresques avaient souvent un cadre. On peut d’ailleurs apercevoir trois petits personnages agenouillés qui présagent qu’un saint de plus grande envergure est caché» poursuit le spécialiste.

 

En même temps, les professionnels de l’Atelier Moulinier en profitent pour étudier les panneaux déjà libres. «Ce qui importe c’est de comprendre. Nous avons ici des peintures de différentes époques, voir ainsi la stratigraphie et les risques de disparition au fil du temps» détaille Juliette qui s’occupe de faire des relevés informatiques qui serviront au rapport précis transmis à la municipalité en fin d’étude.

 

On peut d’ores et déjà savoir que des fresques semblent intéressantes et pourront être probablement dans un futur proche mises en lumière. La Vallée du Loir est réputée pour ses œuvres picturales dans les églises comme à Saint Jacques des Guérets, l’Atelier Moulinier ayant travaillé à leurs restaurations.


NOUVEAU : un jardin de verre à «La Verrerie des Coteaux»

Le 1er octobre, Nicolas et Lucille Pinquier fêteront le 4ème anniversaire de leur arrivée à «La Verrerie des Coteaux» où ils ont succédé à Gérard Torcheux.

 

Petit à petit, ils se sont appropriés les lieux en transformant les espaces notamment par le transfert de l’entrée sur le côté ce qui a permis de dégager une place plus importante pour les visiteurs qui souhaitent voir travailler l’artisan. Si Nicolas a réalisé un certain nombre de travaux par lui-même, il tient à souligner qu’il a fait appel, par ailleurs, uniquement à des entreprises locales : le fer forgé est l’œuvre de l’atelier Sylvain Oger à Ruillé, les pierres viennent des carrières Minier à Artins, les palissades proviennent de la scierie de «La Couarde» à La-Chapelle-Huon, les ardoises et schistes d’«Extérieur Mans» et la ferronerie «GP Méca».

 

L’année 2020 a vu la création d’un «Jardin de verre» dans l’espace attenant au lieu de travail et de vente. Coloré, insolite et éblouissant, le lieu a été aménagé avec goût. Un bassin alimenté par l’eau de pluie, sur lequel flottent des nymphéas, est accessible par des allées dallées; des rocailles mêlant la pierre et les blocs de verre coloré forment un contraste avec les lames de schiste percées de hublots dans lesquels sont enchâssés des carreaux de verre teinté. Des constructions en pierre sèche servent de support à des bouquets de fleurs multicolores ou à des «zébulons» bariolés. Les bords du bassin, dont les accès sont balisés par des bougeoirs, accueillent en un curieux mélange, citrouilles et poissons exotiques, tandis que des boules de verre flottent en son milieu, car elles sont, dit-on, propres à éloigner les hérons, consommateurs de poissons.

 

Quelle que soit la saison, le jardin offrira un aspect plein de gaieté, de couleur, de contraste et de charme. Chaque visiteur pourra y trouver un ou plusieurs décors à sa convenance qu’ils soient d’inspiration animale, végétale ou minérale.

 

« La Verrerie des Coteaux », 27 rue des coteaux, Poncé-sur-Loir ; 72340 Loir-en-Vallée. T. 02 43 79 05 69. www.verreriedescoteaux.com

 

Atelier-Boutique ouverte du mardi au samedi, de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h.
Le dimanche et j.f. de 14h à 18h. Travail du verre à chaud les après-midis.

 

Xavier Campion


Un 22e anniversaire riche en nouveautés

Outre les consignes propres à la pandémie Covid19, qui y seront strictement appliquées, ce qui causera certaines frustrations dans ce temple où la manipulation avec les mains et la palpation sont primordiales, La Maison de la Magie de Blois, «site de ce type unique en Europe», attaque sa 22e saison. Située face au château royal de Blois, elle compose avec celui-ci un rendez-vous incontournable pour les touristes, mais aussi les Loir-et-Chériens qui privilégieront leurs vacances sur le territoire…

 

Fortement sécurisée, la visite laissera place à la découverte de nouvelles structures aménagées pour cette saison placée sous le signe des esprits, des fantômes, du spiritisme, et du surnaturel. De quoi épater et surprendre les plus blasés, qui, une fois franchi le Passage des Mystères relooké, partiront à la découverte de la salle Jean-Eugène Robert-Houdin enrichie et transformée avec un foisonnement de pièces de collections authentiques, dont son unique baguette de magie et plusieurs des accessoires ou automates qu’il inventa, sans oublier la dernière acquisition de cette année. L’horloge de table signée Émile Robert-Houdin, horloger et fils aîné du magicien local, représentant «La Mort du Christ», ajoute son poids historique indéniable aux autres trésors abrités à La Maison de la Magie.

 

Cette année, les fantômes seront les vedettes de l’exposition thématique inédite autour des influences entre le spiritisme et l’illusionnisme, des années 1850 à nos jours. Expositions, ateliers, animations, photomatons… apporteront un accompagnement ludique et pédagogique à ce thème qui ne laissera personne indifférent.

 

Par divers documents, tableaux, articles de presse, photos, livres, programmes et autres précisions, la vie du chasseur de faux spirites, Paul-Alfred De Saint-Génois-de-Grand-Breucq, dit Professeur Dicksonn (1857-1939), magicien saltimbanque de La Belle Époque, n’aura plus de secrets pour les visiteurs.

 

Le spectacle quotidien, avec application stricte des règles sanitaires Covid 19 dont le port du masque, demeurera, en final de la visite, avec au programme des illusions plus magiques les unes que les autres réglées par Bertran Lotth, grand metteur en scène en ce domaine, et La Maison de la Magie accueillera pour les vacances de la Toussaint l’équipe de France et ses maîtres magiciens en résidence et en spectacles…

 

Deux grandes soirées-spectacles auront lieu les samedis 14 novembre et 12 décembre et diverses animations, projections, ateliers sont d’ores et déjà calés pour cette 22ème saison qui en appelle d’autres, sauf si une nouvelle pandémie vient contrarier les esprits sereins de La Maison de la Magie.


L’homme qui montait à la cave

Fred Barety du Nord de la France, médecin et écrivain amateur connaissait peu le Vendômois. C’est par hasard qu’il vient passer une semaine de vacances avec sa femme en 2019 chez Régine et Arnaud Bariseel-Porcher à Lunay dans un de leurs trois gîtes troglodytiques.

 

De ce coup de foudre immédiat entre le couple des Hauts de France et cette habitation si particulière creusée dans le tuffeau, il en sort un joli livre illustré en 2020, sorte d’ode aux troglodytes Vendômois.

 

Sûrement sous exploité et pourtant si présent dans notre région, l’habitat troglodytique attire les touristes curieux, une façon originale de découvrir la région. Ce fut le cas de Fred Barety, un heureux hasard qui débouche sur un livre où se mêlent légendes et contes. «Ce livre a été quasiment écrit sur place lors de notre premier séjour pendant l’été 2019. J’avais lu quelques livres sur ces habitations mais je me suis appuyé sur les longues discussions que j’ai pu avoir avec nos charmants hôtes» explique l’auteur. La parole échangée avec ces deux Vendômois passionnés de cet habitat particulier, leurs connaissances sur la rénovation des troglodytes ont amené Fred Barety à écrire ce joli ouvrage au format à l’italienne avec sa charnière en spirale. Marel, une amie artiste de l’écrivain et à la tête de la maison d’édition associative «En Délié(es)» d’où est sorti «L’homme qui montait à la cave» s’est chargée des illustrations en s’inspirant de ce qu’elle a ressenti en lisant le texte. Une interprétation des écrits en somme sous forme d’aquarelles. Fred Barety, poète et romancier (5 romans à son actif) a su transmettre ses émotions dans ce lieu «où lorsque l’on y pénètre on se sent serein et apaisé» comme il aime le souligner.

 

«L’homme qui montait à la cave» –
Edition : En Délié(es) /
disponible sur commande à la maison d’édition associative :
www.endeliees.com / Prix 15€


Deuxième saison pour Emmanuel

Emmanuel Berthereau de Lunay s’engage avec ses bénévoles pour sa 2e saison dans le Championnat de France d’Handisport moto 2020 qui débutera le week-end du 15 août sur le circuit d’Alès.

 

Comme beaucoup de sports et d’activités, Covid-19 a chamboulé la programmation de ce championnat. «Il débute chaque année en avril et a pris du retard. Nous avions même pensé à une année blanche. C’était sans compter sur les organisateurs qui ont pu trouver quatre dates entre août et octobre. Les courses seront rapprochées c’est-à-dire à quinze jours d’intervalle, ce qui laissera peu de temps pour se préparer» explique le pilote qui, lors de sa première saison en 2019, s’est classé 10e sur les 16 participants au Championnat de France.

 

 

Début juillet, Emmanuel Berthereau participera sur le circuit Carol à un entraînement et surtout à une manifestation qui lui tient à cœur, des initiations aux personnes à mobilité réduite. «Faire découvrir la moto et le championnat à des gens qui ont perdu le goût à la vie suite à leur handicap. J’ai moi-même, grâce à une initiation, découvert que je pouvais refaire de la moto, 25 ans après mon accident qui m’a rendu paraplégique. Cela a été une révélation et je désire transmettre ma passion dorénavant. C’est un peu le but recherché en créant l’association Team Handi Racing» détaille Emmanuel.

 

La passion d’Emmanuel passe au-delà de la peur, se sentir vivant avec l’adrénaline qui monte, la sensation des virages, Emmanuel le dit et le répète, il n’a plus de douleurs au guidon de sa Suzuki.

 

C’est mieux que les médicaments, une thérapie en somme !

 

Pour adhérer à l’association Team Handi Racing : teamhandiracing41@gmail.com ou suivre sa saison 2020 : Facebook : Team Handi Racing 41


1516, 1519, la peste à Vendôme

Prenant pour prétexte la pandémie qui vient de nous tomber sur la tête, il est peut-être intéressant de rappeler que bien d’autres épidémies, durant le Moyen Âge, se propagèrent également dans notre région et plus spécialement à Vendôme. Si les archives n’en parlent guère, sinon par compilation, au XIXe siècle, et encore d’une façon fort imprécise, seuls les chanoines du Bellay et Simon, vont véritablement nous renseigner sur un de ces événements majeurs, la peste, présente dans la ville, notamment dans ce premier quart du XVIe siècle.

 

Charles du Bellay
et Michel Simon

 

Tous deux chanoines de la collégiale Saint-Georges du château de Vendôme, ils sont considérés comme les tout premiers historiens de notre histoire locale. Historiens d’autant plus crédibles qu’ils avaient encore, en leur possession, les archives originelles du chapitre qui furent, hélas, brûlées à la Révolution et d’autant plus enclins à les consigner que l’exode des chanoines provoqué par cette maudite peste concernait avant tout l’histoire de leur propre église.

 

Du Bellay, dit le «chanoine du Bellay», né vers 1600 et mort à Vendôme en 1676, entra à la collégiale Saint-Georges après 1634, succédant à son frère François dans la dignité de chantre, fonction dans laquelle on le retrouve en 1661. C’est sans doute après cette date qu’il écrivit son fameux «Kalendrier historique et chronologique (1)». Resté à l’état de manuscrit, Charles du Bellay y indique, pour la première fois, cette terrible épidémie de 1516 et qui reprit vigueur en 1519, insistant sur le fait que les chanoines d’alors, bien qu’ayant quitté la ville de Vendôme pour le village de Rocé, devaient impérativement continuer leurs offices s’ils voulaient être rétribués : «…Dans les années 1516 et 1519 la peste survint en cette ville pendant laquelle plusieurs bénéficiers jugèrent à propos de se retirer du danger, ce qui leur fut permis par le chapitre à charge de dire les messes qu’ils devaient dans les lieux où ils se rencontreraient, et même à condition que s’il s’en trouvait en quelque village comme à Rossay (Rocé) un nombre suffisant, ils chanteraient l’office canonial, moyennant quoi, ils gagneraient leurs distributions».

Michel Simon, dit l’abbé Simon, naquit à Vendôme le 17 mars 1712 et mourut le 7 mars 1781 en sa maison de la rue (aujourd’hui impasse) Saint-Pierre-la-Motte (maison en colombages, face à la chapelle). Curé de Saint-Rimay en 1743, il fut nommé chanoine de Saint-Georges neuf ans plus tard (1752) où nous le retrouvons secrétaire. Puis, il fut gratifié de plusieurs bénéfices, en l’église de Sepmes (aujourd’hui en Indre-et-Loire) ou encore en l’église de Saint-Denis de Doué (diocèse d’Angers). Bénéfices, qui unis à sa prébende de la collégiale, allaient lui permettre de poursuivre ses travaux historiques comme son «histoire de Vendôme et de ses environs» écrite entre 1768 et 1781. Le manuscrit confié à Maître Bonneau, avocat à Vendôme, pour des raisons qui nous échappent, ne sera édité qu’en 1834 et 1835, en trois volumineux volumes. Ainsi, dans le premier tome, l’abbé Simon écrivait : «…Du temps de Charles de Bourbon, en 1516 et 1519, la ville de Vendôme et ensuite la province du Vendômois furent affligés du fléau de la peste… »

 

Un contexte local des plus prospères

 

1516…Le comté de Vendôme, par la seule volonté de François 1er, venait d’être promu duché-pairie, un an auparavant, pour services rendus au royaume de France. L’heureux comte qui devenait duc n’était autre que Charles (1495-1537), fils aîné de François de Bourbon et de Marie de Luxembourg ; époux, en 1513, de Françoise d’Alençon, elle lui donnera treize enfants. Fidèle inconditionnel du roi, Charles de Bourbon était le plus souvent hors de sa seigneurie régie, pendant ses absences, avec intelligence, humilité et grande piété, par sa mère.

 

En ce début du XVIe siècle, la ville, en effet, prospérait. Les industries du cuir, tanneries, mégisseries et ganteries, sous l’impulsion de Marie de Luxembourg, se développaient considérablement et allaient étendre sa renommée jusqu’à la Cour royale. Alors que l’immense chantier de l’abbaye de la Trinité venait tout juste de se terminer, la construction de la nouvelle nef gothique de l’église Saint-Martin se poursuivait. Mais suite à de fâcheux relâchements et autres nombreux abus perpétrés au sein même de son église, le chapitre Saint-Georges était également profondément réformé et de nouveaux statuts furent élaborés par la comtesse Marie de Luxembourg, quand soudain…

 

Quand soudain, l’épidémie s’abattit sur la ville…

 

Et l’abbé Simon de reprendre : «…du fléau de la peste qui emporta la plus grande partie des habitants de la ville et de la campagne…».

 

Puis, en fin rapporteur des archives à jamais disparues, il constate : «…Sur quoi je pense qu’il est à propos d’observer que les rues de la ville qui vont du midi au nord deviennent presqu’entièrement désertes, et que les autres rues qui vont du levant au couchant n’éprouvèrent pas, à beaucoup près, de si grands ravages. Le faubourg Saint-Georges (auj. Saint-Lubin), dont la rue peut être regardée comme le méridien de Vendôme, fut tout à fait désolé ; à peine s’y trouve-t-il une personne exempte de la maladie épidémique, tandis que la rue Ferme, qui est le chemin couvert du château, et le faubourg Saint-Bienheuré, qui vont du levant au couchant, et qui ont du côté du midi, la montagne et le château qui y est bâti, ne ressentirent aucunement les effets de la contagion, parce qu’ils ne respiraient, pour ainsi dire d’autre air que celui du nord…»

 

Avant d’enchaîner : «…Cela ne guérit pas de la peur de quelques bénéficiers (titulaires d’une chapelle qui en recevaient les revenus ou bénéfices) qui habitaient la rue Ferme qu’on peut regarder comme le cloître des chanoines, et il leur fut permis, par le chapitre, de se retirer à la campagne, à condition que, s’ils se trouvaient plusieurs dans un même bourg, ils feraient l’office canonial dans l’église paroissiale du lieu, moyennant quoi ils auraient part aux distributions comme présents. Ils choisirent le village de Rocé, dont le chapitre est seigneur…». Là, de toute évidence, l’abbé Simon rejoignait le manuscrit de Charles du Bellay.
Si les chanoines se retirèrent en 1516 à Rocé, c’est bien parce que le chapitre de Saint-Georges possédait là un immense domaine appelé plus exactement : la Cour(t) de Rocé dont l’important manoir était précisément situé devant l’église, «une rue entre deux», qui leur appartenait également et où ils étaient tenus d’officier durant leur séjour. Selon un aveu de 1546, cette Court comprenait de très nombreuses métairies et autres fiefs d’une grande richesse. Les chanoines y reviendront, malgré eux, en 1519 et 1530, pour la même cause.
«…Mais bientôt la contagion s’y répandit, parce que ce bourg est en pleine campagne et exposé aux ardeurs du midi. Ils se rendirent dans la petite ville de Lavardin, qui a au midi un château bâti sur une haute montagne, et qui ne respire que l’air du nord. Ils s’y trouvèrent en sûreté et n’y ressentir aucun effet de la peste…». Si ce repli sur Lavardin est souvent mentionné, curieusement aucun document, localement, ne décrit ce second séjour forcé des chanoines, alors que l’ancienne abbaye de Saint-Martin-des-Bois, toute proche, étroitement liée, dès le XIe siècle, à la collégiale Saint-Georges, eût été, de loin, le lieu le plus privilégié pour les accueillir ; mais là encore, rien ne l’indique.

 

Autre constat : «…Plusieurs personnes de la ville de Vendôme demandèrent à venir demeurer dans leur rue Ferme, où l’air était plus salubre ; mais on voit par des actes capitulaires qu’on ne jugea pas à propos de leur permettre d’habiter les maisons canoniales qui étaient vacantes, parce qu’on craignait que ces nouveaux habitants n’y apportassent la contagion…». En vérité, une décision déjà bien peu chrétienne qui peut rappeler certains événements très contemporains.

 

Un appel au saint martyr

 

Aussi, en homme d’église, l’abbé Simon, suivant sa croyance, allait-il, volontiers, s’en rapporter au saint guérisseur :
«…Comme le faubourg de Saint-Georges se trouva le plus affligé, on résolut de faire un vœu à saint Sébastien, dont l’église collégiale de Saint-Georges possède les reliques. Ce qui restait d’habitants dans cette paroisse fit processionnellement le tour de la ville, pieds nus et en chemise, avec un cierge à la main ; on porta une torche de cire jaune, comme pour faire une amende honorable et une bougie roulée en cylindre aussi longue que le tour de la paroisse qu’on appelle enceinte (?), et qui devait brûler, jusqu’à la fin, devant la relique du saint martyr. Les autres paroisses de la ville et de la campagne suivirent cet exemple, firent le même vœu ; et tous les ans, le jour de la fête de la Saint-Sébastien (20 janvier), se fait en chaque paroisse une procession solennelle où des pénitents, revêtus d’aubes et pieds nus, vont implorant la miséricorde de Dieu, malgré les neiges et le froid rigoureux que l’on éprouve dans le mois de janvier, et assistent ainsi à la grande messe à laquelle ils font leurs dévotions…». Le fléau cessa fin 1519 et tout début 1520, peut-être, justement, à cause du grand froid.
Et de conclure : «…Le vœu s’accomplit encore aujourd’hui (1768/1781) ; le nombre des pénitents n’est pas si grand, mais la dévotion n’est pas diminuée, et il n’y à point de paroisse dans le Vendômois où il n’y ait une chapelle et une confrérie sous l’invocation de saint Sébastien (2)».
Durant cette sombre période, hormis le chapitre de Saint-Georges, il y eut également les juges du bailliage de la ville qui se réfugièrent à Thoré où ils continuèrent à donner leurs audiences ; mais là, encore, nous n’avons guère de renseignements. Seul, un jugement de ce bailliage, rendu à Thoré le 31 octobre 1519(3), prouve que la peste était encore bien présente à cette date.

 

Note 1 : Kalendrier historique et chronologique de l’Eglise collégiale de St Georges de Vendôme, ouvrage dédié à MM les vénérables doyens, chanoines, et chapitre de l’Eglise St-Georges. Manuscrit n° 328 déposé à la bibliothèque municipale de Vendôme ; manuscrit n° 54, à la bibliothèque de Blois ; et une copie déposée à la Société archéologique du Vendômois, recopiée vers 1912.
Note 2 : Outre l’abbaye de la Trinité et la Madeleine à Vendôme, saint Sébastien se retrouve encore aujourd’hui, en Vendômois, notamment dans l’église Saint-Pierre d’Azé (vitrail), l’église Notre-Dame de Boisseleau – Droué (statue), l’église Saint-Aignan de Lignières (statue), l’église Saint-Pierre de Longpré (peintures murales), l’église de Saint-Martin-des-Bois (tableau), église Saint-Martin de Lunay, etc…Concernant l’ancienne collégiale Saint-Georges, les reliques de saint Sébastien seront, quant à elles, soustraites au chapitre, le 19 mai 1562, par la duchesse Jeanne d’Albret.
Note 3 : Le 31 octobre 1519, le Bailliage siégeait encore à Thoré(-la-Rochette), à cause de la peste qui sévissait toujours à Vendôme ; inventaire des titres de la Maison de l’Oratoire de Vendôme, manuscrit n° 285, p. 308 (50e sac, cotte 482), Fonds ancien de la bibliothèque de Vendôme, intitulé : Jugement du Bailliage de Vendôme séant à Thoré à cause de la peste qui était sur la ville de Vendôme.

 

Références bibliographiques :
Chanoine du Bellay, Calendrier historique… voir note 1.
Abbé Simon, Histoire de Vendôme et de ses environs, t. I, Vendôme 1834.
Recherches et étude personnelles, dossiers maladies épidémiques.

 

Iconographie :
Collégiale Saint-Georges, cour intérieure du château, dessin de G. Dupuis (coll. BM Vendôme), Jean-Claude Pasquier, Le château de Vendôme, Cherche-Lune, Vendôme 2012.
Statue de saint Sébastien, église de Lunay, J.C Pasquier, op. cit.


Dépistage Covid

L’ARS Centre-Val de Loire organise avec le soutien de la préfecture de Loir-et-Cher ainsi que de la ville de Vendôme et le laboratoire l’ABO+, deux journées de dépistage gratuit.

 

Les 2 journées de dépistages auront lieu au Marché couvert de Vendôme – place du marché :
– Mercredi 26 août de 7h30 à 16h00
– Jeudi 27 août de 11h00 à 19h00

 

Cette opération vise à renforcer la connaissance du niveau de circulation du virus sur le département. Elle permettra, en cas de découverte d’un résultat positif, de déclencher la recherche d’éventuelles personnes contacts, de les alerter afin de mieux les protéger et ainsi casser les chaînes de transmission du virus.

 

L’ARS Centre-Val de Loire et la préfecture de Loir-et-Cher encouragent fortement la population à participer à ce dépistage gratuit qui est ouvert à toute personne à partir de 11 ans. Il s’agit de contribuer à l’effort collectif pour contenir la propagation du virus au sein de notre région.

 

Les personnes qui viennent se faire tester doivent se munir de leur carte vitale (ou d’une attestation de la sécurité sociale) ou le cas échéant de leur pièce d’identité.

 

Un masque est également nécessaire et devra être obligatoirement porté.

 

Le dépistage consiste en un test virologique RT-PCR (prélèvement par voie nasale) qui permet de déterminer si la personne est porteuse du virus au moment du prélèvement. Le dépistage ne
prend que 5 minutes. Les résultats seront communiqués sous 48 h.

 

Cette campagne qui permet une accessibilité large aux tests est complémentaire des dispositifs de dépistage existants. Il est ainsi toujours possible de se faire dépister dans les laboratoires d’analyse médicale et points de prélèvements mentionnés sur le site sante.fr.

 

 


Disquaire Day, un 10e anniversaire décalé mais à répétition

Habituellement organisé en avril, le Disquaire Day a été reporté en juin, Covid-19 oblige ! C’est donc le 20 juin, que l’événement dédié aux disquaires indépendants s’est tenu à La Fabrique du Docteur Faton sous la houlette de Figures libres.

 

Né aux Etats-Unis en 2008 sous le nom Record Store Day, le Disquaire Day a trouvé ses marques en France dès 2011, sous l’impulsion du CALIF (Club Action des Labels et des Disquaires Indépendants Français).

 

Pour cette 10e édition, le Disquaire Day se déroule en fait au fil de quatre journées : outre le 20 juin (consacrée à la sortie des productions françaises), mais aussi le 29 août, le 26 septembre et le 24 octobre (pour la sortie des productions internationales).

 

Organisatrice des Rockomotives, Figures Libres, association adhérente au réseau de la Fraca-Ma, et devenue Figures Libres Records, un label discographique, a organisé un véritable focus sur des pépites discographiques originales et locales dont le vinyle No Vacancy du groupe tourangeau Stuffed Foxes, le vinyle du ciné-concert Dark Star produit par le duo Vendômois Ropoporose et le vinyle Malsamaj de Geysir, un autre duo originaire du Loir-et-Cher.

 

Le 29 août, 26 septembre, 24 octobre, Vendôme,
à la Fabrique du Docteur Faton, 34 Rue du Dr Faton.


Au Triangle, l’avenir rayonne

Installé principalement sur les sites de Saint-Hilaire-la-Gravelle et de Morée, le groupe Triangle, constructeur et installateur de bâtiments, agricoles ou non, équipés de photovoltaïques, est non seulement l’employeur le plus important du secteur mais aussi et surtout une entreprise en constante innovation.

 

Dans un contexte industriel et économique anxiogène, rencontre avec Gilles Deshayes, un entrepreneur qui croit en des lendemains ensoleillés.

 

LPV. Le trouble économique actuel conduit certains investisseurs à remettre en cause les enjeux écologiques. Qu’en est-il au Triangle ?
Gilles Deshayes. «Je pense l’inverse ! Le développement du solaire est une véritable chance pour l’avenir. Une chance pour l’Europe mais aussi pour les pays en voie de développement. Les progrès techniques incessants nous permettent de considérer une production d’énergie en constante progression pour les années à venir. Une énergie propre, renouvelable, permettant d’équiper des sites jusqu’alors inemployés. De quoi faire de l’écologie un véritable axe de développement.»

 

LPV. Aujourd’hui, l’emploi est de nouveau sur la sellette et les pronostics sont pessimistes pour les mois à venir. Qu’en est-il ici ?
Gilles Deshayes. «L’humain est au cœur du développement de chaque entreprise et c’est évidemment le cas chez nous. Chacun doit être conscient de l’importance qu’il a dans la chaîne de production et de résultat. Ce n’est pas l’Humain contre la Technologie mais bien une symbiose qui permet de conduire des projets qui nous dépassent.»

 

LPV. Quel est le projet en cours de réflexion ?
Gilles Deshayes. «Nous devons développer notre site de production, principalement pour les ombrières (installées sur les parkings, entre autres de grandes surfaces). Pour ce faire, nous allons créer un atelier de soudure charpente, qui pourrait réaliser aussi de la sous traitance pour de grands groupes. S’y associera une unité de profilage, notamment pour les champs solaires. Il s’agit, dans un premier temps, de créer un bâtiment de près de 11.000 m² et 50 premières embauches. La suite du développement se fera, le cas échéant, jusqu’en 2026.»

 

De belles perspectives pour un groupe né de l’inventivité de ses créateurs autour de l’aliment puis du bâtiment d’élevage.


La Ville-aux-Clercs retrouve son clocher

Déposé il y a un an et demi, le clocher avait quitté le pied de l’église au début du confinement pour une véritable cure de Jouvence.

 

Le voici désormais revenu en ses terres d’élection, en un seul morceau et avec une charpente entièrement reprise. «Après le solivage, c’est la partie zinguerie qui sera effectuée par l’entreprise Battais. Les deux tiers de la couverture seront réalisés au sol. Le reste sera effectué après la jonction entre le dôme et le campanile.» explique le nouveau maire, Bruno Dupré, également président de la commission patrimoine chargée de ce lourd projet.

 

La prochaine phase du chantier sera consacrée à la mise en œuvre de l’échafaudage, la restauration du dôme, la maçonnerie de réception du campanile, le grutage et la réalisation des finitions. Un coût prévisionnel de 320.000 € qui mènera l’ensemble du chantier à 520.000 €.

 

L’accompagnement financier inespéré du Loto du Patrimoine en sus du soutien de la Fondation du Patrimoine grâce à l’appel à mécénat très suivi a permis de rendre cette opération possible.

 

Néanmoins, insistant sur la visibilité emblématique de cette porte d’entrée dans le Perche, les membres de la commission dédiée comptent s’appuyer sur le mécénat d’entreprises et le sponsoring pour contribuer largement au financement de cette dernière partie. Pour autant, le grand public ne sera pas non plus oublié car une grande fête sera organisée, si les conditions sanitaires le permettent, pour la fête patronale, la Saint-Barthélemy, fin août.

 

La commission est composée de : au sein du conseil municipal, Bruno Dupré, Christine Coulais, Séverine Lemarié, Denis Merle, Olivier Glorieux, David Pasquier et de la société civile, Isabelle Maincion, Jacques Brillard, Michèle Dahuron, Pierre Bluet et Bernard Vigot ainsi que du délégué de la Fondation du Patrimoine, Alain Peral.

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