Éditos

Aspirateur de données

Fin mai, l’éditeur du Wall Street Journal, New Corp, qui détient, entre autres, le New York Post, The Sun et The Times vient de signer avec la société OpenAI, créatrice de ChatGPT, un droit d’exploiter l’ensemble de ses articles. Un accord de plus de 250 millions de dollars sur cinq années qui donne droit à l’entreprise spécialisée dans l’Intelligence Artificielle (IA), d’exploiter du contenu provenant de ces médias même si l’accord conclu établit que les articles ne seront pas accessibles immédiatement sur ChatGPT, préservant ainsi les abonnements payants numériques. On savait déjà que le célèbre journal britannique The Financial Times ou le quotidien espagnol El Pais étaient parvenus eux aussi à des alliances avec l’entreprise américaine.

Les machines n’ont pas leur propre réflexion et c’est tant mieux pour nous. Cela les rend dépourvues d’opinions et de capacités à raisonner. Pour transformer ces boîtes vides en des supports puissants, il leur faut emmagasiner un grand nombre d’algorithmes, ces suites d’opérations permettant de résoudre un problème, et surtout d’une acquisition de données impressionnantes dans des centres informatiques géants. A partir d’une multitude de sources donc, l’ensemble de ces données pertinentes dans tous les domaines aide l’IA à traiter les détails et produire des résultats de plus en plus élaborés.

Que ce soit Meta ou OpenAI, ces géants de l’IA sont en recherche permanente de bibliothèques de données et d’informations fiables pour nourrir la machine. Ainsi, l’arrivée de l’IA sur le moteur de recherches Google, d’abord en essai aux Etats-Unis, inquiète tous les acteurs. La crainte des éditeurs est bien de perdre des internautes parce que le moteur répondra par des paragraphes directement rédigés par l’assistant IA. Ainsi, d’un moteur de recherche, Google deviendra demain un moteur de réponses prenant la place des liens vers les sites Web ce qui justifie effectivement les négociations pécuniaires des médias avec les acteurs de l’IA pour l’utilisation de leurs contenus. Même si Google promet de continuer à envoyer du trafic aux éditeurs et créateurs d’articles, l’IA fera baisser inévitablement les recherches et les clics.

L’Intelligence Artificielle est bien partie pour transformer notre monde, passant en quelques années de la fiction à la réalité. Outre les médias qui, pour leur contenu, sont dorénavant rémunérés, aujourd’hui, l’IA est présente partout que ce soit dans nos téléphones avec la reconnaissance vocale et visuelle, nos voitures sans conducteur prochainement, la santé avec la médecine du futur comme les prothèses intelligentes. L’IA nous aide à résoudre certains des problèmes les plus complexes, automatise les tâches répétitives et aura très vite, si cela n‘est pas déjà le cas, un impact important sur un grand nombre d’aspects de notre vie, du moment que les données sur lesquelles elle est formée soient les plus correctes et non biaisées. Mais demain, serons-nous capables de fonctionner sans cette aide technologique ?

 

Alexandre Fleury

Il est partout ! Assemblées générales, événements sportifs et culturels, reportages, interviews, portraits… à lui seul, il rédige la moitié des articles du journal. C’est la figure tutélaire de la rédaction et il répond toujours avec le sourire aux très nombreuses sollicitations. Une valeur sûre, qui écume le Vendômois par monts et par vaux et connaît le territoire par cœur.

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