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Edito de janvier 2019 : Mourir en silence

Edito de janvier 2019 : Mourir en silence

Entrée en vigueur le 18 décembre après l’accord de Suède, les combats ont quasiment cessé au Yémen entre les Houthistes, le Hezbollah local et le gouvernement légal soutenu par l’Arabie Saoudite. Une guerre qui engage, dans une vaste entreprise dominatrice sur le théâtre syro-irakien, le régime irano-chiite de Téhéran et les monarchies sunnites du golfe Arabo-Persique.

 

Comme beaucoup de conflits au Moyen-Orient vus de l’Europe, il est malheureux de signaler qu’il ne s’agit pas d’une guerre oubliée mais plutôt d’une guerre qui ennuie. Combien de temps encore devra durer cette cruelle absurdité ? Amnesty international pointe depuis plus de trois ans les atteintes aux droits humains et les crimes de guerre qui sont perpétrés dans l’ensemble du pays par les deux camps avec des conséquences dramatiques. Selon l’ONU, entre 2015 et 2018, 7.700 civils ont été tués et 40.000 blessés même si les chiffres réels sont probablement beaucoup plus élevés. Car, au-delà de ces morts et blessés, le Yémen subit la pire crise humanitaire du monde. En effet, 22 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire, soit trois habitants sur quatre et notamment pour l’eau potable qui manque cruellement. Des photos ont été publiées montrant les enfants qui meurent, chaque jour, de malnutrition et de la persistance de la vague de choléra touche le pays depuis 2016. Les premières victimes sont donc des civils pris au piège.

 

Les belligérants, que ce soit la coalition ou les rebelles, ont commis des crimes de guerre, personne n’est tout blanc ni tout noir, aucun jugement. La guerre actuelle est issue, au départ, d’un conflit tribal et confessionnel interne au Yémen, jeune pays créé en 1990. Désormais, l’enjeu est régional et implique deux puissances voisines, l’Arabie Saoudite et l’Iran, le Yémen servant de champ de bataille. Sa population sombre dans la violence, la faim et les maladies. D’ailleurs, ce conflit suscite cependant un embarras croissant dans les capitales des pays occidentaux. Certains, comme la France ou les États-Unis, fournissent des armes au royaume saoudien. Le meurtre du journaliste opposé au régime de l’Arabie Saoudite, Jamal Khashoggi, dans le consulat saoudien d’Istanbul a ouvert la voie à une recrudescence de critiques contre l’intervention saoudienne au Yémen.

 

En effet, des armes «made in France» servent justement à viser les civils au Yémen même si notre Ministre de la Défense, Florence Parly, a récemment affirmé qu’à sa «connaissance, les armes qui ont été vendues récemment ne sont pas utilisées contre les populations civiles». Sauf que, d’après un document publié en juillet dernier sur le site du ministère des Armées, la France en 2017 a livré pour 1.38 milliards d’euros d’armements à l’Arabie saoudite contre 643,7 millions en 2014, 899.8 millions en 2015, 1.086 milliards en 2016. Mais, la Ministre de répliquer que «l’Arabie utilise les armes que nous lui avons fournies pour se défendre». Seulement, aucune commission d’enquête parlementaire n’est en cours actuellement, ce sujet restant opaque et sans réponse. Le respect des obligations internationales de la France est loin d’être une certitude acquise. Pour l’heure, l’Arabie saoudite reste invitée aux différents forums sur la paix, l’écroulement du pays le plus pauvre du monde arabe, le Yémen, n’a effectivement pas la moindre importance.


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