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Edito de Janvier 2018 : Vaccins : le débat fait rage…

Edito de Janvier 2018 : Vaccins : le débat fait rage…

En juillet, Edouard Philippe, le Premier ministre, annonçait dans sa déclaration de politique générale que, de trois vaccins obligatoires, nous passerions à onze dès le début de 2018 pour les nouveau-nés de cette année. Ces huit nouveaux vaccins ne sont pas totalement inconnus. Huit français sur dix optaient déjà pour ces vaccinations, alors simplement recommandées, sans caractère obligatoire. Une politique vaccinale qui, dans les faits, est donc déjà plébiscitée par les Français. Aujourd’hui, tous les enfants nés à partir du 1er janvier devront recevoir ces onze vaccins. Sans cette vaccination, ils ne pourront pas être inscrits en crèche ou même à l’école.

 

Beaucoup critiquent cette mesure qui a glissé de la recommandation à l’obligation. Pourtant, deux Français sur trois estiment que les bénéfices des vaccins sont supérieurs aux risques encourus. Si certains d’entre eux considèrent que cette réforme sert avant tout l’industrie pharmaceutique, une affaire de gros sous entre l’Etat et les laboratoires, d’autres pointent que le nombre d’injections est trop important (10 sur les deux premières années de l’enfant). Les craintes suscitées par les vaccins concernant les adjuvants à base d’aluminium sont aussi les plus vives. Même si la dose par vaccin reste bien moindre que la limite d’ingestion fixée par les normes internationales de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les réseaux sociaux ont servi également de défouloir, nouveau pouvoir d’influence que nous ne pouvons ignorer. L’idée de progrès a de moins en moins bonne presse, même si en matière de science, toutes les opinions finalement ne se valent pas.

 

La confrontation entre la sécurité collective et les libertés individuelles est une problématique constante en santé publique. Mais les vaccinations, en protégeant l’individu, préservent également la collectivité, c’est indéniable, sans équivoque. Pour la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, la couverture vaccinale est aujourd’hui devenue trop basse en France. En 2012, la rougeole a notamment fait son retour, avec le décès avéré d’une adolescente à Marseille. Rappelons qu’au début du XIXe siècle, la mortalité infantile due aux maladies infectieuses était de 300 cas pour 1000 naissances. Alors, même si la France, pays de Pasteur ou de Calmette et Guérin, les pères du BCG, reste l’un des pays où la méfiance est la plus forte, le scepticisme, lui, demeure contagieux. N’est-ce pas finalement une réflexion de pays riche ? Certains Africains souhaiteraient, eux, se voir vaccinés.

 

Bien sûr, rien n’est parfait, certains médecins craignent un réflexe de rejet de l’obligation et auraient préféré son abandon. Mais l’Ordre des médecins sera sans pitié, avec dernièrement la radiation d’un praticien qui n’avait pas administré à un enfant les vaccins obligatoires et qui avait même noté des mentions mensongères sur son carnet de santé. Une bonne couverture vaccinale fait disparaître les maladies… une mauvaise favorise leur résurgence.

 

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