Éditos

La fée vertueuse du numérique

Plus des 3⁄4 des Déchets Électroniques Électriques et Informatiques (DEEI) produits sur la planète ne sont pas recyclés en 2022. Le 20 mars, l’ONU, dans un rapport, s’inquiétait d’une augmentation des rebuts qui s’accumuleraient cinq fois plus vite que la quantité réutilisée. Cette explosion des déchets n’est pas nouvelle, mais son côté exponentiel suscite l’angoisse, le chiffre record de 62 millions de tonnes serait en hausse de 82% par rapport à 2010 et dépasserait les 80 millions d’ici à 2030. Chaque personne génèrerait annuellement en moyenne 7,8 kg de DEEI avec des disparités énormes selon les continents, un Européen en produirait sept fois plus qu’un Africain par exemple.

De la fabrication à la destruction, notre téléphone portable, cigarette électronique ou vélo électrique engendre des incidences et impacts tout au long de son cycle de vie comme les émissions de gaz à effet de serre, l’épuisement des ressources par une extraction sans cadre synonyme de travail forcé et de droits bafoués, la pollution due à l’accumulation des déchets… En effet, suivant l’association France Nature Environnement, connaître l’impact de nos équipements numériques et électriques nous permettrait de mieux les éviter. En Europe, 40% de ces déchets sont recyclés dans des filières organisées pour seulement 1% en Afrique qui reste tout de même la destination finale de beaucoup d’entre eux, dans des décharges à ciel ouvert où des enfants récupèrent les métaux précieux sans aucune protection.

Même dans les filières légales de recyclage en Europe, on peut être confronté à une méthode de fabrication qui rend parfois impossible de récupérer les matières premières, ce qui pourtant permettrait leur réutilisation. La responsabilité des industriels est donc en jeu avec une conception bien plus responsable si elle aboutissait à une écoconstruction obligatoire. C’est-à-dire en intégrant les aspects environnementaux dans la réalisation et le développement de produit avec l’objectif clair, vérifié et contrôlé de réduction réelle des impacts environnementaux négatifs tout au long de la vie du produit consommé. Une obligation supplémentaire, me direz-vous,, mais celle-ci serait naturellement salutaire…

S’assurer aussi par exemple du respect de l’interdiction de l’obsolescence programmée, ce phénomène qui vise à volontairement réduire la durée d’usage qui nous pousse à renouveler nos produits, mais aussi développer au plus vite la possibilité de réparer ces objets plus facilement. Le gouvernement d’Emmanuel Macron a bien mis en place une prime à la réparation, mais encore faut-il qu’il soit réparable. France Nature Environnement préconise de consommer responsable également, moins d’équipements électroniques et passer à la location plutôt que d’acheter. Et puis peut-être aussi peut-on penser tout simplement à offrir une seconde vie à tous ces équipements à l’instar du vêtement vintage.

Le paradoxe, c’est que nos modes de vie ultra-connectés sont toujours plus gloutons d’objets et que l’on nous vend de plus en plus des solutions pour moins polluer la planète, le vélo ou la voiture électrique, les panneaux photovoltaïques ou les pompes à chaleur, tous saturés d’électronique. On accusait aussi, il y a encore quelque temps les journaux qui participaient à la déforestation, que l’information qui passe par des datas center était bien plus vertueuse, mais ça fait bien longtemps, plus de 25 ans, que votre journal, Le Petit Vendômois, est imprimé sur du papier 100% recyclé. Comme disait Coluche, « J’me marre »…

Alexandre Fleury

Il est partout ! Assemblées générales, événements sportifs et culturels, reportages, interviews, portraits… à lui seul, il rédige la moitié des articles du journal. C’est la figure tutélaire de la rédaction et il répond toujours avec le sourire aux très nombreuses sollicitations. Une valeur sûre, qui écume le Vendômois par monts et par vaux et connaît le territoire par cœur.

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