Éditos

Opération Wuambushu pour le 101e

Les sujets actuellement pour un édito ne manquent pas, que ce soit au niveau national comme international : le rejet de la nouvelle réforme des retraites validée grâce à l’utilisation à nouveau de l’article 49.3 de notre Constitution, la guerre aux portes de l’Europe menée par le despote Poutine, la situation préoccupante du manque d’eau pour régénérer les nappes phréatiques, …

Dans le 101e département français, à Mayotte, la conjoncture est également critique. Tous les chiffres de la délinquance sont alarmants, les Mahorais déplorent de nombreux homicides commis par ces bandes de jeunes violents qui font régner une insécurité aiguë dans l’île située dans l’archipel des Comores. Le Ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a promis une « action spectaculaire » de destruction des bidonvilles et d’expulsion de leurs locataires en situation irrégulière. Il déclare lors d’une interview qu’une démocratie non contrôlée mène à la ruine des services publics et c’est là le nœud du problème, une immigration galopante dans l’archipel qui entraîne obligatoirement la pauvreté.

Dénommée Wuambushu, l’opération, très attendue par les élus du département, qui devait être secrète, mais, a été révélée en février par le Canard Enchaîné, n’est plus vraiment une surprise. Avec un déploiement assez spectaculaire des forces de l’Ordre comme la CR 8, unité spécialisée dans les violences urbaines, brigade créée à l’été 2021, cette action est une expulsion massive des personnes étrangères, principalement Comoriennes en situation irrégulière, avec l’idée de passer de 80 interpellations d’étrangers par jour à 280 expulsés ramenés par voie maritime vers les îles voisines.

Mais, la présidence de l’archipel voisin dénonce cet acte, citant même que les Comoriens étaient chez eux, à Mayotte, fustigeant ce projet d’inhumain. L’accord de l’État comorien reste effectivement indispensable pour débarquer sur ses côtes près de 20 000 personnes en deux mois d’intervention. En effet, les premiers jours de l’opération ne se sont pas déroulés comme les autorités françaises l’avaient prévu avec une décision de justice qui suspend les premières démolitions et un blocage des ports aux bateaux transportant les expulsés.

Cependant, la volonté du Ministre de l’Intérieur reste pourtant inflexible malgré la tâche immense qui l’attend dans ce département le plus pauvre de France où près de 80% de la population vit en situation de pauvreté. Avec la moitié des 310 000 résidents recensés sur l’île qui vivent dans les bidonvilles avec un grand nombre d’enfants, de nombreuses associations, dont la Ligue des Droits de l’Homme tirent la sonnette d’alarme, jugeant que la France place ainsi des mineurs dans des situations de vulnérabilité et de danger intolérables. Certains Mahorais restent tout de même perplexes quant aux résultats, car que se passera-t-il une fois que tout ce monde retournera en métropole ? Car ces embarcations qui transportent très facilement d’une île à une autre les migrants reviendront rapidement. Il me semble que la France reste responsable de cette situation, d’avoir cru que Mayotte était un département comme la Corrèze ou le Loir-et-Cher et de ne pas en avoir fait une véritable zone franche avec une législation propre pour son développement.

Alexandre Fleury

Il est partout ! Assemblées générales, événements sportifs et culturels, reportages, interviews, portraits… à lui seul, il rédige la moitié des articles du journal. C’est la figure tutélaire de la rédaction et il répond toujours avec le sourire aux très nombreuses sollicitations. Une valeur sûre, qui écume le Vendômois par monts et par vaux et connaît le territoire par cœur.

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