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Aux Poilus de Montoire

Aux Poilus de Montoire

A l’occasion des commémorations du 11 novembre, un confrère nous raconte l’histoire tragique et poignante de deux Poilus, deux frères, ses deux grands-oncles, morts pour la patrie, avec en exergue la citation de Malraux : « Que la victoire demeure avec ceux qui auront fait la guerre sans l’aimer. »

 

Morts pour la France, selon la formule consacrée, à six mois d’intervalle. L’un avait 22 ans, l’autre 21. Amédée Lucas était charron, Emile charpentier. Ils œuvraient tous les deux à Montoire. Emile Lucas, classe 1912, recrutement de Blois, fut incorporé au célèbre 9e régiment de Zouaves de marche, nouvellement créé. Sitôt engagé, sitôt engagé sur le front, à Carlepont, dans l’Oise. Au premier soir de sa confrontation avec l’ennemi, il est déjà « porté disparu au combat ». Par jugement du tribunal de Vendôme, rendu le 17 mars 1923, il est déclaré « mort pour la France ».

 

11 novembre ; commémorations
« Tué à l’ennemi »

Amédée Lucas (classe 1913, recrutement de Blois), cadet d’Emile, fut affecté au 66e régiment d’Infanterie, qui existait depuis 1672. Au début de 1941, le régiment est en garnison à Tours avant de recevoir l’ordre de rejoindre Nancy. C’est au cours de la bataille dite du « Grand Couronné », que le soldat Amédée Lucas est blessé le 25 août 1915, à Veldock, en Belgique. Après guérison et amputation, il sera « tué à l’ennemi » d’une balle dans la tête durant la bataille de Flandre, le 18 mars 1915 à Veldock en Belgique

 

« Adopté par la nation »

Je n’ai donc jamais connu ces deux grands-oncles, frères de Mathilde Lucas, ma grand-mère maternelle, née à Montoire en 1896. De ces deux aïeuls, je ne connaissais que leurs portraits en tenue militaire que ma grand-mère avait accrochés dans sa chambre. Et je n’ai pas connu non plus mon grand-père paternel, décédé en février 1919 dans un hospice suite à des blessures de guerre. Mon père, alors âgé de 4 ans, fut « adopté par la nation » comme on disait pudiquement des orphelins de guerre, pupilles de l’Etat.

 

Aujourd’hui, on l’appelle toujours la Grande Guerre, mais ce fut d’abord une vorace faucheuse qui laissa des milliers de familles sans père, sans fils ou sans frère…

 

Par Jean-Pierre Bechtold

 

 

11 novembre ; commémorationsJean-Pierre Bechtold est journaliste honoraire, c’est ainsi qu’on appelle dans la profession un confrère en retraite. A ce titre, il est toujours titulaire d’une carte de presse. Il a officié auprès de la presse agricole avant d’intégrer Jeune Afrique, le prestigieux magazine panafricain. Editorialiste de talent, il a traversé toutes les zones d’ombre de la période du génocide rwandais qu’il avait alors dénoncé avec force et courage malgré les oppositions des pouvoirs de l’époque. Posé à Montoire, après s’être investi quelque temps au sein du conseil municipal, il profite aujourd’hui d’une retraite bien méritée, non sans garder quelque réflexes journalistiques qui l’on conduit à nous livrer ce texte qui le touche personnellement mais qui se révèlera comme une porte de souvenirs à celles et ceux qui ont perdu un être cher à l’occasion de la Première Guerre mondiale. Les cérémonies du 11-Novembre viendront rappeler à tous l’engagement et l’abnégation de ces jeunes hommes qui ont contribué à notre liberté chérie d’aujourd’hui.

 

JMV


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