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LES HEURS ET MALHEURS DE LA STATUE DU MARÉCHAL DE ROCHAMBEAU. (suite)

LES HEURS ET MALHEURS DE LA STATUE DU MARÉCHAL DE ROCHAMBEAU. (suite)

1942, 1944 : les années difficiles
Au grand désespoir des Vendômois, le mardi après-midi 27 janvier 1942, la statue fut déposée sur ordre de l’occupant nazi au titre de la récupération des métaux non ferreux pour alimenter leur effort de guerre. L’opération fut réalisée par une entreprise blésoise (Normand) à l’aide d’un palan et de multiples cordages. Peu nombreux furent les témoins qui assistèrent à cet enlèvement. Pourtant quelques photos furent prises clandestinement, immortalisant la pénible scène. Le lendemain, la statue en pied du poète Ronsard, inaugurée en 1872 dans le jardin du musée, rue Poterie, subissait le même sort.
Le samedi 12 août 1944, au matin, un buste en plâtre de Rochambeau en provenance des réserves du musée fut déposé, par deux employés communaux, sur le socle resté vide depuis deux longues années. Symbole de la liberté retrouvée, toutes les cérémonies patriotiques et prises d’armes qui suivirent la libération de la ville, se rassemblèrent devant ce monument aux dimensions alors quelque peu disproportionnées.

 

Maréchal de Rochambeau

 

1974 : Maréchal…. Vous revoilà
En octobre 1951, le projet de remplacer la statue à la mémoire du Maréchal prit corps, sans effet immédiat, hélas. Il faudra finalement attendre trente deux ans pour que le piédestal désespérément vide reçoive enfin une nouvelle statue. La générosité des membres américains de la Société des Cincinnati, permit la refonte d’une réplique exacte de celle inaugurée en 1900, de 760 kg, en bronze et qui fut inaugurée le mercredi 5 juin 1974, à 11 heures 30, place Saint-Martin. Sa réalisation fut rendue possible grâce au moulage en plâtre exécuté par l’artiste décorateur Perrin de Blois, en janvier 1942, donc peu de temps avant son enlèvement, à la demande de la ville de Vendôme et conservé par la suite dans les caves du pavillon de l’aile Gaston d’Orléans du château de Blois. Transporté à Paris, non sans peine, ce moulage fut confié aux fondeurs Landowski, père et fils. Petite anecdote : Le plâtre de Blois n’ayant plus son bras droit, on dut avoir recours au moule du même bras de la statue à l’identique érigée dans les années 1933/34 devant le musée Galliera à Paris, pour compléter l’œuvre de Perrin.
La cérémonie d’inauguration, présidée par S.E. l’ambassadeur des États-Unis, John Irving, entouré de M Ramsey Heyt, président des Cincinnati et des plus hautes personnalités locales, fut à la hauteur de l’événement rehaussé par la musique de la 13e Division Militaire. Les Vendômois, sensibles à ce geste d’amitié à l’égard de leur ville, vinrent en foule.

 

 

 

1987 : urbanisme moderne oblige.

Dans le cadre des travaux d’aménagement du centre-ville qui se poursuivirent de mars à juin 1987, un léger déplacement de la statue du Maréchal avait été prévu. Le nouveau plan de circulation et un réaménagement complet de la place Saint-Martin ne permettaient plus, effectivement, de conserver le monument du Maréchal là où il dressait depuis 87 ans. Ainsi, le mercredi 11 mars (1987), après une dépose de 48 heures, la statue retrouvait son socle déplacé de quelques mètres vers le nord. L’opération fut menée à bien par l’entreprise Lefèvre en partenariat avec l’entreprise Minier, pour la grue.
Aujourd’hui, les tribulations de notre brave Maréchal semblent bien terminées. Mais n’oubliez pas, Amis Vendômois, que du haut de ce piédestal, plus d’un siècle, maintenant, vous contemple.

 

Crédit photographique : Images et Sons en Vendômois (col. Bonin, Dupré, Guimond, Pax, Coispeau et le Petit Vendômois).

Jean-Claude Pasquier

Article paru dans notre édition de Mars 2005

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