Cet article vous est proposé par Le Petit Vendomois
Article écrit par / Publié le 22 septembre 2020
Source:https://lepetitvendomois.fr/auteur/alexandre-fleury/page/2/

Le Prix Maya pour Isy Ochoa et Fritz

Isy Ochoa, artiste peintre de Savigny-sur-Braye, vient de remporter le prix Maya catégorie Jeunesse, décerné lors de la Vegan Place à Tours, pour son ouvrage «Fritz» consacré à l’histoire de l’éléphant de cirque au parcours brutal.

 

«Même si la 3e édition de Vegan Place n’a pu se dérouler à cause de la Covid, nous souhaitions conserver les prix littéraires car nous y travaillons depuis une dizaine de mois. Le but de ce prix est de mettre en valeur les ouvrages faisant avancer la cause animale» déclare Émilien Cousin, l’un des quatre créateurs de la Vegan Place, manifestation tourangelle qui lutte pour la cause animale.

 

Arrivée ex aequo avec «La révolte des animaux moches» de Coline Pierre, Isy Ochoa était ravie de recevoir en petit comité ce prix lors d’une réception au bar du Saint Georges en compagnie de deux membres de ce collectif organisateur de la manifestation. Les ouvrages sélectionnés doivent être principalement des œuvres de fiction. «Je ne peux pas dire que c’est l’histoire à 100% vraie de Fritz car je n’ai pas réussi à combler toute l’enquête, surtout la partie de sa vie en Allemagne, mais la partie en France et à Tours où il fut tué sauvagement est très documentée» explique l’auteur.

 

Défendant la cause animale, entre autres l’interdiction des animaux dans les cirques, Isy Ochoa est une artiste militante dans ses œuvres et dans sa vie. En dédicace de «Fritz» qui venait d’être édité lors de l’édition 2019 de Vegan Place, c’est tout naturellement qu’elle se retrouve couronnée en 2020. Avec peut-être une surprise à venir, l’histoire de Fritz n’est pas prête de s’arrêter comme un symbole pour la cause animale face à la barbarie des hommes.

«Fritz», Isy Ochoa, 64 pages, ed. du Rouergue,
à partir de 7 ans, 18,50€ / En librairie


Terroir et tradition, champignons bio en Vendômois

Depuis début mars, la production de champignons bio s’opère dans les caves bien tempérées de Villavard. En création, un champignon de Paris bio à la chair ferme et savoureuse dénommé le Petit Vendôme, un label pour une production locale.

 

«Terroir et Tradition» est en France une des dernières cultures à l’ancienne et en cave. Avec une petite production de 1 à 2 tonnes maximum par mois, tout est basé sur la qualité gustative du champignon. «Je prends un compost bio traditionnel pour le champignon de Paris et sur le dessus j’y incorpore 80% de tuffeau de mes 5 km de galerie dans la cave et 20% de tourbe. Cette terre obtenue est en fait son réservoir d’eau. Contrairement à d’autres cultures, elle est moins spongieuse, plus délicate à travailler mais le champignon va se développer plus lentement et donc aura plus de chair et plus de goût avec ce tuffeau de la Vallée du Loir» détaille Laurent Gauthier, responsable de la production.

 

Quant au projet bien avancé du «Petit Vendôme», ce premier champignon labellisé sur notre territoire aura un cahier des charges bien défini. «Il faudra que ce soit un champignon blanc, de variété blond, bio et cultivé dans une cave dans un périmètre de 20km autour de Vendôme avec une terre composée au minimum de 60% de tuffeau de la vallée» poursuit le champignonniste. Un cahier des charges que chaque producteur pourra acquérir et qui garantira aux consommateurs que le Petit Vendôme aura toutes les qualités gustatives désirées.

 

Pendant l’été Laurent Gauthier fait visiter ses caves sur rendez-vous : 06 43 72 87 47
Terroir et Tradition avec Laurent Gauthier se retrouve sur les marchés de Vendôme et Montoire-sur-le-Loir.


A Meslay, le charme d’un château familial

Depuis un an, le Château de Meslay est ouvert l’été à la visite. Cette année, les communs, pigeonnier, pressoir et la collection de quatre voitures hippomobiles s’ajoutent à la visite des salons, salle à manger, et cuisine de cette demeure familiale depuis plus de 300 ans. Retour vers un passé au charme certain, bercé par le mobilier et les objets tous issus de la collection familiale qui a traversé les siècles, de Louis XV à aujourd’hui.

 

Même si la période de confinement a retardé l’ouverture au public, les bénévoles de l’association des «Amis du Château de Meslay» et la famille de Boisfleury, descendante directe, ont mis les bouchées doubles pour ouvrir le château le 1er juillet. «Nous avons pris du retard mais avec les bénévoles motivés, nous avons pu ouvrir à temps avec des nouveautés majeures à visiter. De plus, cette année, nous exposons en intérieur et extérieur quatre photographes des Promenades Photographiques, manifestation importante à Vendôme et dans le Vendômois» explique Charles de Boisfleury. Outre cette exposition photos qui durera tout l’été jusqu’au mois de septembre, l’actualité de cette nouvelle saison est, entre autre, l’ouverture des dépendances, du colombier avec son échelle tournante, du pressoir avec un broyeur de pommes en pierre du XVIIe et d’une exposition exceptionnelle de voitures familiales hippomobiles des plus grands carrossiers de l’époque. «Pour ces voitures, nous avons pu avoir l’aide précieuse de Sylvie Buschhoff de la Sellerie Percheronne à Saint Agil, grande spécialiste de la restauration de voitures anciennes. J’aime beaucoup les gens passionnés et Sylvie en fait partie» souligne Charles de Boisfleury.

 

Lors de la visite, l’histoire du Château de Meslay est expliquée en visionnant dans une dépendance transformée en salle de projection un film où l’on aperçoit tous les personnages, souvent attachants et même pour certains héroïques, de la famille. La salle de billard qui n’était pas visible la saison dernière sera désormais ouverte. «C’était à l’origine la chambre de parade de Madame de la Porte avant d’être transformée en salle de jeu. Dans cette même pièce, les visiteurs pourront admirer un gnomon, une curiosité rare, instrument astronomique qui permet de visualiser les déplacements du soleil. Ce gnomon devait être une curiosité, construit au moment du siècle des lumières, l’accès aux sciences. Nous avons d’ailleurs un paravent en satin de soie, visible lors de la visite du salon où l’on retrouve dessinés un globe terrestre et des lunettes astronomiques qui datent également de la même période du XVIIIe» détaille le descendant direct du premier seigneur de Meslay François de La Porte.

 

Comme le souligne Charles de Boisfleury, avec le temps, il y a eu bien sûr des partages, mais le Château de Meslay a su garder le charme de ces demeures familiales. Tout ce que vous découvrirez lors de la visite, des éléments de la cuisine de 400 m2 jusqu’aux queues de billard, tout appartient à l’histoire du château. «Visiter une maison familiale et authentique» conclut le propriétaire, avec une petite surprise qui attendra chaque visiteur, une alliance entre le passé et le futur, le théâtre et Meslay. A vous de la découvrir dorénavant !


Dix artistes exposés à la Galerie

Pendant tout l’été, dans la galerie du joaillier Laurent Potier, dix artistes sont mis à l’honneur.

 

A cause du confinement, Laurent Potier a dû annuler deux expositions. Un programme toujours prévu un an à l’avance, les magasins non essentiels fermés, l’interdiction de réunion de plus de dix personnes dans l’espace public… font que, même à partir du 11 mai, les vernissages ne pouvaient avoir lieu. «Pendant cette période compliquée pour tous, je suis resté en contact téléphonique avec beaucoup d’artistes, même ceux exposés il y a 5 ou 10 ans. C’est là qu’ils m’ont lancé l’idée d’une exposition collective. De plus, les aider à exposer et à vendre était un souhait cher» explique le joaillier.

 

Une nouvelle exposition d’artistes dont beaucoup ont créé des œuvres pendant le confinement comme les peintures de Philippe R. Berthommier, de Michel Saint Lambert ou de Jean-Gilles Badaire. «L’idée me plaisait d’exposer ce qu’ils avaient produit dans cette ambiance particulière. Par contre, je ne désirais pas une exposition post-confinement, anxiogène avec des œuvres masquées par exemple» poursuit Laurent potier. Ainsi, l’artiste peintre David Gista par exemple, s’est remémoré dans ses oeuvres beaucoup de techniques apprises pendant sa vie d’artiste comme l’encre à nouveau utilisée ou ce personnage s’incrustant sur un fond peint à l’aérosol, technique qu’il utilisait il y a 20 ans à Chicago. Toute l’originalité de cette exposition est d’avoir cet œil neuf avec des techniques explorées auparavant, les artistes se sont alors exprimés et ont témoigné à travers leurs peintures.

 

Exposition collective – Galerie Laurent Potier – rue Marie de Luxembourg à Vendôme du mardi au samedi aux heures d’ouverture de la Bijouterie – Entrée libre


Les Grandes Guerrières

A Epuisay, la ferme des Grandes Guerrières de Dominique et Sylviane Briant a conservé la tradition de la famille, l’élevage bovin. En 2008, ils ont souhaité la faire évoluer tout naturellement vers d’autres techniques, entre autre le passage vers la production bio qui correspondait alors à leur éthique qu’ils mûrissaient depuis longtemps.

 

Dominique Briant a repris la ferme d’Epuisay en 1985 et a travaillé avec son père quelques années. Déjà à la sortie de son BTS de production animale à Rambouillet, Dominique avait envie de bio mais le refus de ses parents freinait le passage du conventionnel au bio. «En 2007, lorsque j’ai coché la case «conversion» sur ma déclaration annuelle de la PAC, ce fut une sorte de libération» se souvient l’éleveur. S’étant déjà renseigné auparavant sur la méthanisation, tout s’enchaîne avec la création de production de gaz méthane à partir des déchets de ses vaches laitières. Ne pouvant le réinjecter dans les conduites de gaz de ville, Dominique injecte le gaz obtenu dans un moteur qui grâce à une génératrice le transforme en électricité, qu’il revend à l’EDF.

 

«Comme nous produisions de la chaleur avec le moteur, nous avons conçu un séchoir pour le foin de nos bêtes afin qu’elles puissent le manger avec tous les nutriments possibles avec plusieurs récoltes chaque année» poursuit-il. Avec cette même chaleur, Dominique et Sylviane mettent en place une serre qui chauffe à 12° toute l’année et permet une production de légumes qu’ils vendent au Bio du coin entre autre et en direct à la ferme. De 2 personnes, l’exploitation sur 118 ha travaille aujourd’hui avec 6 autres personnes, une preuve supplémentaire que le bio est générateur d’emploi.

 

Arrivés prochainement à la retraite, Dominique et Sylviane cherche des repreneurs… Avis aux intéressés.

 

Les Grandes Guerrières à Epuisay – Dominique et Sylviane Briant – 07 67 86 22 67 pour vos commandes de légumes et caissettes de viande bovine. Toute la production de la ferme est bio. Les légumes se retrouvent au Bio du Coin.


Concours de vins et fromages

Le syndicat des vins du Coteaux du Vendômois et l’association des Fromagers Caprins Perche et Loir ont organisé avec leur partenaire indispensable la Société Départementale d’Agriculture (SDA) de Loir et Cher le concours annuel de vins et fromages à l’observatoire des vins à Thoré La Rochette. Un concours qui aurait dû, comme chaque année se dérouler au printemps mais reporté en juillet avec la mise en place de précautions particulières pour en assurer le succès.

 

 

Comme le soulignait Jacky Pelletier, Président du SDA de Loir et Cher, l’année 2020 restera une année où tout fut chamboulé. “Nous avons du prendre très tôt dés l’annonce de confinement des décisions avec les maires concernés par les comices. Nous ne pouvions pas travailler en amont de ces manifestations, nous devions prendre des mesures. Tout est désormais reporté à l’année prochaine, le comice de Morée se déroulera donc les 29 et 30 mai 2021”. Pour les concours de vins et fromages, la SDA avec Benoît Rousselet, son coordinateur, a pu grâce à un assouplissement fin juin, début juillet, mettre en place cette manifestation très importante pour la production. “Il nous fallait repartir sur la communication à la fois pour la promotion des productions locales et d’autre part pour relancer la SDA. Nous avons la chance dans notre département d’avoir plusieurs AOP qu’il faut valoriser” poursuit Jacky Pelletier.

 

Mardi 21 juillet, à Thoré la Rochette, 12 productions de vins et fromages avec 24 échantillons, ont pu être jugés à l’aveugle par la dizaine d’hommes et de femmes qui constituaient le jury, œnologue, fromager, élus locaux, jeunes ou moins jeune. “Un jury moindre par rapport aux années précédentes car le Covid-19 est passé par là. De plus il n’ y a qu’un seul jury pour le fromage et le vin alors que nous avions deux jurys aux précédents concours” détaille Benoît Rousselet. Ce concours réunissait donc 4 catégories (Vins : Gris et rouge 100% pinot d’Aunis / fromages : trèfle du perche et rond “début d’affinage”) qu’il fallait départager en attribuant médailles d’or, d’argent ou de bronze auxquelles se rajoute des coups de cœur possibles. Le jury a pu débattre sur l’aspect visuel, olfactif et bien sûr gustatif de chaque échantillon avant d’attribuer des notes et ainsi avoir un classement final. “Dans le jury, ce qui est important c’est de bien respecter les goûts de chacun que nous avons tous différents évidemment” conclut le président de la SDA. Le verdict est tombé hier après-midi après débat entre chaque juré.

 

Le Palmarès sera dévoilé intégralement dans notre édition papier à paraitre le 1er septembre.


Bientôt la pâtisserie «Villarceau»

Cosmos Villarceau, groupe de Vendômois rattaché à l’association Nuit des Maths organise, fin août, un rallye automobile « le Rallye Villarceau », testé en juin dernier, et projette la création d’une pâtisserie mathématique proposée aux pâtissiers vendômois.

 

Avec un questionnaire mais aussi avec quelques brochures et ouvrages, les futurs participants au Rallye Villarceau se lanceront sur les routes vendômoises pour aller à la rencontre de célèbres personnages du territoire dont l’ingénieur Antoine Yvon Villarceau. Codes secrets et questions en tout genre permettront de cheminer et découvrir un Vendômois parfois inconnu. Dans les projets de Cosmos Villarceau, se dessine aussi le projet d’un monument dans le Vendômois sur un rond-point à la sortie de la ville en direction Blois dédié à cet ingénieur qui travailla sur la stabilité des locomotives en mouvement au XIXe siècle, travaux encore utiles aujourd’hui à l’heure du TGV.

 

«Le nom de Villarceau est surtout connu pour ses cercles, Tores de Villarceau, un plan bitangent à un tore, un théorème sur les cercles qui fut la base de nombreux travaux et seul travail mathématique de cet ingénieur» détaille Jean-Christophe Deledicq, président de l’association Nuit des Maths. Un théorème qui pourrait finir en pâtisserie avec un cahier des charges bien défini pour qui voudrait les concevoir. «Un gâteau qui serait en deux parties de couleurs différentes, un gâteau à la forme d’un donuts avec au milieu un produit, une crème ou du chocolat qui les séparerait». Un projet bien avancé par l’association, la première pâtisserie mathématique au monde en somme.

 

Rallye Villarceau – dimanche 30 août – 20€ -bulletin d’inscription
sur le site www.villarceau.org entre le 10 juillet et le 23 août


Elevage à visiter

Et si, pendant l’été, on en profitait pour visiter les exploitations agricoles de notre territoire. Pour les cervidés, l’élevage de Chloé Norguet est tout indiqué, La ferme de l’Etang vous accueille pendant toute la saison estivale.

 

Trente ans bientôt pour cet élevage qu’avait lancé Patrice Norguet, le père de Chloé. Aujourd’hui avec 80 biches et 2 cerfs, La Ferme de l’Etang abrite les nouveaux faons nés entre mai et juin, un spectacle toujours touchant. «Les biches ne mettent au monde qu’un faon à la fois après une gestation de 8 mois. Tout le cheptel dort dehors et à 99%, le troupeau est élevé comme dans la nature, mangeant l’herbe des prairies l’été, de l’orge et du foin l’hiver. Egalement, elles se reproduisent naturellement. L’espèce reste rustique» détaille Chloé. La visite dure 1h30 environ, l’occasion d’admirer les faons avec leurs mères et de vous faire expliquer tout ce que vous voulez savoir sur l’élevage en France avec les installations, les particularités et le côté atypique du métier d’éleveur.

 

«Aujourd’hui il existe une centaine d’éleveurs en France dont une vingtaine comme moi, à faire de la vente directe. Je suis d’ailleurs la seule en Région Centre. Beaucoup d’élevages reproduisent pour la chasse ou le repeuplement des forêts» poursuit la professionnelle. La visite de l’exploitation commence toujours à 10h car pendant l’été avec les fortes chaleurs, il n’est pas évident d’apercevoir les faons. La visite se termine par la boutique qui propose tous les mets à base de cerfs, des recettes souvent élaborées par Patrice Norguet à l’époque et s’ouvre à d’autres produits d’exploitants de la région.

 

Ferme de l’Etang adhérent au réseau « Bienvenue à la Ferme »
Visites et boutique à la ferme – L’Etang / 41360 Epuisay
02 54 72 01 67 – contact@ferme-etang.com – facebook//ferme-etang
Accessible à tous-parking gratuit pour tous


Une histoire si importante pour notre région

Créées en 1982 et après 4 ouvrages édités, les Editions du «Cherche Lune», de fonctionnement associatif, connaissent un temps de sommeil, puis renaissent en 1990 sous l’aile de deux amoureux du patrimoine, Michèle et Jean-Jacques Loisel.

 

Après plus de 70 ouvrages édités depuis, toujours orientés sur l’histoire régionale et locale, le dernier ouvrage sur le château de Coutanvaux peine à sortir en raison de difficultés à réunir la trésorerie nécessaire à son impression.

 

Quel Vendômois ne connaît pas les Editions du Cherche Lune ? Avec plus de trente années d’existence et à sa tête un professeur d’histoire et historien local, attaché à la richesse et à l’héritage de l’histoire de notre région par ses nombreux ouvrages, Jean-Jacques Loisel, cette association éditrice a toujours su mettre en valeur notre patrimoine local. «Dans le premier temps de notre existence, nous avons beaucoup édité de livres sur le Moyen âge devenus pour certains d’entre eux des ouvrages qui font référence et quasiment tous épuisés» détaille Jean-Jacques Loisel. Les Editions du Cherche Lune ont varié les formats depuis les débuts avec quelques collections amorcées comme «Cherche Lieux» ou «Cherche Mémoire». «Nous travaillons exclusivement avec l’auteur, le guidant parfois. Notre association ne cherche pas à avoir de membres, c’est peut-être notre particularité, tout ce que nous faisons est fait pour le livre» s’amuse-t-il à souligner.
Jusqu’aux années 2000, les tirages étaient importants, plus qu’aujourd’hui. «L’histoire du Vendômois » superbe ouvrage de référence, un livre génération qui a une durée de vie de 25 ans, se vend encore et avait été édité à 2 000 exemplaires. «Le problème qui survient c’est que nos ouvrages édités récemment comme celui sur Lisle ou sur la famille Musset se sont peu vendus et pourtant ils sont de très bons livres. La première biographie de César de Vendôme, brillante publication de Jean-Jacques Renault, n’a pas remporté le succès espéré bien que rien n’ait jamais été écrit précédemment sur ce personnage important du Vendômois» se désespère Jean-Jacques Loisel.

 

Après cette série de livres qui peinent à trouver acquéreur, la trésorerie vient à manquer pour lancer le suivant, entre autres celui du château de Courtanvaux, 175 illustrations, tout en couleurs pour 224 pages. «Malgré les efforts que nous déployons pour soutenir la qualité de fond et de forme de nos ouvrages, les ventes sont de plus en plus difficiles. Pour ce dernier livre sur Courtanvaux, nous avons réussi à financer la maquette mais nos fonds manquent pour imprimer le livre. Nous sommes dans une situation d’attente». Pour se remettre à flot et permettre que cet ouvrage de référence puisse sortir des presses, l’association des Editions du Cherche Lune propose à chacun d’acquérir un ou plusieurs livres à des prix réduits, afin que tous puissent compléter leur collection d’ouvrages avec ces livres locaux. «Nous espérons ainsi pouvoir faire encore un petit bout de chemin ensemble pour valoriser le patrimoine du Vendômois» conclut Jean-Jacques.

 

Association Les Editions du Cherche Lune /
Liste des ouvrages en vente ou
pour tous renseignements : assedcl@wanadoo.fr /
02 54 72 25 08


Editorial Janvier 2017

Edito de juillet 2020 : Les statues meurent aussi

Ce titre tiré d’un documentaire anticolonialiste d’Alain Resnais et Chris Marker de 1953 donne le ton. Même si l’on sait bien que le problème n’est pas l’art statuaire mais le « racisme », ce mouvement inédit de mondialisation de l’antiracisme déclenché par le meurtre aux États-Unis de George Floyd nous interroge quant à l’histoire. Longtemps, le déboulonnage fut la marque d’un basculement politique, une révolution, à l’image de la statue renversée et brisée des rois de France à la révolution ou de Saddam Hussein en Irak ou même de Lénine dans les Pays de l’Est, aujourd’hui c’est le signe de la colère, une fracture communautaire en somme, symbole de la colonisation, de l’esclavage et du racisme. Cette contestation actuelle reste une dénonciation de la persistance pour certains du racisme dans les sociétés contemporaines.

 

Déboulonner pourrait alors être considéré comme vandaliser l’Histoire. Car l’histoire que l’on raconte est toujours celle des vainqueurs, l’histoire de la majorité, vue et vécue par ceux qui détenaient le pouvoir et les moyens de passer à la postérité, l’histoire d’une partie de la population en somme. Une des figures les plus débattues est sans nul doute en France, celle de Colbert, ministre de Louis XIV pour son rôle dans le Code noir qui organisait l’esclavage aux Antilles. La mémoire des personnages persiste quoi qu’il arrive. Faire disparaître Colbert de nos têtes, c’est renommer des rues, des places, arracher les pages des livres…, les traces persévéreront quoi qu’il se passe.

 

Le problème, me semble-t-il, est la complexité historique, l’anachronisme, juger le passé avec nos yeux, nos valeurs d’aujourd’hui. On se souvient tous de «Tintin au Congo» la 2e BD d’Hergé qu’il y a une dizaine d’années avait défrayé la chronique. Faut-il l’interdire, la détruire, la réécrire ? Ces actions de force actuellement s’étendent également vers les plaques de rue de personnages esclavagistes qui ont fait la fortune de ces cités comme on peut en voir à Nantes au passé de négrier. Quant à Bordeaux qui elle-aussi possède un lourd passif avec la traite négrière, la ville girondine a choisi la pédagogie mémorielle. Trouver des alternatives au retrait de ces effigies, une introspection s’impose en France sur la statuaire qui s’est multipliée sous la IIIe République avec ce goût prononcé et dénoncé actuellement pour le soldat blanc colonisateur. Mentionner les faits et méfaits sous les représentations plutôt que de les détruire. Ou déplacer ces statues au musée plutôt que leurs disparitions, un maintien dans tous les cas au nom de la mémoire humaine. Ignorer l’histoire c’est être condamné à la revivre disait Winston Churchill qui lui aussi est dans la cible des antiracistes… Mieux vaut donc la pédagogie que la purge, élargir la mémoire de notre passé, tout en créant ensemble notre avenir serait la meilleure réponse à toute destruction !

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