clown relationnel

Clown relationnel une voie pour communiquer !

Le clown relationnel n’est pas un clown de spectacle. C’est une démarche de soins relationnels pour aller à la rencontre des personnes qui ne s’expriment plus ou peu.

 

Cette nouvelle manière d’envisager le clown a été créée à Liège par Christian Moffarts, comédien de métier, et Françoise Camus qui ont commencé cette pratique en 1978 sur des enfants autistes. Aujourd’hui, le clown relationnel est pratiqué par des «acteurs de soins» dans des institutions spécialisées auprès de divers types de patients : pédiatrie, gériatrie, psychiatrie, soins palliatifs, handicap mental et polyhandicap, dans le but d’accompagner et d’apaiser les états de détresse psychique tout en favorisant les émotions positives telles que la joie ou l’émerveillement.

 

Sylvie Guinard, animatrice au CIAS du Territoire Vendômois, est clown relationnel depuis 2016 et fait partie de l’association Clown Relationnel Centre-Val de Loire, en partie subventionnée par les caisses de retraite complémentaires et en 2018 par la mutualité française : «Il y a toujours eu un clown en moi ! J’ai découvert le clown relationnel lors d’un congrès sur les maladies Alzheimer et troubles apparentés où Christian Moffarts présentait cette pratique. Ce nouveau chemin pour aller à l’écoute de l’autre m’a plu ! explique Sylvie Guinard. «Être clown relationnel, ce n’est pas interpréter un personnage, c’est «être en état de clown» pour s’engager dans une rencontre-accompagnement sans projet, ouvert à la singularité de l’autre et aux surprises de la rencontre. C’est chercher à éveiller la qualité du toucher émotionnel et du contact-regard, avec une présence contenante, paisible et apaisante. C’est apporter des soins vivifiants en continuité de ceux pratiqués par l’équipe soignante», poursuit-elle. «Le but est de trouver des moyens pour personnaliser les modes de relation et améliorer le bien-être des résidents et de leurs soignants. Être en état de clown relationnel demande de la préparation et nécessite de se désencombrer l’esprit pour s’aventurer avec le plus petit masque du monde, le nez rouge, qui invite à être totalement dans l’instant présent.»

 

Alors Sylvie enfile son costume (fait maison !), trace quelques couleurs sur son visage, ouvre son cœur et devient «Fleur». Elle intervient toujours en binôme pour que l’un soutienne l’autre, soit avec Bénédicte Bianchin, art-thérapeute, comédienne et musicienne à Orléans, clown relationnel depuis 2011, soit avec Sébastien Garran, aide médico-pédagogique au foyer d’accueil spécialisé du territoire vendômois et clown relationnel depuis 2018.

 

Après avoir travaillé pendant deux ans à l’Hospitalet de Montoire avec le grand soutien du Dr Fortuné Bitsindou, Sylvie présentera prochainement la démarche à Blois auprès de la FRAPS, Fédération Régionale des Acteurs en Promotion de la Santé, lors de la commission Santé Mentale, afin d’intervenir dans d’autres institutions.

 

Béatrice Ginis