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Conférence : Un lieu oublié mais une histoire redécouverte

Conférence : Un lieu oublié mais une histoire redécouverte

Depuis plus de 100 ans, en forêt domaniale de Blois, côté vallée de la Cisse, existe un lieu unique en France par sa conservation : Les Sablonnières. En conférence, le 8 février, à la Porte St Georges à Vendôme, ce bout d’histoire militaire local est lié directement à la première guerre mondiale qui pourtant se déroulait bien loin du Loir-et-Cher : des tranchées d’entraînement, site historique méconnu pour l’instruction militaire du 113e et du 313e Régiment d’Infanterie de Blois et de Romorantin.

 

 

Une découverte un peu par hasard pour Alain Gauthier, ce lieu se trouve pourtant à 300 mètres de chez lui sur la commune de Chambon-sur-Cisse. Plus intéressé par le Gallo-Romain et la période médiévale, cet historien local, géomètre du cadastre de métier a plongé dans cette aventure qui débute dès 1974 lorsqu’il s’installe dans sa maison nouvellement achetée dans la vallée de la Cisse. «A l’observation d’abord, il n’a pas été très compliqué de reconnaître cette cartographie particulière. Instructeur pendant 16 mois lors de mon service militaire, nous faisions des exercices à l’époque avec les jeunes appelés pour nous protéger, les tranchées faisaient partie de l’instruction. Cela ne ressemblait pas à un ruisseau comme l’avait cartographié l’IGN mais à un réseau de tranchées» explique Alain Gauthier. A partir de cette découverte, il s’y intéresse fortement, militant à l’époque en parallèle pour la création du Comité Départemental du Patrimoine et de l’Archéologie et secrétaire, depuis de nombreuses années de l’association culturelle «Vallée de la Cisse».

 

Un camp d’entraînement militaire unique en France

«A l’époque j’avais bien perçu l’importance de ce lieu mais je ne comprenais pas le fonctionnement global de la zone. J’avais pris des clichés, fait un plan à main levée mais le site fait 600 m de long sur 250 m de large. C’est à partir de 1999 jusqu’en 2010 que j’ai pu en faire un plan plus détaillé et j’ai présenté ce travail aux Rendez-Vous de l’Histoire à Blois à Nicolas Offenstadt, historien qui avait travaillé sur les fusillés de 1917» poursuit-il. Cet érudit le pousse à valoriser le site car si des camps d’entraînement comme celui des Sablonnières, existaient partout dans l’hexagone à partir de 1915, seul celui du Loir-et-Cher est resté dans sa totalité, sans bouleversement majeur, unique en France.

 

Inscription à l’Inventaire des Monuments historiques

Un temps en conflit avec l’Office Nationale des Forêts qui désirait tout simplement reboucher les tranchées et qui ne voyait pas l’intérêt d’un patrimoine historique à sauver, Alain Gauthier attaquait le côté économique de l’ONF. «Coupé un arbre ce n’est pas grave en soi, c’est surtout les engins forestiers qui détruisent le sol et donc les vestiges» souligne-t-il. Avec l’Inscription à l’Inventaire général des Monuments Historiques en avril 2015 pour le centenaire de sa création, grâce notamment à l’intervention de Gilles Lagarde, préfet à l’époque du département, le site est dorénavant protégé, même si comme le souligne l’historien, il faut rester attentif. Une pancarte prône devant le site permettant ainsi à chaque visiteur d’avoir un minimum d’historique sur ce lieu unique. Depuis 2018, la communauté Blésoise Agglopolys avec, à sa tête, Christophe Degruelle accompagne les acteurs du site vers une réflexion de mise en valeur du lieu. Hélas, peu d’éléments écrits sur les Sablonnières, les archives du 113e régiment ne sont pas fichées aux Archives départementales ou pire, auraient disparu. «Cela pourrait être un futur travail de maîtrise en intéressant un étudiant pour peut-être creuser davantage l’histoire de ce camp au ministère des Armées» détaille Alain Gauthier qui viendra, fortement documenté, en février, expliquer cette histoire extraordinaire à l’invitation de la Société Archéologique de Vendôme.

 

Conférence par Alain Gauthier «Histoire d’une redécouverte : les tranchées d’entraînement des Sablonnières»
organisée par la Société archéologique,
scientifique et littéraire

 

Samedi 8 Février à 16h /
Porte Saint-Georges à Vendôme /
entrée libre

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