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L’art et la manière de la marqueterie façon Poisson

L’art et la manière de la marqueterie façon Poisson

Installée depuis 8 mois au château de Fretay à Savigny-sur-Braye, Marie Hélène Poisson, artisan d’art et spécialiste française de la marqueterie Boulle, a déménagé son atelier de Paris-Vincennes. Rénovation mais également création avec cette technique si particulière qui associe sur un même meuble des matières différentes, souvent précieuses.

 

Avec leur fille, Aurore, en apprentissage, quatrième génération spécialisée dans la marqueterie de type Boulle, Marie Hélène Poisson et son mari habitent le château de Fretay, flanqué de deux tourelles et bâti dans une enceinte circulaire de douves. Un magnifique atelier, après de lourds travaux dans la dépendance du château, permet dorénavant à l’artisan d’art de retrouver tous ses repères. «Au moment de notre déménagement, j’avais reconstitué mon atelier dans la bibliothèque du château pendant les travaux. Aujourd’hui, j’ai mon atelier tel que je le désirai, fonctionnel y compris pour mes cours que je vais reprendre rapidement» explique t’elle.

 

Marie Hélène Poisson ; FretayUne pendule époque Louis XIV trône à l’entrée de l’atelier, totalement rénovée en marqueterie et redorée à l’or fin, elle attend son départ vers les Pays-Bas, retrouver son propriétaire collectionneur. «La marqueterie Boulle, du nom de l’ébéniste de Louis XIV qui portera au sommet cette technique, diffère de la marqueterie bois. Un placage par superposition avec des écailles de tortue, de la nacre, de l’os, de la corne de bœuf associés à du métal, cuivre laiton ou étain. Elle nécessite plusieurs étapes et donc plusieurs techniques» souligne Marie Hélène Poisson. Lorsqu’un objet, un meuble à restaurer arrive à l’atelier, la marqueterie se décolle ou a disparu, usée par le temps. Tout ce qui peut être conservé est récupéré. Le meuble est entièrement démonté, les pièces d’ornement en bronze souvent doré à l’or fin, sont nettoyées et redorées, une empreinte avec un papier carbone va être réalisée pour les pièces manquantes et découpées grâce à cette vieille machine du XIXe siècle, une merveilleuse scie précise sur table aux dents toutes fines. «Ce qui se décolle le plus sur la marqueterie Boulle, c’est le métal. Sur dix pièces manquantes, huit seront du métal, deux en écaille. J’ai une réserve d’écailles de tortue car celle nécessaire sera différente selon l’époque du meuble à restaurer. J’ai une autorisation spéciale avec un livre de police utilisé à chaque fois que j’utilise un morceau même de 10 g car l’écaille de tortue est réglementée avec des contrôles des Douanes régulièrement. Un matériau cher, sur le marché il n’y a plus que d’anciens stocks et les prix grimpent» détaille l’artisan d’art. D’ailleurs, l’écaille pour être travaillée, doit subir plusieurs trempages dans de l’eau chaude salée car elle se raidit très vite et l’opération doit être renouvelée. Ponçage, polissage, coloration rouge des écailles avec des pigments naturels mélangés à de la colle de peau. Cette spécialiste Boulle de génération en génération, est aussi l’une des seules à savoir graver ses pièces, donner ce relief si particulier au meuble.

 

Toutes les pièces de marqueterie sont collées ensuite sur le meuble ou objet et après réhydratation des vieilles colles, Marie-Hélène place l’objet sous une poche à vide pour que le placage puisse suivre toutes les courbes. Une fois bien collé, le ponçage et polissage du meuble sont réalisés avec des abrasifs doux afin de ne pas user meubles et gravures. Vernis au tampon en plusieurs couches pour que le métal ne s’oxyde pas, réversible pour que l’on puisse à nouveau le restaurer dans 80 ou 100 ans. Marie Hélène Poisson œuvre pour les musées bien sûr mais aussi beaucoup pour les collectionneurs ou simplement pour un meuble de famille, style napoléon III qui fut une période de forte production de marqueterie Boulle. «Mon métier c’est du temps, de la patience, c’est une passion. Chaque jour, je vois des choses différentes, un voyage à travers les époques. Et puis, j’aime également la création, ces coques de téléphone par exemple pour lesquelles j’utilise toute les techniques de la marqueterie avec la découpe de plexiglas ou du cuir métallisé». Marie Hélène Poisson fut invitée, en 2016, en tant qu’artiste à une exposition au palais de Tokyo à Paris grâce à l’artiste Jean Bedez pour une œuvre commune, où le dessin à la mine de plomb et un carré de marqueterie composé de 30 matières différentes s’associaient en une toile finale. Quand une passionnée dévoile l’ampleur de sa passion, c’est toujours passionnant, Marie Hélène Poisson devient même ce mois-ci ambassadrice de la marque Vendôme, ce qui va la rattacher encore plus à notre territoire, pour notre plus grand plaisir. .

Atelier MHP – Château de Fretay à Savigny sur Braye – 06 83 85 66 35
contact@atelier-mhp.com – www.atelier-mhp.com

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