Cet article vous est proposé par Le Petit Vendomois
Article écrit par Jean-Michel Véry / Publié le 17 février 2020
Source:https://lepetitvendomois.fr/economie-societe/quand-lecomte-entre-dans-lhistoire/

Quand Lecomte entre dans l’Histoire…

Bénévole pour Hist’Orius depuis trois ans, Jean Lecomte raconte sa passion pour l’histoire et son implication au sein de l’association montoirienne.

 

Tous les vendredis, ils se donnent rendez-vous à la gare. Avec en poche un billet introuvable au guichet de l’opérateur ferroviaire : un voyage dans le temps. La gare historique de Montoire, là où Hitler et Pétain se sont serré la main. «L’ignoble rencontre», avait fustigé le Grand Charles. Un rassemblement du vendredi entre copains et copines pour évoquer les réalisations passées, les projets à venir, sans s’épargner de bonne humeur, de rires, ni même d’un coup à boire : Gino, Bernard, Michel, Jean-Philippe, Roland, Françoise, Jean et les autres. Tous membres de l’association Hist’Orius.

 

Jean a déboulé en 2016. Fils d’un fontainier (on dirait aujourd’hui «technicien gestionnaire de l’eau», plus pragmatique que poétique), «Il a creusé tout Montoire», s‘amuse le bénévole. «A l’époque, il y avait une maternité à Montoire, c’est le docteur Gamard qui m’a mis au monde.» Comme un signe, le Dr. Gamard a été le premier maire de la ville après la Libération… La mère de Jean, elle, était commerçante, aux commandes d’un bazar posé rue Ronsard. «Au rire montoirien», magasin foutraque de pétards et autres joyeusetés, diablement connu des anciens de la ville. Après ses études, un niveau Bac, et deux années avortées à l’Ecole normale, le gamin a commencé à charbonner en qualité de moniteur spécialisé pour l’enfance handicapée, deux ans de sacerdoce avant d’amorcer un virage, «par hasard», vers la banque, «Le Crédit à bricoles» pour ne pas le nommer. Mondoubleau, Romorantin, Savigny, la Ville-aux-Clercs, Villedieu… il a écumé les agences de Loir-et-Cher. Quarante annuités de guichets. Aujourd’hui, à 71 ans, il est en retraite (à taux plein) depuis 10 ans. Le bienheureux.

 

Le Chant des partisans

Quant aux temps forts qui l’ont marqué depuis qu’il a rejoint Hist’Orius, ils se partagent entre les voyages et les expositions organisés par l’association. D’abord l’expo de 2017, sur la Grande Guerre de 14/18, à la Maison de l’emploi. Suivie, sur la même thématique, de celle de 2018, présentée à la salle des fêtes, avec en point d’orgue la reconstitution d’une tranchée où les visiteurs pouvaient évoluer. Une tranchée bricolée avec des caillebotis et des sacs de sable. Et bien sûr, l’expo «Entre deux guerres» de la fin 2019, qu’il a alimentée d’éléments personnels, photos d’époque de sa maman, bulletins scolaires, diplômes sportifs ou encore certificat d’études. «Avec cette exposition, nous souhaitions sortir du caractère anxiogène des combats et mettre en lumière un moment plus heureux», explique Jean Lecomte.

 

Mais ce qui reste gravé dans sa mémoire, c’est la commémoration de la Libération et les hommages aux stèles des résistants à Saint-Jean-Froidmentel. Un temps d’émotion nourri par Le Chant des partisans, entonné par la nièce de Marcel Boulay (résistant tombé à 19 ans), venue spécialement d’Aix-en-Provence et membre de l’Opéra d’Aix. Avec aussi la présence à Nioche de Sylvie Kabina-Clopet, nièce d’Evelyne Clopet, agent OSS du Plan Sussex, et dont la mort reste encore un mystère (lire LPV août 2019). Dans les souvenirs du bénévole, mention spéciale à la commémoration de la Libération de Montoire, «une grande réussite pour Hist’Orius», se réjouit Jean Lecomte

 

Côté voyages, ils sont le plus souvent axés sur le volet commémoratif avec le fleurissement des sépultures de ceux qui sont tombés pour la France et les visites de cimetières militaires. Verdun, Massiges, la Somme -là où son grand-père avait été blessé- et dans le Nord, hauts lieux de mémoire. Lors du déplacement dans la Somme, Jean avait lu dans le car qui les transportait une lettre de son aïeul qui avait suscité l’émotion.

 

Dans le viseur de l’association pour 2020, une grande exposition sur la guerre de 1870, courant décembre. Pour ce faire, les membres d’Hist’Orius sont partis en repérage à Loigny-la-Bataille. Sur place, un musée dédié à cette période leur permettra d’affiner la préparation de ce nouveau temps fort.

 

«L’histoire des 24 Heures du Mans»

A cette occasion, le bénévole salue le travail de Françoise Duval pour la mise en place de ces voyages, sous l’impulsion du président Gino Segrais. «Elle est en contact avec les autocaristes et s’implique beaucoup dans l’organisation. Elle a beaucoup de mérite !» Sans oublier Jean-Pierre Gort, Jean-Louis Huet et Jean-Philippe Duval qui prennent en charge les visites W3 à Saint-Rimay, ou encore Roland Deguise (que les membres appellent malicieusement le duc !) «qui assure les visites de Montoire avec grand talent», et encore Françoise Duval pour celles de Lavardin. «C’est du boulot», poursuit Jean qui vante les qualités de cohésion de l’ensemble de l’équipe. Il évoque aussi le travail réalisé par Didier Seelweger, en charge du numérique pour l’association. Mais quand on l’interroge sur sa période historique de prédilection, la réponse, surprenante, tombe comme le damier de départ d’une course automobile : «Indéniablement, l’histoire des 24 Heures du Mans, je suis incollable !», s’amuse le bénévole.

 

Dernier fait de guerre, en 2019, en remisant le matériel de l’expo 1918/1935, Gino et Jean ont été un peu trop gourmands. Présomptueux sur leurs capacités physiques, les deux ont emporté une charge bien trop lourde. S’en est suivie une chute spectaculaire des deux combattants, avec ecchymoses et torsions diverses. Deux blessés de guerre en somme…

 

Contact Hist’Orius :

Permanence tous les vendredis Gare historique de Montoire,
porte de droite, 1er étage de 10h à midi.
Président : Gino Segrais, 09 64 34 32 77.

Secrétariat : Françoise Duval au 02 54 77 19 15,
fanfan.duval1957@orange.fr / Pour les visites : www.historius-montoire.fr

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