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L’abbé Ouvray, curé de Saint-Ouen

L’abbé Ouvray, curé de Saint-Ouen

Enseignant émérite à l’archevêché de Blois en 1890

Cette découverte de l’Association de sauvegarde de la vallée de Saint-Ouen mérite une attention toute particulière.

 

Personne dans le monde horticole ne parle de lui depuis des décennies. En 1890, il publie le Manuel d’Arboriculture fruitière, fruit de son travail d’observations, sous l’impulsion de ses élèves et de l’évêque Mgr Laborde en 1890. Il donne des conférences à la Société d’agriculture de Paris ainsi qu’à l’Institut catholique.

 

Son livre broché est une bible détaillée avec des observations de bon sens, de terrain. Pour être crédible, l’un ne va pas sans l’ autre. Une grande partie concerne le greffage des fruitiers avec dessins, formes, annotations, météo, terrain, chimie du sol, phytosanitaire, listing de variétés..

 

Voici quelques extraits :

 

L’abbé Ouvray ; Saint-Ouen«Mon but est d’être utile au Clergé ; MM. les curés qui voudront bien s’occuper d’arboriculture y trouvent une étude pleine de charme et d’intérêt, une distraction agréable et une heureuse diversion aux tristesses du Ministère car les arbres sont des enfants qu’on élève, qu’on voit grandir et qu’on aime. Ils deviennent des amis qui nous tiennent compagnie. Un jardin fruitier peut devenir une source de produits et apporter au presbytère d’aisance de beaux et bons fruits, font toujours plaisir. »

 

J.F. Breton : « Le discours a bien changé en 2018 à l’heure ou l’arbre devient parfois du consommable par des abattages sauvages, cachés par des arguments non sérieux.

 

«Il signale que le jardinier doit être non seulement un maître qui connaît son art, mais un surveillant qui a toujours l’œil ouvert comme un médecin.

 

Il décrit la fumure avec l’engrais liquide stocké dans un tonneau : les purins, les eaux de chambre, de la cuisine, eaux grasses, curage du poulailler, pigeonnier : les fumures d’hiver sont les meilleures le temps qu’elles se décomposent.
Le célèbre anatomiste Bichat, l’admet sans hésitation : dans son magnifique ouvrage sur la vie ou la mort. L’électricité foudroie les plantes, les narcotiques les paralysent. Cette sensibilité ne se fait pas remarquer dans les arbres fruitiers. Coupez, taillez, maîtrisez-les, rien ne trahit la souffrance ; oui, mais bien qu’elle ne soit pas visible, elle n’en n’est point réelle et il est prouvé comme nous le verrons, qu’il meurt plus d’arbres par suite de tailles brutales et de mauvais traitements que par suite d’intempéries ou d’accidents de saison. Un mauvais jardinier est le plus pire ennemi des arbres.

 

Il évoque le sommeil des plantes.

 

Il évoque l’année 1889 avec le mildiou qui a fait perdre toutes les vignes du Vendômois.

A Saint-Ouen, c’est le lieu unique où la vigne est verte avec des grappes abondantes et une grosseur énorme. Le propriétaire avait sulfaté avant en préventif avec du sulfate 3 fois avec la préparation suivante : 3 kg de sulfate de cuivre,3 kg de cristaux de soude ou potasse, 1 kg de chaux, et 30 gr de savon ordinaire pour 100 l d’ eau.

 

«Je vous recommande cette composition dont j’ai constaté les effets et je n’hésite pas à attribuer la beauté et grosseur des grappes»

 

Il signale que l’opération se fait avec un nouvel appareil appelé pulvérisateur qui projette le liquide en gouttes de pluie sur les feuilles. Les Ets Noel Avenue Parmentier à Paris semblent être les meilleurs et proposent celui à 3 jets à 48 frs, 1er du concours de l’Exposition Universelle de 1889 au moment de l’inauguration de la Tour Eiffel.

 

«Mr DIividis de Saint-Firmin des Prés réussit ses greffes de vigne à 90% par une une greffe en fente sur place (sur le rang)» Sa lecture est un trésor encore pour notre époque, il est à consulter en bibliothèque locale, départementale, Société d’ Horticulture de Loir-et-Cher, archives de Blois ou sur internet via Gallica. Le jardinage capte l’esprit, le végétal c’est le plaisir des yeux. Il faut semer pour récolter, on récolte ce qu’on sème ; si l’on a raté un semis on peut le refaire. Certains lecteurs auront bien compris que c’est valable pour l’être humain si versatile. Bonne lecture!

 

Jean-François Breton
Retraité de la profession horticole.


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