Deux Américains à Lavardin
Aprille et William Glover, elle artiste, lui avocat, sont tombés en amour de Lavardin il y a 25 ans. Les voici plus français que beaucoup d’entre nous !
Née près de Cap Kennedy en Floride il y a 60 ans, Aprille avait envie, enfant, de devenir astronaute. Elle a gardé la tête dans les étoiles car elle est finalement devenue artiste plasticienne. William – 80 printemps ce 5 janvier ! – était avocat, riche de la comédie humaine façon Balzac.
Leur rencontre date de 1992 à l’Alliance française dans le cadre d’un jumelage entre Nantes et Jacksonville (Floride). « On avait en commun l’amour de la France…» raconte Aprille, «six ans plus tard, on est venus à Vendôme en vacances, toujours avec l’Alliance française, et on est tombés amoureux de la vallée du Loir. On a demandé à un notaire de nous montrer des troglos à vendre et on a visité Lavardin. Un vrai coup de foudre ! On s’est dit que ce serait ce village ou rien…»
« Sculpture sociale »
Et ils ont fait leur trou, n’est-ce pas. Pendant qu’Aprille créait des œuvres inspirées par la poésie qu’elle ressent et faisait «de l’art vivant et de la sculpture sociale» pour la Ville de Blois, William scrutait avec humour la société rurale du Vendômois pour en faire des livres. «Cave life in France» 1 sur l’aventure de leur installation, puis «Deep France, tales of the Loir» 2, toujours façon Balzac. Des bouquins en américain dans le texte qui s’envoient par centaines outre-Atlantique et outre-Manche. «Un Anglais a emménagé à Lavardin après avoir trouvé le livre dans une bibliothèque de Londres !» s’enthousiasme Aprille.
« Le vrai monde de la campagne »
Dans Deep France, William dépeint ses amis lavardinois comme d’autres lieux ou situations dans l’Hexagone avec un humour très anglo-saxon, un peu comme le Major Thomson de Pierre Daninos dans ses Carnets. «J’avais envie d’exprimer ce qu’on a vécu et ressenti en nous installant : les différences, les fêtes, la fin d’une époque car tout a beaucoup changé en 20 ans et on a eu la chance de connaître le vrai monde de la campagne !». Ses chapitres effeuillent un calendrier qui n’oublie ni la Saint-Vincent à Saint-Rimay, ni la Chandeleur «chez Madame Lallier».
Aprille, pour sa part, ne tarit pas d’éloges sur cette «culture de l’art à la française : tout le monde s’intéresse aux expos, pas seulement des connaisseurs qui investissent comme aux USA mais des gens des environs qui veulent soutenir les artistes !» Généreuse, elle offre ses cimaises à d’autres amis peintres, leur proposant en prime d’éditer leurs catalogues.
Galerie (troglo) de la Résistance, 22, Grande-Rue, tél. 02 54 85 20 02, courriel aprilleglover@gmail.com