Insolite : deux vedettes méconnues de Ternay
Georges Conchon et son chien Jules – presque aussi célèbre que lui – ont vécu près de Montoire. Le scénariste du Sucre et de L’Etat sauvage n’écrivait pas sans son chien !
Si vous vous souvenez de Sept morts sur ordonnance, de La Banquière ou de La Victoire en chantant, sachez que le scénariste en était Georges Conchon, également romancier. Cet auteur très prolixe fréquentait alors la grande famille du cinéma dont les acteurs de ses films : Romy Schneider, Marina Vlady, Jean-Louis Trintignant, Jean 
Mais, si Conchon avait un chien (un adorable «sans pédigrée» au poil noir et aux «yeux tendres»), c’est aussi «l’écrivain qui était à son chien» selon la formule d’un reportage de la première chaîne de télé en 1976. Conchon, qui considérait Jules comme «un brave homme», avait tenu à lui faire raconter sa vie en voix off sur des images de son quotidien parisien.
Pas de sucre pour Jules
Mais le tendre bâtard a connu aussi la campagne, dans cette gentilhommière bien cachée des regards que le chanteur Leny Escudero lui avait vendue. Là, à quelques centaines de mètres du Loir, le grand auteur et scénariste recevait ses amis et travaillait aussi. Pour le film Une affaire d’hommes qui traite du milieu cycliste sportif, par exemple, il avait pris les conseils du réparateur de vélo de Montoire devant un photographe de Paris Match en 1978 et engagé Claude Brasseur sur le criterium pour qu’il s’entraîne !
Quant à Piccoli, «c’est un grand copain, je lui débarbouille les oreilles à chaque fois qu’il vient» jappe Jules dans le reportage télé. L’acteur avait en effet tourné dans trois des films scénarisés par le maître. Conchon raconte lui-même une anecdote sur l’un d’eux pour 30 millions d’amis (*) : « J’ai écrit tout le scénario du Sucre à la campagne [aux Augeolets, NDLR], avec Jacques Rouffio dans mon bureau pour discuter de chaque scène. […] Ce mot sucre, nous le prononcions cent fois par jour. Ce qu’il a pu souffrir de frustration, pauvre chéri ! «Quel sucre ?demandaient ses yeux. Où le sucre ?»
Le maître et son chien ont conservé les Augeolets une dizaine d’années. Georges Conchon est décédé en juillet 1990 assez jeune : à 65 ans.
(*) L’amour tendre, 30 confidences de 30 millions d’amis, 1988 Robert Laffont