Pierre Morali ressuscite le Vendômois Paul Yvon
Après son livre passionnant sur Antoine-Yvon Villarceau, paru aux Éditions du Cherche Lune en 2016, Pierre Morali récidive, cette fois en auto-édition, en ressuscitant une autre grande figure de la région, injustement tombée dans l’oublie. Paul Yvon, né en 1848 à Selommes.

« Ses parents sont venus s’installer à Vendôme lorsqu’il a eu 14 ans, explique Pierre Morali. Il a fait ses études au lycée Ronsard, en même temps qu’un certain Ribémont, qui deviendra une grande figure de l’obstétrie et qui est enterré à Vendôme. Paul Yvon passe son bac à 18 ans, ce qui est remarquable pour cette époque. Un de ses oncles était pharmacien, ce qui va orienter tout le reste de sa vie. »
Paul Yvon suivra tout le cursus qui mène à la pharmacie et débutera sa carrière comme professeur à l’école vétérinaire de Maison Alfort avant de s’installer comme pharmacien à Paris et de se lancer dans la recherche.
Recherches sur les propriétés nutritives des viandes utilisées pour les bouillons industriels, recherches et découvertes sur l’ergot de seigle avec Alban Ribémont qui permettront de réduire les hémorragies lors des accouchements, recherches sur les alcools pharmaceutiques utilisés lors des anesthésies, recherches sur les médicaments héroïques, sur les dosage de l’urée… Tout cela amènera Paul Yvon à entrer à l’Académie de médecine en 1908…
« J’ai découvert ce personnage éminent lors de l’écriture de mon premier livre sur Antoine Yvon Villarceau, explique l’auteur. Rien n’avait jamais été écrit sur lui, alors que ses travaux furent d’une grande importance et permirent de grandes avancées dans le domaine de la science médicale. J’ai commencé la rédaction de sa biographie en 2021. J’ai également découvert qu’il était plus facile de se procurer de la documentation sur les sites internet américains qu’en France où il a été presque oublié. J’ai donc voulu mettre sa vie en lumière, d’autant plus qu’il s’agit d’une de nos célébrités locales. »
Avec amusement, Pierre Morali ajoute : « Paul Yvon a également participé à la controverse concernant les « effuvistes ». C’est ainsi que se nommaient à la fin du XIXe siècle, ceux qui prétendaient qu’on pouvait communiquer avec les morts et que l’on pouvait voir des fluides s’échappant des cadavres. Une escroquerie qui a pourtant été défendue par de nombreuses personnes de la bonne société de l’époque. Paul Yvon a pris des clichés de cadavres afin de vérifier leurs spéculations…et démontré qu’il n’en était rien. »
Maurice Mercier




