Histoires locales

Quand je chevauchais avec Jeanne Bourin…

J’ai beaucoup « chevauché » le long du Loir avec l’auteur de la fameuse Chambre des dames. Cette grande dame avait ses attaches à La Chartre mais s’était prise d’amour pour tout le Vendômois. Ses romans historiques y prennent souvent ancrage, à commencer par Le bonheur est une femme (1963) qu’elle rééditera sous le titre Les Amours blessées... Celles de Ronsard avec Cassandre, évidemment.

Grâce à Jeanne (qui avait épousé André, fils des apéritifs Bourin de Tours, lui-même grand journaliste littéraire) l’Histoire redevenait vivante. Sous son donjon dévoré par les flammes, je pouvais découvrir « la communauté villageoise de Fréteval, […] entourée d’une enceinte défensive qui la protégeait de toute attaque  » et sentir « sur le pont, l’odeur de la rivière, de ses plantes aquatiques, des feuillages trempant dans son eau verte ». Le Grand feu est une fresque très aboutie de la vie au Moyen Âge.

Quand je chevauchais avec Jeanne Bourin...Fréteval il y a 1000 ans

Des environs immédiats de Fréteval, la romancière donnait une carte précise des villages et lieudits de la fin du XIe siècle pour suivre l’aventure d’une brodeuse et d’un maître-verrier. Y apparaissent notamment Vievy, Lignières, Rocheux et autres hameaux anciens tels Monthenry, la Thibaudière, tous nommés dans l’histoire qui me ramène mille ans en arrière !

A Vendôme, Jeanne Bourin posa ses valises pour bien parler de Ronsard et de Cassandre dans Les Amours blessées, donc. Ici apparaissent les noms de Courtiras – « la maison d’un certain bonheur »  -, de Lancé, de la rue Saint-Jacques et de l’église de la Madeleine, avec « un jardin clos, vrai fouillis de verdure, donnant sur un des bras du Loir qui traversait la cité. » Elle n’oublie bien sûr ni Montoire, ni Couture, ni la Bonaventure au Gué-du-Loir, « simple et charmante demeure […] au milieu des prés ».

Lire Les Amours blessées, c’est être transporté dans un Vendômois de la Renaissance historiquement parfait… Mieux qu’en réalité augmentée !

Marraine des Maisons de vignes

Je rencontrai enfin Jeanne Bourin en 1994 à La Chartre. Elle publiait tout juste les souvenirs de ses vacances d’enfance au village de ses grands-mères Mondot : La Garenne, du nom de la maison disparue et du parc qui est resté. Elle accepta avec beaucoup de grâce et de gentillesse d’être la marraine de l’association Maisons de vignes que je venais de créer avec d’autres défenseurs de ce petit patrimoine répandu sur nos coteaux.

Il faut dire que dans sa « Garenne », il y avait justement une maisonnette de vigne en personnage principal… Quatre murs et cinq mètres carrés qui avaient abrité la relation discrète d’un cousin et d’une jolie chartraine vers 1930. L’amour, toujours !

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