Économie et société

Réparer 
pour durer

Entré en application le 31 juillet dernier, le droit à la réparation, directive européenne, prévoit plusieurs mesures pour favoriser la réparation des produits plutôt que de consommer. Certains pourront le voir comme une contrainte, d’autres s’en réjouissent, je fais bien partie de ces derniers, encore faut-il que la réparation soit plus intéressante qu’un nouvel achat. J’en suis persuadé mais l’on voit bien que des firmes font de la résistance en vendant leurs produits tellement bas que la réparation n’est pas envisageable, à l’instar de Shein, ce géant chinois du commerce en ligne qui inonde le marché européen de ses vêtements bas de gamme à des prix défiant toute concurrence.

Réparer 
pour durer

Au contraire, des fabricants, comme Acer ou Framework, ont développé une gamme d’ordinateurs portables qui peuvent se réparer « soi-même » avec un indice de 9,7/10, ce qui est énorme… redéfinissant le portable comme un bien durable, ce qui, entre nous, reste remarquable à l’heure des biens connectés qui remplissent nos poubelles. On voit bien que c’est une tendance qui s’amorce, des constructeurs de renom commencent à se poser les bonnes questions et appliquent, enfin, des solutions. Car réussir la transition écologique et donc notre survie impliquera notamment de passer d’une économie simplement d’achat à une économie circulaire (réparer, entretenir, recycler).

Des acteurs locaux en font déjà, depuis des années, la promotion. Que ce soit une association comme Dos d’Âne ou la Régie de Quartier mais également le Syndicat Valdem, tous ces acteurs encouragent la réparation ou le réemploi qui prend une place croissante en France, suscitant l’intérêt. Cependant, pour trouver un équilibre économique, les consommateurs doivent accepter de payer un prix de vente plus élevé pour un matériel qui se répare mieux et dure plus longtemps. Combattre l’obsolescence programmée par un indice de réparabilité ou de durabilité élevé pour que, dès la conception du produit, ces critères soient pris en compte par les industriels et qu’ils mettent en œuvre le droit à la réparation.

L’État a mis en place des fonds de réparation pour aider les consommateurs qui désirent réparer et donc, par ce bonus, payer moins cher l’intervention auprès d’un réparateur «  Qualibat », valable aussi bien pour des appareils électriques que pour réparer vos chaussures préférées ou votre pantalon qui aurait bien besoin d’une nouvelle braguette.

Et si l’on a perdu, hélas, beaucoup de salariés dans notre industrie qui disparaît petit à petit dans l’Hexagone malgré les efforts de nos politiques, la réparation, qui concerne beaucoup de produits et donc de secteurs différents, a, elle, créé de l’emploi. Cette pression européenne avec ces directives devenues obligatoires fait émerger, en fait, de nouveaux modèles économiques. En effet, en 2022, 157 000 entreprises de réparation pour un chiffre annuel de 35 milliards d’euros, effet Covid évident avec une prise de conscience environnementale croissante.

Il est temps, à l’exemple des déchets électroniques qui représentent, par an, 62 millions de tonnes, soit 1,5 million de semi-remorques : 22,5 % sont correctement recyclés, plus de 75 % finissent incinérés ou enfouis… Même si on n’est pas dupe que l’intelligence artificielle fait exploser les coûts des mémoires ou autres matériels informatiques, le recyclage devenant purement financier, la conscience écologique pour une transition indispensable est enclenchée. Et c’est tant mieux !

Alexandre Fleury

Il est partout ! Assemblées générales, événements sportifs et culturels, reportages, interviews, portraits… à lui seul, il rédige la moitié des articles du journal. C’est la figure tutélaire de la rédaction et il répond toujours avec le sourire aux très nombreuses sollicitations. Une valeur sûre, qui écume le Vendômois par monts et par vaux et connaît le territoire par cœur.

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