Lavardin, un village idéal ?
Tout le monde connait ces affiches scolaires colorées des Trente glorieuses dont les éditeurs les plus courants étaient Rossignol à Montmorillon et Fernand Nathan à Paris. Ces deux maisons publiaient de jolies planches pédagogiques, parfois un peu naïves ou stylisées.
À Toulouse, l’éditeur Bourrelier n’hésita pas, lui, à solliciter une grande artiste pour brosser des paysages tels des peintures, ravissants à contempler sur les murs de la classe, riches également d’une foule de détails à décrire à voix haute à la demande du maître ou de la maîtresse.
Je m’appelle « LN »
On reconnaît la signature de cette artiste aux deux lettres L et N précédant son nom, pour Hélène Poirié. On sait seulement de cette femme discrète qu’elle naquit en 1914 et est morte en 2009… Le jour de Noël ! Elle contribua à une dizaine de collections d’ouvrages scolaires entre 1940 et 1970 et réalisa de nombreuses planches dans les années 50 : marchande de 4 saisons, place du village, cirque, jardin potager, bords de mer, forêt – tous de véritables tableaux !
Inspirée par Kodak ?
Dans cette collection existent encore «Le village et la moisson» et «Le bord de la rivière» qui rappellent curieusement le site de Lavardin. Le premier est une vue qui superpose le pont, l’église et la forteresse dans un ordre rappelant le plan de notre «plus beau village de France», bien que le pont n’y compte qu’une arche. La seconde est encore plus troublante car elle montre une baignade d’été et des pêcheurs sur fond dudit pont comme un copié-collé du réel.
On ne sait pas où vivait Hélène Poirié, mais j’aime à penser qu’elle est tombée un jour sur la fameuse réclame Kodak montrant une vue générale de Lavardin depuis le chemin de Salagnus dans les années 30… Et que cela l’a inspirée pour ces deux planches qui me font encore et toujours rêver !