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Vive la colo Saint-Oustrille !

« Bonjour maman et papa, je suis a la mér, je me baigne il y le soleil on mange dé glasses, je vous fé des bizous ».

Quel âge avais-je quand j’envoyai cette carte postale du port de l’Herbaudière à mes parents qui m’avaient confié pour trois semaines à la colo Saint-Oustrille… 7 ans ? 8 ans ? Assez jeune en tout cas pour les pleurer pendant une si longue période, d’autant plus qu’ils ne pouvaient venir à la « Fête des parents », véritable mi-temps de bisous pour les plus chanceux de ce mois d’août (celui des garçons).

vive la colo saint oustrille inlineMadeleine de Proust

De Saint-Oustrille à la charnière des années 60 et 70, pourtant, il me reste de belles images qui ont dû participer à ma construction. Je revois la conduite lente du car sur les pavés du Gois qui annonçait la fin de mon voyage nauséeux. Je revois ce grand bâtiment allongé de plain-pied donnant sur un immense espace ensablé (du moins m’apparaissait-il ainsi), la silhouette de l’église au clocher tronqué couverte de tuiles rouges, le mur qui était celui du cimetière, l’intérieur d’un grand dortoir où la sieste était obligatoire sur des lits de fer.

Mais surtout, il y avait l’odeur singulière du réfectoire, indescriptible, sans doute faite de relents de cuisine accumulés mêlés aux senteurs des produits d’entretien de l’époque. Les pichets d’eau en inox s’alignaient sagement sur les chariots aux côtés des corbeilles de plastique de couleur vidées de leurs grosses tranches de pain blanc (à moins qu’elles fussent en inox, elles aussi ?). J’ai retrouvé cette même odeur lors d’un pèlerinage avec mon fils 35 ans plus tard… Une véritable madeleine de Proust !

Le sentier de la plage

Mon plus beau souvenir reste cependant l’heure de la baignade, quand nous empruntions le chemin de la plage toute proche, débouchant à la fameuse «Chaumine» où logeaient les grands.

Ce sentier ondulait à travers la pinède. Entre la cour ensablée et l’océan, il s’enfonçait sous l’ombrage de pins maritimes géants dans les parfums mêlés de la résine chaude et des aiguilles sèches foulées au pied. Y arrivait par effluves le souffle iodé du grand large, et alors entrait dans nos petits poumons toutes les promesses des joies de la mer.

Nous devenions, par ces sensations pures et sa fréquentation assidue, les copropriétaires de la colo, du petit bois et des sables ; de cela nous ne doutions pas en trottinant les uns derrière les autres.

Prendre le sentier de la plage à Saint-Oustrille, c’était emprunter l’étroit couloir d’un paradis que nous avions déjà gagné grâce aux bons curés de Montoire.

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