La Rose Indienne ou la parole pour se reconstruire
Ce premier roman d’autofiction de Béatrice Coslado, qu’elle signe sous le pseudonyme Myriam Heurtevent, retrace sa vie d’avant, un ouvrage inspiré de ses expériences réelles, une longue blessure née d’un mariage oppressant et une reconquête de soi grâce à un amour platonique et idéalisé.
À l’heure où la parole se libère et où les femmes peuvent enfin parler, La Rose Indienne possède cette force de témoignage sur le thème de la violence psychologique. Son autrice, Béatrice Coslado, vendômoise depuis 18 ans, adore les mots, mais pas seulement, car elle est également passionnée de théâtre, de musique et anime de nombreux ateliers à l’AVF. Divorcée d’un mari que l’on appellerait aujourd’hui pervers narcissique, elle a souffert dès son mariage de brimades continuelles et a servi de défouloir. « J’ai été en permanence culpabilisée. Une première partie du roman où j’explique tout le processus mis en place et où, à travers les mots, ma thérapie, je décris la relation toxique que je subissais chaque jour, avec des internements de force en hôpital psychiatrique », détaille l’autrice. Une haine entretenue sûrement également par le métier intellectuel qu’elle exerçait, lui qui, comme sa belle-mère, aurait espéré une femme au foyer.
La deuxième partie pourrait se résumer à une sorte de sauvetage. Un amour platonique avec Armand, son conseiller pédagogique lorsqu’elle décide de passer son CAPES en parallèle de son travail d’enseignante. « J’étais en admiration devant sa culture et, au fur et à mesure que cet amour intellectuel se construit, le paysage que je traverse change, comme celui que je cheminais à l’époque dans les Ardennes, décrit dans le livre », poursuit-elle.
Le titre résume finalement bien le livre. Cette rose indienne est le symbole de la vie, avec ses épines malgré sa belle couleur. Béatrice adore la vie, justement. Ce livre en est le témoignage, avec ses mots justes et forts.