Une inspiration très végétale de Jacques-Victor André
Le sculpteur Jacques-Victor André expose jusqu’à la fin du mois d’octobre à la galerie Laurent Potier à Vendôme ses oeuvres et quelques dessins influencés par la beauté de la nature.

Jacques-Victor André, sculpteur depuis plus de 60 ans, a encore ce dynamisme de la création avec, pour cette formidable exposition vendômoise, des pièces uniques créées spécialement pour l’occasion. Des œuvres modelées en plâtre qui n’ont pas encore leur représentation en bronze ou ces dessins d’herbes folles qui peuvent cacher des personnages, Vénus ou autre déesse. Résidant dans la campagne picarde, son inspiration est principalement végétale. « Cela fait 50 ans que je cultive mes légumes avec des labours et des bois autour de la maison dans lesquels je me promène chaque jour avec ma femme. C’est indissociable de ma vie, ce monde végétal où de la terre surgit une forme qui grandit, tout ce grand mystère du rien, pour moi c’est la plus belle leçon dans la création » détaille l’artiste. Mais comme Jacques-Victor André le précise, son travail n’est jamais une copie du végétal, mais une interprétation, ce qu’il ressent, ce qu’il désire exprimer. On retrouve dans ce travail artistique le mouvement et l’animation, le rythme et la composition également qui donnent tout l’élan des oeuvres.
Une exposition qui permet également d’admirer tout le processus de la création du sculpteur, du dessin au fusain en passant par les moules en plâtre puis l’œuvre, magnifique, en bronze. « J’ai suivi la demande de Laurent Potier mais c’est un peu une première pour moi d’exposer mes dessins ainsi que mes plâtres comme ceux, émouvants, du musée Rodin, des oeuvres qui expriment peut-être encore plus la sensibilité de l’artiste, un matériau noble aussi bien que la pierre ou le marbre » poursuit Jacques-Victor André. En effet, le premier tirage après le façonnage de la terre glaise a pris l’empreinte du travail de l’artiste. « Je suis toujours personnellement à la fonderie au moment de la ciselure et de la patine des bronzes, dans toutes les phases de la création en somme » insiste-t-il.
Dans les six vitrines visibles de la rue, on retrouve le nouveau thème qui inspire l’artiste depuis 2 ans, plus architectural, des colonnes corinthiennes, cannelées, certaines déstructurées mais toutes ont la beauté de la légèreté. « C’est à partir de carton très fin que je déchire et façonne pour lui donner du mouvement. Une technique où je dois doser le temps de trempage dans la cire chaude ». Certaines œuvres font penser à une scène de théâtre avec ces rideaux, autre passion de Jacques-Victor André qui, à 82 ans, nous donne encore une leçon de création.




