Le jardin fait son cinéma
A quelques encablures du Vendômois, le Festival International des Jardins à Chaumont-sur-Loire, devenu une référence, présente depuis 1992 une sélections des meilleures créations paysagères en lien avec un thème chaque année renouvelé. Pour cette nouvelle saison 2026, le cinéma est à l’honneur et devrait inspirer les créateurs.
Le jardin est un espace de mémoire, de temporalité, de mise en scène et d’émotion. A la fois réel et symbolique, il propose une scène où la nature est domestiquée, ordonnée, cultivée, mais jamais totalement contôlée, chaque jardinier le sait intérieurement. Le cinéma, art du temps, du regard et du récit, trouve dans le jardin un partenaire 
Depuis les origines du cinéma, le jardin est un lieu de tournage. Filmer dans un tel «décor» n’est jamais neutre. Il porte en lui une charge affective, un potentiel dramaturgique incroyable. De la séquence buccolique à la scène d’effroi, du lieu d’enfance au territoire fantastique, il peut être refuge ou piège, utopie ou initiation, paradis ou allégorie. Le cinéma partage avec l’art du jardin une même attention aux perspectives, aux lignes et aux circulations. Tous deux organisent finalement l’espace pour guider le regard vers ce que l’on souhaite faire voir.
Ainsi les concepteurs ont été invités pour cette nouvelle édition à penser l’espace comme une œuvre cinématographique, à convoquer une esthétique singulière rappelant un des genres du 7e art ou un film culte en particulier. Tout en maintenant les exigences botaniques, esthétiques, écologiques essentielles à Chaumont, les jardiniers se sont inspirés directement des scènes appartenant à la mémoire collective, jouant sur la lumière, la bande sonore, les trajectoires, les effets de surprises. Transformant ainsi le jardin en un écran tridimentionnel, chaque jardin étant imaginé comme une séquence à parcourir, une scène à habiter, un film à rêver.