La culture touareg en exposition
Du 6 au 18 mars, à l’initiative des associations Afrik Plus et Tatrit, l’exposition exceptionnelle «À la rencontre des Touaregs rassemblera une documentation remarquable et prodigieuse issue des fonds Michel Vallet sur la vie traditionnelle et culturelle de ce peuple du Sahara.
L’association Tatrit, association culturelle qui préserve et valorise le patrimoine matériel et immatériel touareg, est née d’une rencontre entre Catherine Vaudour et Michel Vallet. En effet, à l’Institut national des langues et civilisations orientales, au cours de ses études d’ethnolinguistique, Catherine Vaudour a d’abord fait la connaissance de Jean Burner, expert, entre autres, des bijoux anciens touaregs, qui lui a fait connaître Michel Vallet, ancien officier méhariste dans le sud de l’Algérie pendant la guerre d’Algérie, puis chercheur au CNRS, diplômé de l’École pratique des Hautes Etudes. Ses nombreux voyages chez les nomades du Sahara et du Sahel en ont fait un spécialiste français des Touaregs, auxquels il a consacré un nombre impressionnant de dessins et de photographies.
En plus d’objets spécifiques comme un lit typique du Niger, un paravent extraordinaire ou encore une selle touareg de dromadaire, ainsi que plusieurs parures de bijoux et d’objets en cuir, c’est toute cette connaissance de la civilisation touareg qui sera exposée à la chapelle Saint-Jacques, sous forme de grands panneaux explicatifs et thématiques reprenant les nombreux dessins et illustrations de Michel Vallet, décédé en 2018. «Il savait capter toutes les différences et reconnaître d’un coup d’œil les différentes tribus touaregs, simplement par l’observation des vêtements ou des coiffures. Tout ce travail de plus de cinquante ans sur le terrain, plus personne ne pourrait le faire aujourd’hui : la géopolitique a bouleversé le territoire de ce peuple nomade, qui disparaît petit à petit», détaille la spécialiste en langue berbère.
En amont de l’exposition, vendredi 5 mars, à 19h30, Catherine Vaudour présentera également au Loup Perché, faubourg Chartrain, cinq courts métrages réalisés à partir de rushs filmés en 8 mm par l’armée française en 1959, des documents d’archives inédits sur les Touaregs, accompagnés d’extraits d’entretiens avec Michel Vallet.