Sports

Changement de directeur au Service des Sports

Arrivé le 1er novembre à Vendôme à la direction du Service des sports de la Ville et de la Communauté d’Agglomération Territoires Vendômois (CATV), Anthony Nail nous reçoit, dans son bureau, en acceptant de jouer aux questions-réponses.

Le Petit Vendômois (LPV) : Votre poste engage de lourdes responsabilités, quelle est votre expérience ?

Anthony Nail : Loir-et-Chérien d’origine, je viens moi-même du milieu du sport, de l’athlétisme particulièrement, à l’AJ Blois-Onzain, où j’ai pratiqué jusqu’à un niveau national. Après des études de professeur d’éducation sportive, je me suis orienté plus particulièrement vers l’événementiel sportif, et c’est par ce biais que j’ai intégré la collectivité blésoise en tant que chargé de mission. J’ai pu exercer, en 25 ans de carrière, différents postes, de la gestion des installations sportives avec de lourds travaux pour certaines, jusqu’à l’apprentissage ou l’éducation de jeunes agents dans le milieu du sport à la Ville de Blois. Approchant de la cinquantaine et au vu de mon parcours, j’ai candidaté à ce poste qui se libérait au départ à la retraite de Yannick Henriet, après ses trente années au service du sport à Vendôme. Je découvre cette ville que je ne connaissais uniquement qu’en tant que sportif, au travers des différentes manifestations organisées par l’USV Athlétisme.

LPV : Quel est votre premier regard sur le sport au sein de notre territoire ?

Anthony Nail : En candidatant sur ce poste, j’ai pu constater une collectivité qui était déjà très active dans le milieu du sport depuis des années et qui avait une envie d’évoluer dans sa politique. Le Vendômois a un très beau potentiel. J’essaie de ne pas comparer avec mes premières expériences, mais un mot me vient régulièrement depuis que je suis arrivé : la contradiction. Une sorte de complexe d’infériorité que certains peuvent avoir en se comparant, alors que le territoire dispose de forts atouts avec ses nombreux sportifs et ses installations, comme ce pôle nautique qui est un équipement extraordinaire pour le Vendômois.

LPV : Comment voyez-vous ces évolutions et ces échanges avec les clubs ?

Anthony Nail : Comme nous en discutions avec Teddy Soulis, le président de l’USV-Union d’Associations (USV-UA), le travail en réseau est devenu indispensable. Je le constate dans les différents séminaires régionaux ou nationaux auxquels je participe. Face au repli de certains clubs suite à la pandémie ou aux difficultés financières, à l’abandon des associations omnisports dans les villes, Vendôme possède ce formidable atout qu’est cette association qui réunit les associations sportives de la ville. La semaine dernière, j’ai participé à une simple réunion pour échanger avec eux, et j’avais en face de moi une vingtaine de présidents ou représentants de clubs en une seule fois. J’ai perçu cette solidarité et cette envie de travailler ensemble. Ce qui m’a également interpellé en cette fin d’année, c’est la patinoire du quartier Rochambeau, où chaque matin les écoliers de la ville ont pu apprendre à patiner avec nos éducateurs. Cela a fonctionné sept semaines, avec uniquement des bénévoles. On parle partout de la crise du bénévolat, et j’ai pu le constater ailleurs. À Vendôme, je vois bien que c’est historique, que les gens aiment se retrouver et travailler ensemble en donnant de leur temps parce qu’ils aiment leur territoire, leur ville. C’est une richesse inestimable. Et quand on vit ici, on ne le voit plus forcément. On peut dire très facilement que cela pourrait bouger davantage, on le lit sur les réseaux sociaux, mais ce formidable atout nous oblige, en tant que Service des sports, vis-à-vis des Vendômois, à accompagner les clubs dans l’équité.

LPV : Vos dossiers pour demain ?

Anthony Nail : Comme dans toutes les villes, nous avons un sujet commun avec des structures sportives vieillissantes et des budgets resserrés. À l’après-guerre, le plan Marshall et les Trente Glorieuses ont permis de développer l’offre sportive dans toutes les villes, avec des gymnases qui sortaient de terre facilement. Toutes ces structures, nées dans les années 70 ont toutes fait une double vie c’est à dire 2X 25 ans. En effet, au bout de leur première vie, le gymnase est rénové et réaménagé et à 50 ans, il faut penser à le restructurer entièrement, c’est le cas du gymnase Clémenceau. À Blois, j’ai eu l’occasion de travailler sur la restructuration complète du gymnase Bégon, devenu Halle des Sports Moussa Traoré. Cette expérience, je l’apporterai au projet du gymnase Clémenceau dans le quartier des Rottes, voué à disparaître après plus de cinquante ans d’existence, en pensant à un lieu à la fois sportif et culturel. En effet, le sport s’organise différemment aujourd’hui qu’il y a encore trente ans, en prévoyant des espaces dédiés aux sports de bien-être, de santé, d’inclusion, ainsi que des espaces mutualisés et modulables. Repenser la manière dont le sport est pratiqué aujourd’hui et le sera demain, afin d’adapter nos structures avec une vision avant-gardiste pour les cinquante prochaines années.

Alexandre Fleury

Il est partout ! Assemblées générales, événements sportifs et culturels, reportages, interviews, portraits… à lui seul, il rédige la moitié des articles du journal. C’est la figure tutélaire de la rédaction et il répond toujours avec le sourire aux très nombreuses sollicitations. Une valeur sûre, qui écume le Vendômois par monts et par vaux et connaît le territoire par cœur.

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