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Une tuile pour Montoire, une chance pour Trôo

Laurie et Jean-Louis Garigue se disent déçus par un «manque de soutien moral» à Montoire et décident de confier les collections de leur Musée de la tuile et cabinet de curiosités à l’association «Au coeur de Trôo».

Ayant pignon sur rue face à la chapelle Saint-Gilles depuis 8 ans, l’insolite Musée de la tuile assorti de son riche cabinet de curiosités s’était fait sa petite réputation, remarqué par des médias nationaux, visité par des cars de touristes.

Cela n’a vraisemblablement pas suffi pour convaincre localement et, aujourd’hui, ses fondateurs Laurie et Jean-Louis Garigue jettent l’éponge. «On a eu des milliers de visiteurs, la plupart de la région, qui étaient tous très contents mais on n’a pas eu ici les soutiens officiels qu’on pouvait attendre» disent-ils à l’heure de fermer le musée…

Bientôt dans les cafforts

A Trôo, où la fusion de deux associations a donné «Au cœur de Trôo», on s’est montré tout de suite intéressé pour récupérer les deux fonds réunis. Le cabinet de curiosités et la collection de tuiles vont trouver leur place dans le grand projet des Cafforts baptisé Amétist (Aménagement à Trôo d’insolites sites troglodytiques). Il faudra patienter un an pour voir les premiers lieux ouvrir en dehors, notamment, des périodes d’hibernation des chauves-souris devenues les starlettes de la petite cité de caractère.

Et si vous pensez que les tuiles revêtent un intérêt moyen outre les toitures qu’elles couvrent, détrompez-vous ! «Les plus anciennes sont romaines et nous en avons beaucoup du XVIIe et du XVIIIe siècles, le plus intéressant, ce sont les inscriptions ou signatures » explique Jean-Louis. «Les symboles religieux – croix, ostensoirs, initiales du Christ – étaient censés protéger toute la maison au revers de la tuile, il y a aussi le témoignage de la vie des charpentiers couvreurs des époques, comme un graffiti de la bête du Gévaudan ou la silhouette d’un compagnon du Tour de France…»

Ecureuils et fouines

Plus près de nous, un jeune mobilisé de 1917 avait gravé «ma dernière tuile avant de partir à la guerre», signant Louis. «Ces tuiles sont émouvantes parce qu’elles racontent aussi une histoire, au-delà de la technique de couverture des maisons. Beaucoup reprennent aussi des slogans révolutionnaires après 1789 ou en 1848  !» Quant aux traces d’animaux : «On se doute que chiens ou chats vivaient sur les lieux de production et s’y promenaient librement… Mais pour une fouine ou un écureuil, cela montre que les aires de séchage étaient très fréquentées la nuit ou, en tout cas, aux heures non travaillées. Ça aussi, c’était la vie des tuileries !»

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