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La Pierre Cochée : des haches, des druides et un trésor

Près de Droué, les vestiges d’un important atelier de l’ère tertiaire occupent l’esplanade bordée de chênes.

En un lieu fort justement appelé autrefois «Les trente-et-un chênes», parmi les nombreux blocs de pierre et de poudingue affleurant la surface, un imposant monolithe de grès, partiellement enfoui dans le sol, attire immédiatement l’attention du promeneur. Si ses dimensions sont impressionnantes (2,50 m par 2,10 m) et qui font de ce polissoir le plus grand répertorié en France, sa surface l’est tout autant. En effet, vingt sept rainures, d’une longueur allant de 20 à 70 cm, et d’une profondeur pouvant atteindre les 5 cm, rompent la planitude de la roche.

Ces coches, qui lui donnèrent le nom de Pierre Cochée, servaient à aiguiser le tranchant des haches taillées. Des sortes de cuvettes formées par le polissage desdites haches accompagnent ces rainures. Un usage remontant à la période éocène (de – 56 à – 34 millions d’années).

Un bloc, énorme, voisin de ce polissoir, laisse place à l’analyse mais aussi à l’imagination. Les druides, attirés par la présence des chênes, où ils trouvaient le gui nécessaire à leur culte, ont utilisé cet autel naturel. Trois marches permettaient d’accéder à la table sur laquelle ont été creusées des rigoles descendant jusqu’au sol.

De quoi y voir un autel sacrificiel et, compte tenu d’une usure oblongue sur la table, y envisager d’anciens rites offrant des vies humaines ou animales aux divinités. Les cérémonies devaient principalement s’y tenir lors du passage d’une année à l’autre, à cette époque vers le 1er novembre, lors de la Fête de Samain, marquée également par l’ampleur de festins très arrosés.

De ces deux pierres emblématiques de l’histoire de l’homme, alliant les aspects pratiques mais aussi spirituels, la légende s’est poursuivie dans une dynamique chrétienne. Ainsi, pendant la nuit de Noël, la Pierre Cochée se soulève et dévoile un inénarrable trésor. Mais, malheur à celui qui se laisse attirer par la cupidité car la Pierre retombe au douzième coup de minuit et les cupides qui n’auront su raison garder y demeureront pour l’éternité.

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