Éditos

Festival annulé

Coup de tonnerre en cette fin d’année 2025. On vient d’apprendre que le célèbre Festival de BD d’Angoulême (FIBD) reconnu internationalement ne se déroulera pas en 2026. Cela couvait mais l’on espérait tous et moi le premier, qu’il ait lieu tout de même. Né en 1974, ce festival est devenu une référence dans le monde de la BD, pour les auteurs comme les éditeurs, un rendez-vous incontournable de la fin janvier pour tous les amateurs de ces histoires dessinées. En effet, comme décembre a son Père Noël ou la fin du printemps ses fraises, l’hiver était bercé au son des feutres des auteurs qui grattent et dédicacent les premières pages des BD aux nombreux visiteurs.

La cause de cette malheureuse décision d’annulation tient en fait d’une organisation fâcheuse et critiquée par les auteurs et maisons d’édition qui ont décidé de boycotter le festival. Dénonçant l’opacité persistante dans la gestion par la société 9eArt+ qui pilote l’événement international pour l’association du FIBD. Les critiques concernaient également le licenciement d’une salariée qui avait porté plainte pour un viol en marge du festival 2024. Cette même société a été reconduite pour neuf ans par l’association propriétaire du festival malgré les nombreuses alertes en annonçant début novembre le maintien de 9eArt+ au sein d’une future structure à deux entités avec la Cité internationale de la BD.

Un communiqué récent des avocats de la société 9eArt+ rejette la faute sur les pouvoirs publics qui à la mi-novembre exprimaient leur refus de verser les subventions pourtant indispensables à la bonne marche du festival car contribuant pour moitié dans un budget d’environ 6 millions d’euros.

Ces mêmes avocats rendaient ce retrait des financeurs responsable du départ des exposants et entreprises partenaires et accusaient les collectivités de s’immiscer dans la gestion, pourtant privée de cet événement malgré sa dépendance à l’argent public. Des accusations infondées car les éditeurs et auteurs avaient, bien avant l’intervention de la mairie, déjà décidé de boycotter l’événement au motif même de la gestion de 9eArt+.

Dans ce climat volcanique, la 53e édition du festival International de la BD qui avait commencé au début des années 70 dans une aile désaffectée du Musée d’Angoulême et qui avait une seule fois été annulé en 2021 à cause de la pandémie reste suspendue à l’heure où nous éditons même si le ministère de la culture continue de plaider pour son maintien.

Il découle de cette histoire des dommages collatéraux. En effet, libraires, restaurateurs, hôteliers qui lors de ce week-end voient venir dans leur préfecture des Charentes le monde entier autour des dessinateurs et scénaristes, l’annulation du festival va avoir de graves conséquences pour la région entière. Et outre cette économie qui s’envolerait ce sont nous amateurs de BD qui seront privés de notre rendez-vous annuel avec les auteurs. « Ne croyez pas que je pleure, je transpire des yeux c’est tout » dit le Chat de Philippe Gelluck.

Alexandre Fleury

Il est partout ! Assemblées générales, événements sportifs et culturels, reportages, interviews, portraits… à lui seul, il rédige la moitié des articles du journal. C’est la figure tutélaire de la rédaction et il répond toujours avec le sourire aux très nombreuses sollicitations. Une valeur sûre, qui écume le Vendômois par monts et par vaux et connaît le territoire par cœur.

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