Le plus « british » des Hôtels de France !
A la Chartre-sur-le-Loir, vieux de plus de 120 ans, il s’est forgé une clientèle d’outre-Manche depuis les années folles. La passion de la course automobile n’y est pas étrangère.

S’il vous arrive de passer devant la terrasse du vénérable Hôtel de France cet été, vous vous pincerez peut-être en entendant parler anglais d’un bout à l’autre. Mais vous ne rêvez pas : c’est l’étape la plus british de toute la vallée du Loir !
Et l’histoire ne date pas d’hier. C’est d’abord l’idée géniale de Raoul Pasteau de convertir en 1923 le petit hôtel ouvert par son père 18 ans plus tôt en bel établissement à l’architecture balnéaire. Ainsi, la clientèle jusqu’ici limitée aux « voyageurs de commerce » pourra s’étoffer de celles des touristes qui visitent les châteaux de la Loire.
Aston Martin : les pionniers
Un premier pari gagné : les Britanniques, notamment, adorent s’arrêter dans cet hôtel dont le fronton fleuri de style art nouveau leur rappelle Granville ou Dinard. La cuisine y est bonne et fine, faite de friture ou de brochet du Loir arrosés de jasnières ou de vin d’anjou, et les 40 chambres (25 aujourd’hui) offrent une belle capacité d’accueil.
A 40 mn du circuit des 24 Heures, l’endroit ne passe pas inaperçu auprès des écuries anglaises qui courent au Mans. Après un premier séjour de Shell en 1952, le France tape dans l’œil du directeur sportif d’Aston Martin. Remontant d’un essai à Monza en Italie, il s’arrête à La Chartre et réserve tout l’hôtel pour l’édition 1953… Une histoire d’amitié qui dure toujours, même si les Aston furent remplacées par les Ford, les GT 40 mais aussi des Porsche des années 60 à 80.
Les victoires de Derek Bell
C’étaient des années folles où les pilotes rejoignaient Le Mans par la route avec leur bolide après avoir mangé et bu au restaurant la veille !» raconte Christophe Lefèvre, l’ancien barman devenu mémoire du France. Bolides qui étaient démontés puis remontés dans la nuit au garage Renault voisin.
Les 24 Heures et Le Mans Classic qui viennent d’avoir lieu sont prétexte à faire chaque année de La Chartre un « petit Le Mans » dont les Anglais sont fans. Et les plus célèbres comme Derek Bell et son fils Justin ne sont pas les derniers, le premier ayant d’ailleurs fêté toutes ses victoires au bord du Loir avec son ami Jacky Icks. Vive l’Union Jack !




