Expédition sur le glacier islandais
Alexandre Gaye, 41 ans, Tourangeau mais originaire de Savigny-sur-Braye où toute sa famille réside encore, part en expédition polaire en ce mois d’avril sur le plus grand glacier d’Europe, le Vatnajökull, en Islande, sans assistance et pour 180 km de grands frissons.
On pourrait le prendre pour un fou ou tout simplement un illuminé, mais Alexandre Gaye, cordiste de métier, a bien la tête sur les épaules. Amoureux fou des exploits et des grands espaces qu’il ressent comme un besoin et un challenge, il aime et désire dépasser sa zone de confort. Pour cette aventure, qui a débuté il y a un an par plusieurs entraînements et qui devrait, dans le meilleur des cas, se dérouler sur 12 jours de traversée, il a, avec plusieurs coéquipiers, créé une association, Horizon Aventure. «Si l’on compare cette traversée avec des records purement sportifs comme a pu le réaliser Ludovic Chorgnon et ses 41 Iron Man à Vendôme, on saurait pourquoi je fais cela. Dans le cas d’une traversée de désert, il n’y a pas cet esprit qui motive. C’est juste un besoin d’aller là où personne ne va, là où l’on a vu des photos ou des reportages et que l’on désire soi-même voir de ses propres yeux», détaille l’explorateur.
Pour réaliser cette aventure, il faut effectivement une grande préparation car non seulement Alexandre Gaye va marcher de 15 à 20 km par jour grand maximum avec ses crampons, par -10° en moyenne et -30° si le vent se lève, mais il devra aussi tirer, sur une luge, 65 kg de matériel en totale autonomie dans ce désert blanc et glacial. «Cette traversée globale que peu de personnes ont réalisée est complexe par toute l’organisation que cela demande et une logistique phénoménale. Partir avec 15 jours de nourriture et se rationner si besoin selon les conditions climatiques, transformer par exemple la glace en eau pour boire les 4 à 5 litres nécessaires à l’effort, garder les batteries de la balise GPS ou du drone à la chaleur du corps pour éviter une décharge trop importante, il faut penser à tout», conclut-il. Une expédition qui peut se réaliser sur ses fonds propres mais également grâce à des sponsors locaux comme Giant Vendôme ou nationaux comme Akammak, ou les montres françaises Serica, de technologie suisse, qui lui ont créé une montre spéciale très résistante pour l’expédition.