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Une nouvelle filière fruitière naît dans notre département

Une nouvelle filière fruitière naît dans notre département

Des tonnes de noix en Beauce et en Vendômois : tout est possible
Quand on mange des cerises à Noël et des raisins au Jour de l’an, on ne s’étonnera pas d’apprendre qu’il sera possible, dans moins de trois ans, de cueillir des noix en Loir-et-Cher, comme cela est de tradition millénaire dans le Sud-Ouest de la France, en Périgord notamment, ou dans la région de Grenoble.

Cela sera concret grâce à l’idée novatrice et l’entrain lancés par un groupe d’agriculteurs de petite Beauce, avec à sa tête Benoît Lonqueu de Maves. Avec une équipe de pionniers, il a, juste avant 2010, creusé cette nouvelle niche qui s’offrirait à nos terres de Loir-et-Cher dont bon nombre sont aptes à ce type de cultures, leur constitution en argilo-calcaire s’approchant au maximum des sols de Dordogne, Lot, Corrèze, Isère…où les noyers, de plus en plus âgés, arrivent en bout de course de vie. Pour un relais de production et afin d’éviter des importations trop lourdes pour notre balance commerciale, tout en doutant des suites positives de la PAC et en jouant la carte du développement durable (maitrise de l’eau par rapport à des cultures céréalières, pouvoir équilibrant des arbres dans l’environnement…), le dossier est ouvert.

Alors, ce qui était un genre de pari fou au départ s‘est concrétisé par l’adhésion de 18 autres paysans à cette expérience de lancement d’une nouvelle filière forte de 52 ha et 9.643 noyers dans le secteur de Maves, Mulsans, Conan, Blois, La Chapelle-Saint-Martin-en-Plaine et 53 ha et 9.404 pieds autour d’Ouzouer-le-Marché, Prénouvellon, Josnes, Briou et Villermain. Et, enfin, 49 ha pour 7.577 arbres dans le secteur vendômois (13,5 ha chez Étienne Noyau à Nourray ; 11,5 chez Vincent Fougeron à Saint-Amand-Longpré ; 6 chez Denis Girard à Nourray ; 5,5 chez Martial Mahoudeau à Périgny et 12,5 chez Jean Perron à Sainte-Anne). La Sologne (plus portée sur le marron) comme la vallée du Cher ne sont pas aptes, pour l’instant, à ce type d’arboriculture fruitière. La plantation va de 100 à 400 arbres par hectare selon le type de vergers (traditionnel, extensif à semi-intensif et intensif) pouvant produire, en coques et cerneaux, des noix Franquette, Parisienne, Ronde Montignac (tradition), des variétés hybrides créées par l’INRA (en extensif à semi-intensif) et des noix dites américaines, en Lara ou Chandler (intensif). Il y a de l’avenir dans cette filière car elle pourrait grandir de plus de 40% en 10 ans en France et les cours ont augmenté de 50% depuis une décennie…

La noix arrive juste derrière la pomme en France dans le hit-parade des cultures de fruits. Avec 800.000 tonnes produites/an, La Chine devance L’Iran (500.000) et Les USA (400.000).
20% de la production française (35.000 tonnes/an, huitième production mondiale, mais leader en Europe) étant consommés sur place, le reste étant exporté, il y aura donc des possibilités d’exportations plus fortes à espérer, à partir du Loir-et-Cher, dans moins de trois ans, en AOP, avec une commercialisation possible en relation avec Axereal, organisme qui suit les premiers pas de cette filière nouvelle, en partenariat avec la Chambre d’agriculture de Loir-et-Cher, mais aussi la Région et le Département.

Cette initiative pionnière en la matière devrait séduire d’autres agriculteurs en région Centre-Val  de Loire à condition que la structure des terres s’y prête. Mais, il faut de la patience car un noyer planté aujourd’hui ne produira pas avant l’an 2023, au minimum. En plus des investissements, c’est un pari qu’il faut  pouvoir assumer et assurer. Mais, chacun sait que le paysan a, en plus de sa sagesse légendaire, le temps pour lui en étant conscient, presque toujours, qu’il travaille, non à l’Instant T, mais pour les générations qui suivent…

Richard MULSANS

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