Élixir de jouvence
Daniel Pelletier, bouilleur de cru ambulant depuis presque 40 ans, est installé sur la commune de Mazangé jusqu’à la mi-avril avant de rejoindre la commune de Valennes dans la Sarthe. Rencontre avec un métier passion.
Clair comme de l’eau, l’alcool limpide qui sort de l’alambic en cuivre chauffé au feu de bois est pur, aux senteurs puissantes des fruits qu’il vient de distiller. «Pomme, cerise, coing, la reine des gouttes, tous ces fruits abondent dans les vergers lorsqu’ils mûrissent tous au même moment, la solution pour éviter que la récolte se perde, c’est de les transformer en alcool, une solution anti-gaspillage en somme et qui évite les guêpes car tous les fruits sont ramassés», explique le distillateur ambulant, présent également en Sarthe et en Loir-et-Loire, métier qui se perd d’année en année et que son fils, Thibaud, a repris récemment pour faire perdurer cette tradition millénaire.
Tout le monde peut venir au bouilleur avec des fruits fermentés entre 15° et 20° de température en moyenne pendant 3 mois minimum. Il faut compter environ 10 kg de fruits pour obtenir 1 goutte produite. Les privilèges nécessaires jusqu’alors ont cessé le 1er janvier 2024. «Quand la saison est abondante en fruits, il travaille beaucoup, 7 mois dans l’année. Avant, le bouilleur se rendait de ferme en ferme et aujourd’hui nous avons bien plus de clients dans la fin de droit de distillation», poursuit-il. Depuis maintenant 40 ans, Daniel Pelletier a vu dans certaines familles, le grand-père, le fils et maintenant le petit-fils revenir chaque année distiller les fruits de leur verger. «C’est passionnant car tout le bien et de fermentation jusqu’au bout, produire un élixir aux vertus magiques!», conclut-il.