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Le Roi 
des « cons »

Il y a quarante ans disparaissait Michel Colucci, de son nom de scène Coluche. Et pour ne pas vous mentir, je l’aimais bien ce mec comme beaucoup d’entre nous. Je me souviens très bien ce que je faisais le jour de l’annonce de son décès brutal, le 19 juin 1986. Il y a des événements que l’on n’oublie pas, on sait où l’on était quand on a reçu l’information car l’annonce est une véritable déflagration dans nos vies. Que ce soit pour nos proches comme pour des personnalités que l’on aime, ce bouleversement reste graver dans notre mémoire.

Le Roi 
des « cons »

Coluche nous a manqué toutes ces années et il nous manque peut-être encore plus aujourd’hui. Son regard sur notre société, nos mœurs qui ont évolué pour le meilleur et pour le pire, sa gouaille légendaire pour nos comportements, tout son monde comique est irremplaçable. Il faut l’avouer aussi, gauche, droite ou extrêmes, notre classe politique de 2026 bien en dessous de nos attentes, n’a plus en face d’elle un contradicteur hors pair qui analysait parfaitement les situations et pouvait, sous couvert comique, asséner des vérités qui dérangeaient. D’ailleurs, à réécouter ses interventions ou ses sketchs, beaucoup sont encore d’actualité comme s’il avait écrit ces scènes grotesques pour l’éternité. L’homme politique n’aurait pas évolué en 40 ans ? A croire que non, l’abstention en recul chaque année d’élection en est une des preuves flagrantes.

Cette grande vedette populaire a évolué avec le temps à travers ses sketchs. Contestataire du monde social avec une posture de sociologue et critique, Coluche était le porte-parole d’un groupe, dévalorisant ceux du bas de la pyramide sociale pour mieux les valoriser, se positionnant comme un «con» parmi les «cons» en maîtrisant les schémas de ces groupes qu’il expose. S’interrogeant sur ce qui pouvait rendre «con» les «cons», il trouve en la télé et ses journalistes une des raisons tout en fustigeant, par l’humour, les milieux auxquels nous n’appartenons pas, «ces endroits autorisés où il y a plein de mecs qui viennent pour s’autoriser des trucs». Des règles internes d’enjeux de pouvoir où chacun lutte pour prendre la place de ceux déjà installés.

En effet, ces professionnels de la politique qui ont étudié dans les mêmes écoles, qui ont les mêmes règles, le même vocabulaire, les mêmes solutions et ont au final la même lecture du monde qui nous entoure. « Ils voudraient qu’on soit intelligents et ils nous prennent pour des cons ». Devenant légitime pour prendre la parole au fur et à mesure de sa carrière, à la place du nombreux publics qui l’apprécient, dire ces vérités que chacun n’ose exposer et penser autrement, Coluche annonce sa candidature en 1980, son projet comique prenant la voie d’un projet politique.

Une farce pour ces élections avec un programme de gauche dans cette Ve République qui n’avait pas encore vu au pouvoir celle-ci. Créditée tout de même de plus de 10% des voix, cette candidature était plus une provocation qu’une posture sérieuse en somme. Et de répondre cinglement une évidence encore d’actualité « Je ferais admirablement remarquer aux hommes politiques qui me prennent pour un rigolo que ce n’est pas moi qui ai commencé ».

Alexandre Fleury

Il est partout ! Assemblées générales, événements sportifs et culturels, reportages, interviews, portraits… à lui seul, il rédige la moitié des articles du journal. C’est la figure tutélaire de la rédaction et il répond toujours avec le sourire aux très nombreuses sollicitations. Une valeur sûre, qui écume le Vendômois par monts et par vaux et connaît le territoire par cœur.

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