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Quand deux artistes se rencontrent

Quand deux artistes se rencontrent

Élisabeth Fourgeaud-Bourgeois, peintre, calligraphe, écrivain et poète d’Oucques-la-Nouvelle a plusieurs rêves dans sa vie. Quelques-uns se sont déjà réalisés mais celui qui est en passe de se concrétiser lui tient particulièrement à cœur et c’est avec Michel Magne, artiste verrier de La Chapelle-Saint-Martin-en-Plaine qu’elle le réalise.

 

Il aura fallu deux projets avortés pour que le troisième voit le jour. Élisabeth et Michel se connaissent depuis plus de vingt ans lorsque l’artiste verrier fut invité à exposer ses créations aux expositions qu’organisait Élisabeth à Oucques. « J’ai toujours eu envie de faire des vitraux avec les créations d’Élisabeth mais il fallait que le contexte s’y prête » précise Michel Magne, créateur et restaurateur de vitraux pour les monuments historiques. Contacté par Évelyne Gautier en 2018, maire de Baigneaux, qui désire rénover l’église de son village et créer des vitraux colorés qui n’existent pas actuellement, Michel pense immédiatement à Élisabeth pour qu’elle soit l’artiste car le projet lui correspondait. «Michel s’est déplacé chez moi après avoir visité l’édifice qui accueillerait sa création. Nous avons fait défiler pendant de longues minutes mes différentes peintures et calligraphies. Il savait ce qu’il voulait, son œil d’artiste verrier reconnaît immédiatement ce qui est possible ou pas. Après un long moment, il s’arrête sans hésitation sur une œuvre contemporaine, mélangeant peinture, calligraphie et plume, aux couleurs bleue, prune et or. Pour la mettre en lumière, il me fallait la retravailler. Le projet sur papier a énormément plu à Évelyne Gautier » détaille Elisabeth.

 

Une histoire qui a commencé il y a deux ans et qui aboutira à l’automne lorsque les trois vitraux seront posés.
« Michel a du talent, je reconnais à travers les vitraux mes coups de crayon, mes mouvements de main comme sur le papier de l’œuvre originale à l’instar de ce magnifique dégradé de bleus avec des verres de différentes teintes» poursuit l’artiste peintre. Le vitrailliste utilise certains verres tous fabriqués à la main comme ils ont été créés, sans modification, pour permettre un jeu de lumière bien particulier. « Le côté moderne d’Élisabeth se prête au jeu de l’église de Baigneaux. J’utilise la forme de la matière pour créer le mouvement. Ainsi, le verre transparent artisanal a une légère coloration jaune sur certains endroits, ce qui souligne le doré de l’œuvre d’Élisabeth. Cela m’a inspiré beaucoup car l’on retrouve les couleurs de bases du XIIIe siècle, les couleurs de la symbolique. Seule la teinte verte manque » explique Michel Magne.

 

Aujourd’hui, comme le précise Élisabeth Fourgeaud-Bourgeois, il est rare qu’un verrier travaille avec un artiste peintre ou vice et versa. Au départ, Élisabeth était anxieuse quant au résultat mais, aujourd’hui, elle se réjouit du travail accompli. Retrouver ce côté religieux à une époque où le vitrail invitait au confinement. Ces couleurs permettent ainsi de faire passer la lumière mais rien de l’extérieur ne vient perturber le recueillement intérieur grâce au jeu subtil depuis tant de siècles de la lumière transparente et colorée des vitraux.

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