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La culture s’exporte de force dans la capitale

La culture s’exporte de force dans la capitale

La compagnie théâtrale à Corps & Cris lance un appel pour la mise à disposition d’un local de travail. Incontournable pour répéter et créer ses spectacles sur le territoire vendômois.

 

Comme une évidence. Pour exister, finaliser leurs créations, se mettre dans les conditions de représentation, les artistes, musiciens, comédiens, plasticiens… ont besoin d’un lieu pour travailler, poser leurs décors, forcer la voix, tester des bandes son. D’un espace pour évoluer, faire parler les corps, délivrer des cris, chuchoter les mots. Seule compagnie professionnelle de théâtre à Vendôme, disposant d’une licence d’entrepreneur de spectacles, à Corps & Cris se voit dans l’obligation pour exister de monter ses spectacles et de se produire dans des salles parisiennes, au Guichet Montparnasse et ailleurs. Et ce sous ses couleurs vendômoises. Certes, idéal en termes d’images pour le territoire, mais incompréhensible pour les membres de la compagnie. Car Stéphanie Guimpel (infographiste), Emmanuel Chesne (auteur, musicien) et Pascale Martineau (auteur, metteur en scène et comédienne), déploient nombre d’efforts pour faire vivre à Corps & Cris sur le territoire vendômois. Quatre à l’origine sur le projet, le premier président de l’association a, lui, jeté l’éponge.

 

«Nous avons obtenu la licence pour la compagnie en novembre 2015 et notre principal écueil demeure. Un local sur Vendôme nous permettrait de travailler dans des conditions “normales”. Pour l’instant, costumes et décors sont entreposés à mon domicile. Il arrive que nous répétions aussi à la maison. Sur des pièces en solo ou à deux comédiens, ça reste une solution de secours, même si l’environnement ne permet pas une réelle mise en place, lumières, déplacements physiques, sons… mais cela nous interdit des productions plus conséquentes et plus abouties», se désole Pascale Martineau, à la tête de la compagnie.

 

Des contacts ont pourtant été initiés avec nombre de partenaires culturels ou institutionnels vendômois, non pour obtenir des subventions ou des aides à l’installation, mais simplement pour échanger sur les opportunités de disposer d’un espace de travail. En vain. Devant l’inertie rencontrée ou en l’absence de réponses, la lumière pourrait peut-être, paradoxalement, venir d’un particulier, amoureux des arts ou mécène, lequel mettrait à disposition un local adapté. «Ce serait pour nous une alternative qui offrirait une certaine indépendance. La compagnie prendrait bien sûr à son compte les charges inhérentes au local ou un loyer minoré. Échange de bons procédés, nous pourrions de plus offrir au propriétaire des places pour nos représentations», ajoute en souriant la comédienne.
Rappelons le formidable succès d’Anna, le spectacle d’à Corps & Cris, joué une première fois dans la cour du Cloître à l’été 2016, et qui avait à nouveau bousculé les spectateurs au 3e Volume du Minotaure en début d’année, et ce malgré l’absence de communication autre que celle de la compagnie. Rappelons aussi le travail de Pascale Martineau auprès des enfants, talents en herbe, avec lesquels elle œuvre chaque mercredi au Pôle Chartrain et qui se produiront dans une création originale à la rentrée à Vendôme.

 

« La Strada » à Vendôme…

Et la compagnie a des fourmis dans la tête, pressée d’offrir de nouvelles propositions, d’en découdre sur scène, car nombre de projets sont encore dans les cartons. Dont un texte d’Emmanuel Chesne, un autre de Pascale Martineau, pour lequel est pressenti un musicien-chanteur des Roches-l’Evèque ainsi que des techniciens audiovisuels locaux en vue d’un tournage. On rêverait de voir monter à Vendôme Gelsomina, déjà jouée par la comédienne en France et en Europe : la sublime pièce de Pierrette Dupoyet, d’après La Strada, de Federico Fellini.
«La finalité d’à Corps & Cris est de créer une synergie avec les artistes et le tissu culturel du territoire, d’initier des collaborations, des partenariats interdisciplinaires à destination du public vendômois. Nous souhaitons nourrir l’offre théâtrale locale, apporter notre professionnalisme et notre envie de participer à la richesse culturelle, déjà bien ancrée sur Vendôme. Malheureusement, pour continuer à exister, il me faut aujourd’hui encore, deux ans après la création de la compagnie à Vendôme, créer et donner des représentations sur Paris. Nous sommes loin, pour des raisons purement logistiques, de l’objectif de proximité que nous nous étions fixé», conclut Pascale Martineau.

 

Jean-Claude Renard

 

Contact : acorpsecris@gmail.com / www.acorpsetcris.fr

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