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Olympe de Gouges est entrée à l’Assemblée nationale

Olympe de Gouges est entrée à l’Assemblée nationale

La fondatrice des droits des femmes y a sa statue, made in Fortan
Avec un peu de retard sur le calendrier, mais tout le monde s’accordait à ne plus y penser tant l’œuvre était magnifique et parfaitement réussie, Olympe de Gouges, auteur, en 1791, de la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne, avant d’être décapitée le 3 novembre 1793, à l’âge de 45 ans, a, depuis la mi-octobre, sa statue à l’Assemblée nationale.

Dans la salle des quatre colonnes où se déroulent tous les rendez-vous et les points de presse, cette native de Montauban sera la première femme statufiée au Palais Bourbon et l’une des premières statues créées depuis plus d’un siècle, en ces lieux d’Histoire. Sous son buste, parallèle à celui de Jean-Jaurès, a été fixé, dans le marbre, le texte de sa déclaration universelle forte de 17 articles.
Œuvre du couple d’artistes de Fortan, Fabrice Gloux et Jeanne Spehar, la statue a été inaugurée par Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, en présence de, notamment, Sandrine Mazetier, vice-présidente de l’Assemblée nationale, questeur, membre de la délégation nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes; Catherine Coutelle, députée de la Vienne, présidente nationale de la délégation précitée ; Françoise Durand, présidente de l’association Olympe de Gouges aujourd’hui et vice-présidente-fondatrice de l’Assemblée des Femmes ;3 Maurice Leroy, député de Loir-et-Cher ; Philippe Vigier, député d’Eure-et Loir ; une importante délégation du Vendômois et les élèves de classes Olympe de Gouges (primaire et collège) de la Seine-Saint-Denis, sans oublier Yvette Roudy, ancienne ministre des Droits des Femmes…

Claude Bartolone retraça la vie d’Olympe de Gouges et ses engagements envers les femmes avant d’être salué par Sandrine Mazetier, Catherine Coutelle et Françoise Durand pour avoir pris, en tant qu’homme, l’initiative de faire entrer Olympe de Gouges à l’Assemblée nationale, avec «son sourire un brin narquois», à un emplacement stratégique où elle sera des plus visibles.
Auparavant, des plaques apposées sur les bancs où elles avaient été les premières à siéger en octobre 1945, date de l’élection et de l’entrée des premières femmes à l’Assemblée, avaient été dévoilées en hommage à Marie-Claude Vaillant-Couturier (Seine-Groupe communiste) ; Rachel Lempereur (Nord-Groupe socialiste) et Marie-Madelaine Dienesch (Côtes-du-Nord-Groupe du Mouvement républicain populaire). «D’autres baptêmes suivront et la mémoire conservée par ces plaques ne sera plus exclusivement masculine…» a précisé Claude Bartolone qui salua le travail des sculpteurs.

Avec ce buste d’Olympe de Gouges statufiée, une partie du Loir-et-Cher artistique vient d’entrer à l’Assemblée nationale, après quelques péripéties qui émaillèrent sa conception dans une grange-atelier de Fortan où le duo d’artistes, lui à la manœuvre, elle à la recherche de documents iconographiques et historiques, réussit, à force de travail continu et d’heures de veille, à créer un chef-d’œuvre parfait à plus de 95% qui devrait défier le temps. Après des années consacrées à assurer l’alimentaire de la famille, Fabrice est entré, maintenant, dans la cour des grands statuaires du XXIe siècle. Ne doutons pas que certaines municipalités ou grandes villes feront appel à lui, prochainement, pour lui confier des créations dans le cadre de leurs investissements consacrés à la Culture. Avec le seul critère du beau et de l’art, bien loin de certaines œuvres, parfois laides, qui garnissent des ronds-points, par exemple. L’homme est prêt maintenant à relever tous les défis puisqu’il a mené à bien celui qui l’affola pendant quelques semaines, par sa puissance, ce thème d’Olympe dont il tomba, un peu, amoureux, et qui le vit se battre contre le matériau et l’administration qui n’avait pas, toujours, compris qu’il fallait laisser le temps au temps…

Françoise Durand, bien que frappée de cécité, voulut venir palper la statue presque terminée à Fortan. Sa force de caractère, son enthousiasme, son sourire, la douceur de ses paroles furent, pour les deux artistes, des rayons de soleil qui les accompagnèrent dans leur cheminement vers la perfection. Ils pensent, maintenant, à d’autres challenges, mais vivront, jusqu’au bout avec Olympe.
Une fillette, prénommée Olympe, bébé de moins d’un mois, présente lors de la réception à l’Assemblée nationale, fut très entourée. Les relais sont assurés. Ce sera un prénom qui risque de revenir à la mode avec un pèlerinage tout programmé au Palais Bourbon, grâce à Jeanne et Fabrice, Fortan et le Loir-et-Cher…

Richard MULSANS.        

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