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Avec ses crèches géantes, Mireille offre du rêve depuis 20 ans

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La vache jersiaise et l’âne de Mireille ont figuré 6 ans à la crèche vivante de Lavardin

Fondatrice de l’ancienne ferme pédagogique de Saint-Martin-des-Bois en 1986, Mireille Laroche s’est prise de passion pour la réalisation de crèches monumentales dans les églises. A 68 ans, elle se plaît encore à faire que Noël soit merveilleux.

 

C’est un comble : Mireille, protestante, a toujours fait ses crèches dans des églises ! «Le hasard – confesse-
t-elle – car je ne suis pas vraiment pratiquante… Mais j’ai besoin de créer, de m’y mettre pendant trois semaines, d’imaginer des nouvelles dispositions chaque année.» Tout en faisant de celle de l’abbatiale Saint-Georges son œuvre véritable, elle a participé à celle de Lavardin et assuré celle de Ternay en 2020.

 

La réalisation d’une crèche, c’est son calendrier de l’Avent à elle. La genèse de cette aventure est peut-être à chercher dans sa prise en charge de personnes atteintes de maladies psychiatriques en sa ferme pédagogique de la Petite Pommeraie à Saint-Martin-des-Bois. «J’en avais toujours trois ou quatre sous agrément de l’hôpital de Blois, puis du Conseil général. Je les invitais à faire la crèche à Noël, ça fonctionnait très bien.»

 

Peut-être aussi faut-il voir dans les animaux de sa ferme un lien avec ce qui fut la crèche vivante de Lavardin dans les années 2010. Noisette, la vache jersiaise, Eliot l’âne, une chèvre et un mouton firent de la figuration à l’entrée de l’église ces années-là, pendant les deux jours que durait le marché de Noël. «Les bénévoles de la paroisse campaient les personnages, ça a duré six ans mais Noisette se faisait vieille… J’ai cessé de faire subir cela à mes animaux.»

 

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80 santons petits et grands

Les animaux, de fait, sont au centre de la première presepe (crèche) italienne inventée par François d’Assise en 1223 à son ermitage de Greccio. Le bœuf et l’âne, animaux communs en Galilée, réchauffent poétiquement l’Enfant Jésus de leurs souffles. Ainsi sont-ils devenus deux incontournables de la crèche, en arrière-plan de la sainte famille, «couchés en vache» comme on dit. Ils sont donc bien présents dans la scénographie que Mireille s’attache à réussir depuis 2002 dans le chœur de l’abbatiale Saint-Georges à Saint-Martin-des-Bois.

 

«J’ai commencé cette crèche un an après l’arrivée des moines. Petit à petit, j’ai apporté de plus en plus d’accessoires, de petits décors que je récupère, que j’achète ou que je fabrique selon les besoins – raconte-t-elle. Je restitue le coteau en mousse de polyuréthane et en papier rocher, j’utilise une petite niche voûtée pour la crèche proprement dite.»

 

De Noël en Noël, le nombre de santons grandit lui aussi. Une évidence pour celle qui a vécu des années en Provence ! La moitié de ses 80 personnages est d’ailleurs de grande taille (25 cm), dont les principaux villageois, le boulanger, le menuisier, le forgeron et le fameux «ravi» qui lève les bras au ciel pour marquer la joie de la Nativité. Mireille construit sa crèche en trois tableaux distincts autour de la sainte famille : le désert, le village des artisans et commerçants, le village des maisons illuminées avec les santons les plus petits (10 cm environ).

 

Des centaines de visiteurs

Le résultat, sur cinq ou six mètres carrés d’estrade, est féerique. Le bouche-à-oreille fonctionne à plein, des centaines de personnes font le déplacement chaque année, parfois de Tours et de Blois.
Et une fois finie, est-ce qu’elle se faufile parmi les visiteurs ? Est-ce qu’elle écoute les commentaires ? «Surtout pas ! Quand la crèche est prête, quelques jours avant Noël, je disparais… Je ne reviens que le soir, parfois, pour arroser la mousse et les végétaux, remettre un santon sur pieds, changer une ampoule grillée. Ce qui m’intéresse, c’est tout ce qu’il y a avant, c’est pour ça que je prends mon temps !»

 

L’an dernier, Mireille, 68 ans, s’était pourtant juré qu’elle n’y reviendrai pas. Mais le père Charles Lenoir a remplacé les moines bénédictins, épaulé par Anne et Patrick Valo (deux laïcs) et l’abbaye devient centre spirituel. Ce serait un comble – encore – qu’elle n’ait plus sa crèche !

 

Et puis, Mireille, c’est aussi l’un des santons les plus attachants de la tradition provençale : celui de la petite fiancée qui se fait enlever par son amoureux. Un nom prédestiné.

 

Hervé Vaupuy

 

Ancienne abbaye Saint-Georges à Saint-Martin-des-Bois
du 22 décembre au 6 février. Entrée libre en journée,
bougies sur place en soutien, tél. 06 31 68 70 16.

Le Petit Vendômois

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