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La peinture en mouvement de Jean-Pierre Schneider

En mai, Vendôme fête l’artiste Jean-Pierre Schneider dans deux lieux emblématiques. Avec la Galerie Univer à Paris comme partenaire, le Grand Manège du quartier Rochambeau accueille peintures et dessins, une rétrospective de ses 25 dernières années et dans la seule galerie d’art du Vendômois, celle de Laurent Potier, sont exposées ses illustrations de livres d’auteurs, une exposition d’œuvres plus intimes.

Jean-Pierre Schneider utilise plusieurs techniques de peinture que l’on peut admirer dans ces deux expositions. «Pour mes dessins noirs et ocres, j’utilise de gros pastels à l’huile, très gras que j’écrase sur le tableau peint préalablement en blanc et qui rentre dans le papier comme le ferait une peinture à l’huile» détaille l’artiste. Ensuite la peinture est grattée laissant apparaître le trait qui forme le dessin. D’autres au contraire où le blanc est plus important, la forme désirée est l’endroit qui n’a pas reçu la couleur, l’artiste en arrêtant la matière forme le dessin.

L’artiste prépare ses peintures lui-même, à base d’acrylique et d’eau, cela lui permet d’appliquer frais sur frais comme pour les fresques. Il étale une couche et immédiatement une autre couche sans que cela se mélange et même en applique une troisième couche dans la même journée. «Puis quand je viens faire mon dessin en grattant, je vais rechercher la couleur qui est enfouie mais qui est encore une matière vivante car fraîche. Pour cela, le tableau doit être exécuté dans la même journée et m’oblige à travailler rapidement en créant l’urgence que j’accepte et qui me permet d’aller à l’essentiel. Ce n’est pas une rapidité d’exécution, c’est réellement de la concentration. Je sais comment je vais faire mais je ne sais pas comment cela va finir sinon ce n’est pas intéressant. J’ai l’intuition sans avoir un plan dans la tête. Dans le parcours d’une œuvre, il faut être prêt à changer. Claude Simon disait qu’il faut abandonner le tableau que l’on voulait faire pour celui qui est entrain de se faire».

Pour l’exposition au Grand Manège, la scénographie et le parcours ont leur importance. Jean-Pierre Schneider a un côté sauvage et ses œuvres reflètent sa sensibilité. Comme il le précise, tout au long de la journée de travail, il se passe des choses indépendantes de la création qui viennent générer des émotions. «Ce qui est créé aujourd’hui, demain aurait été différent. Le métier de peintre est très physique. Pas au niveau des biceps, ni cérébral non plus, c’est le corps entier qui parle et c’est du domaine de l’intuition». Certaines de ses œuvres ont également un mot ou une phrase car pour Jean-Pierre Schneider l’écriture dans une œuvre est aussi un dessin et qui donne du sens au tableau, une clé ou une opposition mais cela fait partie du tableau.

Même si l’artiste aime cette liberté dans la création, l’exposition chez Laurent Potier permet de contempler des illustrations où l’artiste est dirigé par rapport à un texte. «J’aime beaucoup cela également. Certains que je connaissais, d’autres qui m’ont été présentés par les éditeurs qui pensaient que mon travail correspondait bien à l’univers des auteurs ou artistes. On doit alors s’imprégner du texte, s’en inspirer et ça nourrit l’âme ». Ainsi l’on peut admirer des œuvres originales chez des éditeurs prestigieux comme Fata Morgana pour un livre «Corpuscules» de Bernard Chambaz ou celui de Daniel Montmollin, céramiste et moine de Thésée que Jean-Pierre Schneider a rencontré pour illustrer son livre «Le repos du potier» d’oeuvres autour de la poterie. Pour les poème de Tita Reut aux éditions Ecarts sur la danseuse Pina Bausch, Jean-Pierre Schneider, lui même ayant exercé la danse, expose ses œuvres noires et blanches originales de jambes qu’il appelle «des fouler» du verbe qui définit l’action de taper le sol.

«Quand on peint, on vit tout simplement le temps de sa peinture» conclut Jean-Pierre Schneider. Et ce temps nous est offert en exposition tout au long du mois de mai à Vendôme.

«Les Vies Imobiles, le corps et le paysage» au Grand Manège-Quartier Rochambeau à Vendôme jusqu’au 8 juin 2025. Ouvert du jeudi au dimanche de 15h à 19h – entrée libre. Samedi 17 mai à 16h au Grand Manège. Conférence d’Itzhak Goldberg. Dimanche 25 mai à 17h au Grand Manège. Déambulation musicale avec lecture de textes conception de Blandine Jeannest. voix, violoncelle et piano

Alexandre Fleury

Il est partout ! Assemblées générales, événements sportifs et culturels, reportages, interviews, portraits… à lui seul, il rédige la moitié des articles du journal. C’est la figure tutélaire de la rédaction et il répond toujours avec le sourire aux très nombreuses sollicitations. Une valeur sûre, qui écume le Vendômois par monts et par vaux et connaît le territoire par cœur.

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