L’art floral à la galerie
Jusqu’à la fin avril, la galerie Laurent Potier à Vendôme expose les peintures de l’artiste Pascal Honoré, véritable ode au monde végétal.
Le thème du végétal n’est pas nouveau dans le travail de l’artiste peintre. Déjà au collège, Pascal Honoré était attiré par ce monde des fleurs et du végétal. «Je me souviens des vœux que l’on émet en classe de 3e où je désirais me diriger soit vers les Beaux-arts ou soit comme technicien des Eaux et Forêts. J’avais déjà cette attirance forte vers la Nature. D’ailleurs, en Champagne, je réside à la campagne avec un grand jardin et une mare pour observer mes nénuphars» souligne l’artiste peintre. Une formation donc au lycée agricole et des cours suivis aux Beaux-arts, Pascal Honoré a exercé dans le dessin textile qui souvent reprenait justement ce thème de végétal. «Des maquettes d’ornementation que nous faisions à la gouache dans les années 80 sans ordinateur sur des papiers calques pour les industriels qui les reproduisaient à grande échelle sur le linge de maison, vêtement ou nappe. Cela m’a beaucoup intéressé jusqu’au jour où j’ai découvert la peinture qui ne m’a plus quitté » poursuit-il.
Dans sa formation aux Beaux-arts, Pascal Honoré a appris à observer et a suivi les passionnants cours d’histoire de l’art. Il a également pu pratiquer plusieurs techniques comme celle de la tempera, une peinture à l’eau très ancienne, mélange de pigment et de jaune d’oeuf que l’on utilise également pour les icônes byzantines, façon russe c’est à dire très humide qu’il travaille en jus succéssifs. «Toutes ces techniques, on les retrouve dans mon processus de travail à plat sans chevalet, ces jus colorés qui se superposent sur ma toile où j’ai encollé une succession de papiers népalais ou de Chine, opaques mais translucides une fois collés». Une émotion qu’il reproduit sur toutes ses œuvres avec un geste ample mais précis.
La succession de ces papiers jusqu’à 5 ou 6 couches apportent également une transparence que l’on perçoit par exemple dans ce tout nouveau tableau des Nymphéas où son interprétation avec l’entrecroisement des tiges et la transparence de l’eau le touche beaucoup avec ce noir profond, fruit de la succession de ces papiers et de cette peinture très diluée par couches répétées. Un noir qui vient de cette pierre trouvée dans son jardin, une pierre volcanique du Massif Central provenant d’une hache du néolithique et qui a voyagé jusqu’en Champagne. Pascal Honoré, dans cette nouvelle exposition, nous présente la somme de ses expériences, des techniques apprises, reproduites des centaines de fois, améliorées et adaptées à ces toiles qui oscillent entre l’art nouveau décoratif et la peinture. Sublime et délicat, une exposition à ne pas rater.