Une station différente par essence
Avec le blocage du détroit d’Ormuz, de par sa politique commerciale, les stations Total bénéficient depuis plusieurs semaines d’un intérêt accru d’automobilistes en quête de prix bas pour faire le plein de leur réservoir. Occasion pour s’arrêter sur la station Total très fréquentée de l’avenue Gérard Yvon de Vendôme qui s’inscrit dans l’histoire de l’architecture industrielle contemporaine.
Le modèle Jean Prouvé
Cette station Total, posée sur une dalle en béton, reprend la silhouette des édifices construits par l’architecte-designer Jean Prouvé (1901-1984) à partir du principe des maisons imaginées par son bras droit Serge Binotto.
Jean Prouvé, d’abord ferronnier d’art à Nancy, grand inventeur des architectures métalliques d’après-guerre, a toute sa vie travaillé le concept d’un habitat industriel innovant, bâti sur des structures préfabriquées et démontables.
Si ses stations intriguaient de par leur forme polygonale les faisant ressembler à des Ovni, elles ont construit l’image de marque de Total. Face à la concurrence, en 1969, le pétrolier avait demandé à Jean Prouvé de donner à ses stations une nouvelle identité visuelle. C’était l’apparition de ces sortes de kiosques conçus comme des multi-services avec rayons de produits de restauration pour le conducteur comme d’entretien pour le véhicule.
De 1969 à 1972, pendant les Trente glorieuses où le pétrole est roi, Total commande une centaine de stations dont une soixantaine à deux niveaux pour loger sur place l’exploitant de la station. En quelques semaines, elles sortiront de terre le long des nationales et des autoroutes.
Rares sont aujourd’hui encore en service. Beaucoup ont simplement été rasées, d’autres démontées pour être transformées en gîtes de luxe comme dans le Périgord ou déplacées dans des sites dédiés à l’architecture contemporaine comme à Nantes. Certaines bénéficient du label ” architecture contemporaine remarquable” comme celui attribué en 2007 à deux stations marseillaises.
Mais rien de tel pour la trop discrète station Total de Vendôme. Rien n’apparaît sur la base de données nationales ” Mérimée ” qui référence les bâtiments inscrits ou classés contrairement à d’autres stations Prouvé.
Contacté, le service des archives municipales n’a pas trouvé trace de la station Total en qualité de site protégé lié au plan local d’urbanisme (PLU) , ni dans la liste des bâtiments labellisés “Architecture remarquable contemporaine”qui à Vendôme, ne concerne que le lycée Ampère, le stade Léo Lagrange et l’église Notre-Dame-des-Rottes.



