Des élèves à la découverte de la Justice : une immersion formatrice et une expérience indélébile.
Les étudiants du BTS GPME du lycée Ronsard à Vendôme se sont rendus au tribunal de Blois, le 13 et 14 octobre, pour assister pendant deux jours au procès en deuxième instance de la Cour d’assises d’appel du Loir-et-Cher concernant l’affaire du double meurtre d’une infirmière et de son patient dans le Loiret.
L’affaire :
Le matin du 21 octobre 2019, une infirmière libérale, Karine Foucher est découverte les poignets ligotés par un câble téléphonique, agonisante au bord d’une route à Pannes, près de Montargis. L’infirmière a reçu de multiples coups de couteaux sur diverses parties du corps notamment au niveau du thorax, du visage, et du cou, entraînant sa mort.
Cette découverte permet de faire un lien avec la disparition d’un octogénaire (M. Jacques Samson, patient de l’infirmière), dont l’alerte avait été donnée peu de temps auparavant par une aide ménagère. Monsieur Samson est alors découvert le même jour à Châlette-sur-Loing, enroulé dans des couvertures et un drap, dans la largeur de son lit. Après autopsie, les enquêteurs constatent que ses mains ont été coupées post-mortem et qu’il aurait été roué de coups sauvagement avant d’être étouffé par un tissu au niveau des voies respiratoires.
Des investigations ont été menées dans la commune de Châlette-sur-Loing, révélant des traces d’ADN sur les deux scènes de crime appartenant à Fazia Megchiche et Messaoud Megchiche, tous deux frère et sœur.
Rebondissement en 2023, Messaoud Megchiche fait part de nouvelles indications permettant de retrouver les ossements des mains de M. Samson.
Après un premier procès en 2024, le frère et la sœur, accusés, ont respectivement écopé de la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans pour l’un et de 30 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de 20 ans pour l’autre. Ils font alors appel pour un procès en deuxième instance auquel nous avons assisté.
Retour d’expérience :
Assister à un procès en cour d’assises n’est pas une expérience ordinaire, et c’est justement ce qui en fait toute la richesse. Ce fut un moment fort, intense, parfois bouleversant. Face à la gravité des faits jugés, aux témoignages poignants des familles et aux interventions saisissantes des parties civiles et de la défense, chacun a été profondément marqué.
Ce qui nous a surpris, c’est de voir que les accusés avaient l’air de personnes tout à fait ordinaires. Cela nous a fait réfléchir sur la complexité de l’être humain et sur le fait que les apparences peuvent être trompeuses. Cette confrontation au réel a rendu la justice plus humaine, plus tangible.
L’opportunité était rare : seulement trois sessions de procès d’assises se tiennent chaque année au tribunal de Blois, souvent à huis clos. Une chance inouïe, donc, de pouvoir vivre cela de l’intérieur. Au-delà de la dimension émotionnelle, cette expérience a aussi été une immersion dans le langage juridique, souvent perçu comme abstrait en cours.
On a mieux compris la structure du procès, le rôle de chaque acteur, et surtout, la façon dont les mots peuvent peser dans une salle d’audience. La tension palpable, le silence, les regards, tout a contribué à faire de cette journée une véritable leçon de droit et de vie.